
Décembre 2024 est passé ; c’est une date anniversaire représentant 20 années d’expositions (avec un petit groupe de Mangaversien·ne·s). Voilà donc une bonne occasion de faire un petit retour en arrière sur 460 visites, après celui fait il y a six ans à l’occasion de ma 300e exposition.
Pour être comptabilisée comme telle, je rappelle que je ne dois pas avoir fait l’exposition seul (il y en a quelques unes dans ce cas, par exemple Goscinny et le cinéma en 2017 ou Alix, l’art de Jacques Martin en 2020 ), elle doit être temporaire tout en ne se limitant pas au temps d’un festival ou d’une convention (ce qui en élimine un certain nombre, notamment lors du FIBD ou du SoBD). Enfin, je dois en avoir une trace photographique (ce qui en élimine deux, de mémoire, dont une en 2002 sur des kimonos).
Quelques chiffres
Pour se remémorer cette période, rien ne vaut quelques petits graphiques et tableaux. Commençons par une représentation du nombre de visites d’exposition par an :

Nous voyons une progression sur la toute fin des années 2000, et qui va jusqu’au pic de 2017, même s’il y a eu un petit décrochage à un moment. Ce pic m’avait d’ailleurs conduit à écrire un billet sur ce qui devenait une boulimie et de la nécessité de se calmer un peu. L’essor du nombre de visites des années 2009-2012 correspond à l’arrivée de beanie_xz sur Paris pour ses études. Son entrée dans le monde du travail a donc provoqué un premier recul. Nous observons aussi un gros décrochage lors des années COVID puis un retour vers la normale qui devrait être atteint en 2023. En effet, si la moyenne annuelle est de 23 expositions, je considère qu’il ne faut pas prendre en compte les 5 premières années et les deux concernées par le COVID, ce qui nous donne une moyenne de 30.
La quantité c’est bien, le contenu, c’est mieux. Le tableau suivant classifie ces 460 expositions selon leur thème principal :
| Type | Nombre d’expositions |
| Architecture | 14 |
| Arts | 108 |
| BD-Comics-Manga-Illustration | 162 |
| Cinéma | 13 |
| Culture Asiatique | 38 |
| Culture autres régions | 25 |
| Culture Occidentale | 16 |
| Design | 10 |
| Divers | 20 |
| Jeux vidéo | 3 |
| Jouets | 4 |
| Littérature | 4 |
| Mode | 8 |
| Photo | 32 |
| Science | 3 |
| Total | 460 |
Deux thèmes d’expositions sont largement devant les autres : la bande dessinée (au sens large) et les arts. Dans ce dernier cas, il s’agit principalement principalement d’expositions (monographiques, ou thématiques) de peintures, d’estampes ou de sculpture. Mais cela peut aussi relever des arts plastiques, décoratifs, être pluridisciplinaire, ou couvrir un ou plusieurs mouvements artistiques, allant du Moyen-âge à l’art contemporain, avec une appétence très nette pour l’impressionnisme et l’art moderne. Bref, ça ratisse très large… Je m’amuse à lister tous ces expositions sur une page web, les personnes curieuses ont ainsi accès à une liste complète et généralement à jour.
À une époque, nous faisions pas mal d’expositions photo mais cela n’est plus vrai depuis plusieurs années. Les manifestations présentant la culture d’un pays ou d’un continent sont souvent les plus fédératrices (par exemple sur les kimonos, l’art de manger en Afrique ou sur une période historique comme la dynastie Tang). Les expositions relevant de la culture occidentale sont généralement historiques (les Étrusques, la Croatie médiévale, la Régence à Paris par exemple). Par contre, l’architecture n’intéresse qu’une toute petite partie de notre groupe de Mangaversien·ne·s.
Il est important aussi de distinguer le type des institutions concernées. Il y a les Musées loin devant les autres espaces culturels (publics ou privés). Cette distinction de la typologie des lieux fait apparaître l’importante prise par les visites en galeries sur les trois dernières années. Il s’agit dans ce cas d’expo-ventes liées au monde de la bande dessinée, nous permettant parfois de profiter d’un vernissage pour rencontrer l’auteur concerné, pouvant faire ainsi nos fanboys ou nos fangirls.
| Lieux | Nombre d’expositions |
| Musées | 235 |
| Espaces culturels / Fondations & instituts / Maisons de la culture | 147 |
| Galeries | 44 |
| Bibliothèques / Médiathèques / Cinémathèques | 22 |
| Hôtels de ville / Mairies | 9 |
| Autres | 3 |
Les musées sont donc, sans surprise, nos lieux privilégiés. En première place, nous avons le Musée du quai Branly (35). Le Musée Guimet et le Centre Pompidou (29) précèdent ex-æquo de peu le Grand Palais (25). En cinquième position, nous trouvons la Ferme du Buisson (20) à Noisiel, un centre culturel qui proposait de nombreuses petites expositions sur la bande dessinée à l’occasion du Pulp Festival (mais qui duraient au delà du festival). Puis vient le Musée de la bande dessinée d’Angoulême (19). Il ne faut pas confondre ce dernier avec le Musée de la ville d’Angoulême (16) qui suit juste après dans mon classement. En effet, nous profitons du FIBD pour voir les expositions proposées à cette occasion, et elles durent généralement au-delà du célèbre festival de BD. Enfin, la Maison de la culture du Japon à Paris et le Petit Palais (13) ferment ex-æquo la liste des établissements à plus de dix visites.
Comme déjà dit, nous allons de plus en plus dans des galeries d’art pour voir des expositions-ventes de planches originales de BD, surtout depuis le COVID. Dans cette catégorie, la Galerie Barbier (9) est devant la Galerie du 9ème art (6) qui, elle-même, est devant Arts Factory (7). Puis vient la Galerie Martel (4). Néanmoins, c’est la Galerie Huberty & Breyne (3) qui me laisse les meilleurs souvenirs, en raison des auteurs concernés : Fabrice Neaud et Frederik Peeters. Paris regorge de ces lieux, nous pourrions pratiquement y aller toutes les semaines.
Souvenir et nostalgie
Voici une séquence nostalgie avec vingt expositions qui m’ont laissé un excellent souvenir, parfois pour des raisons autre que le thème ou les œuvres proposées.
Première période (2004-2009)
Les débuts, c’est toujours un peu émouvant. Et quels débuts ! Au Grand Palais pour une exposition sur les estampes du Monde Flottant. C’était aussi une époque où les expositions de la Cité des sciences étaient développées, ici sur Le Monde de Franquin. J’ai eu la chance de voir à temps les fameux Musées imaginaires de la bande dessinée au Centre National de la Bande Dessinée et de l’Image d’Angoulême en 2007. Autre exposition non parisienne dont je garde un excellent souvenir, celle consacrée à Émile Cohl au Musée-chateau d’Annecy. Pour clore la période, quoi de mieux que des estampes japonaises ?






Progression (2010-2015)
Il s’agit d’une période d’une grande variété de thèmes avec de la peinture au Grand Palais, de la science-fiction à la Cité des sciences, des phares au Musée de la marine, de la mode aux Arts déco, de la BD (Mézière) à la Mairie du Ve et de l’art contemporain à Beaubourg, Mona Hatoum réussissant l’exploit à me faire voir de l’intérêt dans ce mouvement artistique.






Toujours plus (2016-2019)
L’inflation des expositions ! Il a fallu faire des choix difficiles mais ces quatre ont été particulièrement marquantes : La sonore Grand Orchestre des Animaux à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, les photos si déprimantes de Gao Bo. Les offrandes à la Maison Européenne de la Photographie, l’étonnant mélange entre Artistes & Robots au Grand Palais et la musicale Charlie Chaplin, l’homme-orchestre à la Philharmonie de Paris. En fait, j »aurai pu facilement doubler ou tripler le nombre de photos pour ces quatre années.




La période COVID (2020-2021)
Retour aux fondamentaux : la bande dessinée, que ça soit par exemple en galerie avec David B. ou en musée avec Uderzo, a été le thème quasiment unique des expositions vues entre deux confinements et restrictions liées aux jauges.


La reprise (depuis 2022)
Si j’ai choisi de mettre en avant Boldini – Les plaisirs et les jours au Petit Palais, c’est pour montrer que je peux aussi apprécier la peinture figurative, notamment l’art du portrait. L’expo-vente Fabrice Neaud – Le Dernier Sergent à la Galerie Huberty & Breyne illustre l’importance prise par cette activité. Enfin, Métro ! Le Grand Paris en mouvement à la Cité de l’architecture et du patrimoine clos cette rétrospective en 2024, alors que Zombis – La mort n’est pas une fin ? au Musée du quai Branly ouvre une nouvelle période en 2025, ce qui pourrait être le début d’une nouvelle boulimie.



