Huberty & Breyne, une nouvelle galerie

Une nouvelle galerie consacrée à la vente d’originaux de bandes dessinées vient d’ouvrir sur Paris. Nous avons profité d’un samedi ensoleillé en cette fin de mois d’octobre pour aller la visiter et voir une rétrospective consacrée à Daniel Torres, un auteur espagnol, tenant de la ligne claire, dont le graphisme n’est pas sans évoquer à certains moments celui d’Yves Chaland dont l’exposition s’achevait au même moment du côté d’Odéon.

Le lieu sis au 20 rue Chapon n’est pas vraiment une nouvelle galerie mais plutôt une extension de celle située au 19-21. Huberty et Breyne est une galerie d’art contemporain spécialisée en bande dessinée fondée par Alain Huberty et Marc Breyne en 1989. Elle propose trois espaces pour ses expositions, deux à Paris (Matignon et Chapon) et à un Bruxelles (Châtelain). Marc Breyne est parti fin 2025, la galerie devant changer prochainement de nom pour ne garder que le patronyme Huberty. J’ai déjà eu l’occasion d’aller une fois rue Chapon avec a-yin pour faire mon fan-boy devant les planches de Fabrice Neaud en 2023 mais je suis allé plus souvent à l’espace Matignon.

Pour cette ouverture, c’est l’artiste espagnol Daniel Torres qui a été choisi. Il est un représentant plutôt connu du dessin catégorisé « ligne claire ». Il a surtout été publié en France dans les années 1980 et 1990 grâce aux magazines Métal Hurlant et (À SUIVRE). Il a ensuite disparu des étals des libraires, ce qui explique que son nom ne me disait strictement rien au moment où Tanuki, un membre de notre groupe de mangaversien·ne·s / bulledairien·ne·s, a proposé d’aller voir à quoi ressemblait ce nouvel espace. Un autre membre du groupe, Pierre, qui avait raté l’annonce de cette exposition (honte à lui), était motivé, tout fan d’Yves Chaland qu’il est. Pour ma part, comme a-yin, j’étais plus là pour la bédéaste suédoise Linnea Sterte dont j’avais remarqué le dessin soigné à l’occasion de sa dernière BD, Un jardin de sphères. Elle et Sophie Crumb sont exposées au 19-21.

Daniel TORRES. Rétrospective

C’est donc en parfait néophyte que j’ai découvert un artiste que j’aurai qualifié un peu trop rapidement de « sous-Chaland », montant ainsi l’étendue de mon ignorance, ce style graphique se limitant, dans mon esprit à Joost Swarte, Yves Chaland, Floc’h, Serge Clerc et Ted Benoit, autant d’auteurs qui ne m’ont jamais intéressé. Ce que j’ai retenu de cette exposition-vente, c’est que ce mouvement artistique continue à m’indifférer tant une grande partie de la bande dessinée franco-belge des années 1980-1990 n’arrive pas à me plaire. Par contre, j’ai apprécié les hommages / influences que l’on pouvait voir sur certaines illustrations. Et je suis un peu moins ignare, c’est toujours ça de pris. Maintenant, place aux photos !

Voici des prises plus au plus près concernant six planches et illustrations de l’auteur tout à fait représentatives de son travail.

L’exposition-vente fermera ses portes le 21 novembre. Les fans pourront ensuite se rendre à Bruxelles à la galerie Champaka pour y admirer une cinquantaine d’illustrations architecturales : « Human Architecture ».

Linnea STERTE. L’invitation au voyage
Sophie CRUMB, Aline KOMINSKY-CRUMB. En toute liberté

Deux autres expositions-ventes sont proposées en même temps, plus petites, forcément, la première au 19, l’autre au 21 (on passe de l’une à l’autre sans avoir besoin de ressortir). Linnea Sterte n’est pas une inconnue en francophonie. En effet, elle est traduite ici depuis 2018, principalement grâce aux Éditions de la cerise. Elle a aussi été publiée l’année dernière par Dargaud avec Cat Café, une histoire de chats anthropomorphes où l’on suit Ophélia, une jeune apprentie qui doit remplacer sa sœur au pied levé dans un café haut de gamme situé en bord de mer. Nulle planche de ce titre dans l’exposition, il faudra « se contenter » d’Un jardin de sphères et d’Une rainette en automne. C’est un peu dommage tant l’histoire de Cat Café propose aussi un dépaysement certain (et de nombreuses pâtisseries). Cependant, entre le manque de place et deux éditeurs différents, cela n’est pas surprenant.

La troisième exposition est consacrée à Sophie Crumb et à sa mère Aline Kominsky-Crumb (qui avait fait l’objet d’une exposition à Formula Bulla en 2025). Les travaux des deux autrices sont mélangés afin de montrer une « transmission artistique rare » (dixit le dossier de presse). Effectivement, il n’était pas tout le temps évident de deviner qui avait fait quoi. Il fallait souvent chercher la signature au coin d’une case pour se rendre compte que l’on s’était trompé. Après, n’étant pas fan du mouvement underground américain, tout ceci ne m’a pas passionné. Néanmoins, il est toujours intéressant de voir à quel point la bande dessinée féminine peut être crue et sans far. Cependant, ayant lu le recueil Wimmen Comix, je n’ai pas été surpris.

Paris | Chapon
19-21 et 20 rue Chapon, 75003 Paris
Métros : Arts et Métiers ou Rambuteau
Du mercredi au vendredi 13h30-19h, samedi 12h-19h

Yves Chaland, une œuvre (exposition)

En ce qui me concerne, cette rentrée est riche en expositions parisiennes liées à la bande dessinée. Du fait de leur intérêt, entre fin aout et début octobre, me voici à écrire un troisième compte-rendu. Cette fois, il s’agit de se rendre compte de l’incroyable virtuosité d’un des représentants de la « nouvelle ligne clair » : Yves Chaland, auteur que je connais surtout de réputation, n’ayant pas lu grand-chose de ses créations. Je profite cette fois de l’ouverture d’une nouvelle galerie d’art consacrée à la bande dessinée et à l’illustration qui a en plus la bonne idée de se situer proche du quartier Saint-Michel, à Odéon où je suis avec mes petit·e·s camarades mangaversien·ne·s tous les samedi matin.

Jusqu’à la fin du mois d’octobre, à l’occasion de son inauguration, la galerie Antoine Mathon présente une centaine de planches d’Yves Chaland. Il ne s’agit pas exactement d’une expo-vente car peu d’originaux sont à vendre en plus de quelques sculptures et sérigraphies. Néanmoins, vu les tarifs, la galerie devrait largement s’y retrouver (plusieurs pièces sont à 15 000 € et la plupart ont trouvé preneur). Il faut dire que l’auteur est mort très jeune d’un accident de voiture (il avait 33 ans en 1990) et que ses planches sont donc rares sur le marché de l’art. De plus, son œuvre a marqué plusieurs générations de lecteurs qui constituent une « fan base » active, à l’exemple des « journées Chaland » qui se déroulent tous les ans pendant plusieurs jours à Nérac. En effet, une association a été créée en 2007 pour faire vivre la mémoire du bédéaste / illustrateur / maquettiste et promouvoir son travail.

Yves Chaland s’est beaucoup inspiré de Jijé, mais aussi de Maurice Tilleux, ce qui se remarque dans de nombreuses planches. Néanmoins, il maitrisait aussi le dessin réaliste à l’américaine, celui que l’on pouvait lire dans les comics d’horreur ou d’aventure. Il était fasciné par les années 1950 et cette fascination traverse l’ensemble de ses travaux. Il a suivi les cours de l’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne à partir de 1975 mais il a abandonné ses études avant la fin pour se consacrer entièrement à la bande dessinée. En effet, grâce à sa participation dans un fanzine étudiant, il a été remarqué par le magazine parisien Métal Hurlant où il a débuté professionnellement en 1978.

Chaland n’a pas attendu d’avoir plusieurs séries à son actif pour devenir illustrateur à succès pour la publicité et pour la presse (Bayard). Le rez-de-chaussée de la galerie rend assez bien compte des débuts du dessinateur durant les années 1974-1979. Une planche réalisée alors qu’il n’a que 14 ans est assez impressionnante par ses qualités. Ses histoires courtes brocardant gentiment le Major Fatal de Moebius sont elles aussi stupéfiantes de maitrise des différents styles graphiques mis en œuvre. Si la première série de Chaland est Bob Fish publiée dans Métal Hurlant en 1980, c’est pour les défuntes éditions belges Magic-Strip qu’il crée en 1981 le personnage de Freddy Lombard, accompagné de ses acolytes Dina et Sweep. Ils vivront cinq aventures, quatre étant publiées par Les Humanoïdes associés entre 1984 et 1989.

C’est sans surprise que la majeure partie de planches exposées relève de la série Les Aventures de Freddy Lombard. L’étage nous permet aussi de voir quelques strips du Spirou (inachevé) de Chaland. Il se place résolument dans la lignée de Jijé, totalement en décalage avec les univers graphiques de Fournier et des autres repreneurs de Spirou qui officient depuis l’arrêt de Franquin. Il s’agit d’un véritable « vu par » avant l’heure. Dommage que l’équipe éditoriale du journal n’ai pas compris à l’époque l’intérêt de cette démarche artistique. Quelques pièces montrent le travail de l’auteur sur Le Jeune Albert, son chef-d’œuvre d’après de nombreux fans.

Cette exposition s’est révélée être une excellente surprise, très intéressante, qui aurait mérité un catalogue, même de taille modeste. Certes, cela aurait représenté un certain investissement financier et beaucoup de travail mais ça aurait un marqueur pour cette nouvelle galerie, gérée par un passionné très sympathique. Il faut dire que l’un d’entre nous en a profité pour acheter une des sérigraphies proposées à la vente, en vrai fan de Chaland qu’il est 🙂 .

Galerie Antoine Mathon
19 rue Racine – 75006 PARIS
Du mercredi au samedi, de 14 h à 19 h 30
Exposition Yves Chaland, une œuvre jusqu’au 31 octobre

L’instant nostalgie : OCTOBRE 2007

Continuons donc avec l’année 2007, n’ayant rien de bon à proposer sur l’année précédente. À cette époque, j’allais souvent à Annecy et je poussais régulièrement jusqu’à Genève. En ce mois d’octobre 2007, à l’Espace Piano Nobile, nous pouvions admirer de nombreux Post-it© formant de courtes bandes dessinées et autres créations graphiques grâce à la parution fin août du numéro spécial Bile Noire 10×10 de l’éditeur genevois Atrabile (il est toujours possible de l’acheter au prix de 20,30 €). Il s’agit du catalogue de l’exposition 10×10 proposée pour re-fêter les dix ans, exposition qu’il avait été possible de voir début septembre à Lausanne à l’occasion de la troisième édition de BD-FIL. Elle a aussi été présentée l’année suivante au Festival international de bande dessinée Fumetto à Lucerne. En France, il a été possible de la voir en 2009 à l’occasion de la première édition de Pierre Feuille Ciseaux de l’association ChiFouMi.

Avec la mangaversienne beanie_xz en guide locale (désormais, elle est parisienne), amatrice de bandes dessinées bizar… pardon, alternatives, créatives et originales, je suis donc allé visiter cette fameuse exposition sise entre la gare de Cornavin et le Rhône. Comme pour une des deux photos nostalgiques du mois de mai, les trois proposées pour ce mois d’octobre ont été prises avec un Canon EOS 350D équipé d’un objectif MS Peleng 3.5/8A. Je rappelle que ce dernier permet de prendre des photos à 180° en 24×36. Ici, du fait d’un capteur APS/C, l’angle n’est plus que de 112,5° et ne permet pas d’inscrire la scène dans un cercle. Ce n’est donc pas une photo dite fish-eye. La première photo bonus a été recadrée.

La photo

Genève — L’Espace Piano Nobile, rue Lissignol — Canon EOS 350D

L’anecdote

Comme l’association ChiFouMi l’explique sur son blog, monter l’exposition 10×10 demande de coller individuellement environ 2 000 Post-it© ce qui représente un travail considérable. En effet, une vingtaine de carrés sont exposés, réalisés par dix-neuf auteurs et autrices d’Atrabile. Les carrés sont, pour la plupart, formés de 10 lignes et de 10 colonnes composées de Post-it© de couleurs différentes, même si le jaune fluo est dominant. Ils peuvent former des dessins, des bandes dessinées, des mélanges de texte et d’image. Ils peuvent même être en partie défaits au point de se retrouver par terre. Pas de doute, nous sommes dans un univers d’art contemporain…

Les deux photos bonus

Genève — Oh, la petite curieuse ! — Canon EOS 350D

Genève — L’exposition 10×10 — Canon EOS 350D

L’exposition F’murrr — Formula Bula 14

Le programme de Formula Bula comporte de nombreuses expositions. Généralement elles sont sans grand intérêt et peu développées, surtout celles situées à Censier, et c’était pire à l’époque du Point éphémère. J’ai d’ailleurs exprimé mon opinion quelque peu négative et tranchée à la directrice ajointe (sans savoir qui elle était), présente pour recevoir le public en cette journée du patrimoine. C’était moins vrai l’année dernière et je peux dire que n’est pas le cas de l’une d’entre-elles cette année, celle située dans la salle René Capitan de la Mairie de Paris du 5e arrondissement. Il s’agit d’un espace proposant très régulièrement des expositions, y compris de bandes dessinées, notamment dans le cadre du feu festival « 5 en bulles ».

C’est ainsi qu’en 2014, a-yin et moi avons pu voir une belle exposition consacrée à Jean-Claude Mézière et voir de nombreuses planches originales de Valérian et Laureline. Nous avons pu voir aussi celle consacrée à Fred en 2016. Par contre, j’ai zappé celle de 2015 (Margerin, que j’apprécie pourtant), je n’ai pas été intéressé par celles consacrées à Boucq (2017), Cabanes (2018), Jul et Stéphane Levallois (2019). En 2020 et 2021, la manifestation n’a pas eu lieu du fait des restrictions liées au COVID. Si le festival a repris en 2022, c’était sans avoir d’exposition dans la salle Capitan. Il y en a eu en 2023 et 2024, mais elle étaient thématiques (« décalée et humoristique » en 2023, « retour sur dix années du festival » en 2024) et réunissaient surtout des autrices et auteurs provenant de La Boite à bulles, des Éditions Fei, ainsi que Jeanne Puchol. J’avoue ne pas y être allé, ni à l’une, ni à l’autre. Depuis, « 5 en bulles » n’est plus organisé par l’association des commerçants « 5 sur 5 ».

Grace à Formula Bula, nous assistons donc au retour de la bande dessinée à la Marie du 5e. Retour gagnant, il faut le dire, étant donné le nombre de pièces proposées. Entre les planches originales du Génie des alpages (principalement des tomes les moins anciens), les carnets de F’murrr ainsi que de nombreux dessins et plusieurs illustrations, il y a de quoi voir. La scénographie est aérée, et occupe les deux niveaux. Voici donc un petit aperçu de ce qui est proposé…

Rez-de-chaussée

L’espace est bien éclairé, un peu trop même, car les nombreux reflets empêchent de prendre en photo une grande partie des planches exposées. Les planches originales montrent bien à quel point F’murrr était un excellent dessinateur, au trait « riche et vivant » (dixit a-yin). Elles montrent aussi à quel point son humour est souvent incompréhensible, tellement il est décalé. C’est ce qui fait son charme.

S’il y a différentes sortes de thématiques apposées à chaque espace, elles ne semblent pas si évidentes (ou je n’ai pas été assez attentif aux similitudes). Il faut dire que les cartels sont assez indigents, laissant la part belle à l’imagination et aux flâneries des visiteuses et visiteurs. Le grand plus de l’exposition, surtout au rez-de chaussée, est apporté par la présence de nombreux carnets (il y en a 101, ils ont été numérisés et seront prochainement accessibles par Internet) qui montrent d’autres facettes de l’auteur. Il y a aussi plusieurs illustrations qui apportent une variété bien appréciable. En effet, comme déjà dit, il n’y a quasiment que des planches du Génie des alpages, ce qui manque de variété. Il faut aussi dire que les derniers tomes sont loin d’être les meilleurs.

Mezzanine

À elle seule, la mezzanine vaut le déplacement grâce à ses deux tables (une sous forme de vitrine et une sur tréteaux) bourrées d’illustrations et de dessins. Les planches originales sont présentes en nombre. Là aussi, ne comptons pas trop sur les cartels pour en apprendre énormément sur F’murrr, et prenons à la place le temps d’admirer cette production pléthorique et variée.

J’avoue avoir été surpris par la dernière table où on s’aperçoit que F’murrr a réalisé de nombreuses cartes du nouvel an chinois et que le Japon était une source d’intérêt pour lui. Il œuvrait pourtant dans les années 1970 à 1990, bien avant que le manga soit connu des dessinateurs francophones, à quelques exceptions près. C’est là que je regrette un peu de ne pas être allé voir cet été l’exposition Hi – Yo, c’est l’écho à Strasbourg qui proposait une approche plus chronologique et variée. Surtout que, sans être un grand fan de l’auteur, j’ai acheté au fil des ans quasiment tout ce qui est sorti en album, y compris Spirella, mangeuse d’écureuils sorti chez un éditeur un peu confidentiel. Il y a d’ailleurs une volonté manifeste de ne pas montrer le versant paillard de F’murrr dans la présente exposition. Amatrices et amateurs des filles dénudées de l’auteur, passez votre chemin, il n’y a rien à voir !

Comme je l’ai dit et répété lorsque j’ai vu ses baleines : F’murrr les dessine aussi bien que Daisuke Igarahi 🙂

L’exposition se termine sur un poème doux-amer, et je dois dire que c’est bien vu.

Le catalogue

Un petit livret de 28 pages pompeusement appelé catalogue (mais vendu seulement 5 €) vient compléter l’exposition. Il regroupe la majeure partie des cartels (celui sur les 101 carnets est absent) et propose une iconographie reprenant plusieurs pages des carnets et quelques illustrations. C’est une excellente idée. Néanmoins, proposer plus de pages, des textes un peu travaillés présentant de façon un peu plus approfondie l’œuvre de F’murrr et quelques reproductions de planches originales n’auraient pas été de refus, quitte à le vendre 10 ou 15 €.

Détails de l’exposition

« Si je fais ce métier, c’est parce que c’est une activité que je peux exercer sans avoir plein de gens autour de moi, et rêver un peu. » F’murrr

Une traversée de l’univers absurde, poétique et profondément humaniste du Génie des Alpages. L’exposition révèle toute la richesse de l’œuvre de F’murrr, maître du non-sens et observateur critique du monde.

Du 17 septembre au 09 octobre 2026
Horaires : du lundi au dimanche de 10h00 à 17h00, le jeudi ouvert de 10h00 à 19h00
Mairie du 5e arrondissement
Salle Capitan
21 place du Panthéon
Paris 5e

Réimp’ !

Voilà, Réimp’ ! c’est fini… Avec la sortie du tome 20 au mois d’août, une autre série, excellente mais au succès public très relatif, s’est achevée en ce qui me concerne. Pour marquer le coup, voici un petit texte sur ce dernier opus. En effet, je me suis régalé tout au long des cinq années de la publication du titre en francophonie et ça valait bien un billet WordPress.

Nous suivons tout au long des vingt tomes les débuts puis la vie professionnelle de Kokoro, dite « l’oursonne », une ex-judokate de haut niveau, dans son métier d’éditrice de manga. C’est ainsi qu’elle découvre au fil des chapitres les différents métiers qui cohabitent au sein d’un magazine de prépublication, de l’éditorial à la distribution en passant par le commercial. Surtout, elle apprend à gérer des mangaka, leur travail, leurs doutes, leurs ambitions, leurs qualités et leurs défauts. Elle va aussi apprendre le fonctionnement des librairies, et de tout ce qui fait la chaine du livre au Japon. D’autres aspects de la culture manga sont aussi abordés, comme celui de l’adaptation en animé des séries à succès, de la traduction pour le marché international, de l’évolution de la consommation des loisirs du lectorat, etc. Il est amusant de voir l’évolution de la série au fil du temps, tant graphiquement que scénaristiquement depuis les premiers chapitres jusqu’au dernier qui se conclue de façon satisfaisante, même si cette fin est assez ouverte. Les protagonistes vont continuer à vivre et aller de l’avant…

Réimp’ ! est un manga seinen signé Naoko Mazda (son autre nom de plume est Naoko Matsuda) qui a été prépublié durant onze années, entre novembre 2012 et août 2023, dans le magazine Monthly! Spirits des éditions Shogakukan. Son succès a été tel qu’il a remporté en 2014 le prix du meilleur manga de métier du journal Shimbun Nikkei et en janvier 2017 le Prix Shogakukan du meilleur manga de l’année passée. Il a aussi été adapté en drama en 2016.

Naoko Mazda est devenue autrice assez tardivement, à l’âge de 27 ans. Elle est née en janvier 1969 dans la préfecture de Nagasaki. À la différence de nombre de ses collègues, elle n’a pas fait d’école d’art et n’est pas allée plus loin que l’équivalent du lycée en France. En effet, elle est diplômée de la Nagasaki Nihon University Junior and Senior High School. Elle a déménagé ensuite à Tokyo pour devenir l’assistante de la shôjo mangaka Toshie Kihara, rôle qu’elle a exercé pendant sept ans. C’est dans le magazine Chorus qu’elle prend son envol en 1996. Elle reste longtemps fidèle à Shueisha. Sa dernière série en date, Higôhô Romance (Kiss, 2023-2025, Kodansha) s’est achevée et compte trois volumes. Elle ne semble pas avoir commencé une autre œuvre mais nul doute qu’elle y travaille même si ça n’apparait pas sur son fil Twitter. Son mari est essayiste et critique manga et sa sœur est la rédactrice en chef de la revue manga web Comic Essay Theatre, un supplément au magazine littéraire Da Vinci de Media Factory (qui va cesser de paraitre à la fin de l’année).

Espérons que nous aurons encore la chance de lire des titres de l’autrice, surtout les plus récents, malgré le semi-échec de Réimp’ ! et remercions Glénat pour leur travail sur un manga qui s’est révélé, de bout en bout, passionnant et instructif. En attendant, je vous incite à aller lire l’excellente interview de l’autrice par Valentin Paquot sur le site L’Internaute. Dans le même thème, je suis passé à la lecture de Kore Kaite Shine publié en français chez Panini. C’est différent, moins bon par certains aspects mais tout à fait lisible.

La cinq cent cinquième !

Fin aout, notre petit groupe parisien de Mangaversien·ne·s a visité l’exposition de bandes dessinées CLING ! à la Monnaie de Paris. Cela faisait longtemps que je n’avais pas mis les pieds dans la vénérable institution sise quai de Conti. Il s’agissait de Woman House. Notons que CLING ! est, en ce qui me concerne, la cinq cent cinquième exposition mangaversienne ! Pour marquer le coup, voici un petit compte-rendu abondamment illustré et agrémenté d’une galerie photo proposant un complément visuel au présent billet. En tout, 46 photos vous sont proposées.

L’exposition était organisée autour de huit archétypes et elle était composée de douze salles de taille et d’intérêt variable. Étant soutenue par la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image, je m’inquiétais d’un manque d’originalité concernant les planches exposées, ayant visité au fil des ans de nombreuses manifestations présentant les réserves de la structure angoumoisine. Heureusement, il n’en a rien été, les planches, illustrations et autres documents provenant d’autres sources la plupart du temps. En fait, c’est le fonds des imprimés qui a fourni de nombreux ouvrages (livres ou magazines). S’il y avait plusieurs pièces provenant de la superbe collection de MEL Publisher, d’autres, américaines, provenait du « stock » de 9e Art Référence, ce qui m’a permis de comprendre pourquoi la galerie du 9e art propose chaque année une exposition « American Classics » présentant à chaque fois de superbes pièces, variées et d’époques diverses. De nombreuses collections d’auteur ou privées ont permis à CLING ! d’être une exposition vraiment intéressante.

Voyage dans une pièce

Il s’agissait d’une petite salle « interrogeant la mesure de l’univers » autour de la bande dessinée éponyme tirée de la série américaine Brick Bradford (1937, dessin Clarence Gray et scénario William Ritt). Heureusement qu’il y avait aussi du Schuiten, du Chaland et du Franquin pour bien lancer l’exposition. J’avais déjà eu l’occasion de voir la planche de l’Atomium, source de souvenirs pour moi.

Introduction des archétypes

L’impressionnant salon Guillaume Dupré accueillait d’immenses kakemonos suspendus ainsi que des espaces de lectures de bandes dessinées. Sympa, mais beaucoup d’espace perdu. De plus, en matière d’impact, ça ne valait pas l’araignée géante de Louise Bourgeois à l’occasion de Woman House ou l’assemblage de boules de verre de James Lee Byars vu lors d’À pied d’œuvre(s).

Aventurières & aventuriers

Celle salle présentait les trois thèmes chers à Thierry Groensteen : principalement l’aventure et le dépaysement, le merveilleux étant représenté uniquement par la superbe peinture d’un dragon par Adrien Smith. Proposant vingt-cinq pièces d’exception, c’était l’occasion d’admirer des planches de Lucky Luke, de la période pré-Gosciny, celle que je préfère. Le Spirit, Mandrake le magicien, le Fantôme du Bengale, Brick Bradford, etc. étaient présents grâce à des strips d’époque. Ajoutez à cela une planche de Blueberry, du Barbe-Noire, et même une planche de La Nouvelle île au trésor datant de 1947 d’Osamu Tezuka, on peut dire que les commissaires de l’exposition ne se fichaient pas de nous. Impressionnant !

Voleuses & voleurs

Ce n’était pas la salle la plus intéressante à mes yeux, et de loin. Beaucoup de planches issues de l’école dite « de Marcinelle », sauf que je n’ai jamais été fan des productions du Journal de Spirou. Franquin, Peyo, Roba, etc. m’ont toujours laissé de marbre. Les Rapetou étaient représentés par Don Rosa dont je n’aime pas le trait que je trouve infiniment moins bon que celui de Carl Barks. Heureusement, il y avait à nouveau du Will Eisner. Le « mur » de 29 cartes à gratter composant une histoire complète de Thomas Ott faisait son petit effet.

Épargnantes & épargnants

Là aussi, du Roba et du Peyo. Il y avait surtout beaucoup de pièces de monnaie à l’effigie de personnages de BD. Il y avait aussi de nombreuses tirelires meublant la partie courbe de la pièce. Amusant… Il y avait surtout du Caran d’Ache, trois strips d’Ernie Bushmiller (Nancy) et Uderzo avec Asterix chez les Helvètes avec le dessin de la couverture et une planche hilarante (j’ai raté la photo). L’un d’entre nous (Pierre) était bien content de revoir du Yves Chaland.

Marginales & marginaux

Voilà une salle qui apportait un peu de variété mais que j’ai un peu oublié de photographier. Martin Branner (Winnie Winkle) côtoyait Edika, Franquin, Gotlib, Pichard… mais aussi Vuilllemain et Gilbert Shelton (The Freaks Brothers). Pour mon plus grand plaisir, il y avait aussi trois planches de Fabrice Neaud. Un superbe parcmètre trônait contre un mur, au milieu de la salle, me rappelant celui de l’exposition Le monde de Franquin à la Cité des Sciences et de l’industrie de Paris en 2005.

Milliardaires

C’est sous le regard d’un Elon particulièrement haineux (Nicolas de Crécy ne l’a pas raté pour notre plus grand plaisir) que la salle dédiée à la richesse proposait une dizaine de planches et illustrations mettant particulièrement en valeur Picsou. La présence de deux planches de Carl Barks issues d’un des ses meilleurs récits faisait plaisir à voir, même si le lien avec le thème était très ténu. J’ai particulièrement apprécié le panneau composé de 25 numéros de Picsou Magazine dont j’ai un certain nombre (mais pas en aussi bon état).

Joueuses & joueurs

Dans une salle dédiée à un Monopoly géant revisité par Coco, ce sont, entre autres, de très belles planches de Lucky Luke qui nous attendaient, avec l’incontournable Pat Poker de Morris, mais aussi avec les cousins Dalton à l’occasion d’une mémorable partie de cartes les opposant à Lucky Luke. Nous avons pu aussi voir la couverture d’un numéro de la série Batman mettant en avant Double Face ainsi qu’une illustration de ce dernier par Brian Bolland.

Faussaires

Voilà une salle qui remettait en valeur Yves Chaland par le biais de du jeu de société adapté de sa bande dessinée Le Testament de Godefroid de Bouillon. Deux planches du titre l’accompagnaient par cette occasion. Il y avait aussi deux de ses faux billets, un à l’effigie de Charles Trenet, l’autre à celle de Léon Zitrone. Il était aussi possible d’admirer une nouvelle planche de Mandrake le magicien. Surtout, il y avait du manga avec la projection d’un extrait du Château de Cagliostro de Hayako Miyazaki, d’une illustration couleur de Monkey Punch (Lupin III) et de quelques planches de Yûchi Yokoyama (XXXe siècle, récit issu de cases inutilisées pour Plaza).

Alchimistes

Une fois passée une petite pièce où le robot Mikki (voir la photo dans la galerie dédiée) semblait compter les pièces sur lesquelles il était assis, la visite se terminait par une dernière salle dédiée à l’alchimie, celle qui change le plomb en or ou celle de la pierre philosophale. L’occasion nous était ainsi donnée de voir, entre autres, du Pratt, du Moebius, du Mézières, du Druillet, à nouveau du Peyo mais aussi une planche de Hal Foster et les trois premiers volumes de Promethea d’Alan Moore parus en français chez Semic .

Le passage vers la boutique permettait de voir les originaux des archétypes, bien plus petits que les représentations que l’on avait pu voir dans les salles précédentes. La boutique proposait nombre de bandes dessinées, certaines n’ayant pas un rapport direct avec les originaux exposés. Bien entendu, diverses figurines, goodies en tout genre, et l’incontournable catalogue (vendu à un prix correct) étaient proposés aux visiteurs sur le départ. À l’arrivée, voilà une exposition intéressante par son approche, proposant bien plus de variété que prévue. Une bonne visite, confirmant mon impression de qualité des manifestations proposées par la Monnaie de Paris.

Akari

Akari, la lumière du verre

Akari

Fumiyo Kagari, artisan vitrailliste qui a sa petite renommée, a vu sa vie basculer avec le décès de son épouse. Il n’a plus le goût à créer et à continuer de vivre comme avant, lui qui est au crépuscule de sa carrière. Un soir, il rencontre une jeune fille devant chez lui et pense qu’il s’agit de sa petite-fille dont il n’a plus de nouvelles depuis des années, étant fâché avec son fils. Akari semble perdue et en proie à des difficultés de logement. Sans la questionner, il lui propose de l’héberger pendant quelques temps. Le travail du verre et la création de vitraux vont permettre à ces deux êtres en perdition de trouver un nouvel élan, la motivation de continuer à vivre et, surtout, de créer. Malheureusement, un lourd secret bientôt révélé viendra tout gâcher.

J’avais raté cette excellente bande dessinée lors de sa sortie (y compris la chronique de Tachan), oubliant de suivre à l’époque les conseils de ma « conscience manga », toujours avisée. Cette dernière a donc décidé que ça ferait un excellent cadeau d’anniversaire et, comme d’habitude, elle avait totalement raison. Marco Kohinata, l’autrice, nous propose là une histoire poignante mais sans misérabilisme. Les (un peu moins de) 240 pages se lisent d’une traite, tant la narration est fluide malgré la présence de nombreuses analepses. Il est impossible de rester insensible à ce que vivent Fumiyo et Akari et nous voulons savoir ce qu’il va leur advenir, ce qui nous fait tourner les pages sans pouvoir s’arrêter.

De plus, nous apprenons quelques détails sur le métier de vitrailliste et de l’art de créer de la beauté avec des morceaux de verre. En effet, le propre grand-père de la mangaka a exercé cette activité, le manga permet de lui rendre un bel hommage. Le thème de la séparation, que ça soit par la mort ou par l’éloignement, est l’autre thème central du récit. La postface de l’autrice permet de comprendre que cette dernière s’est manifestement basée sur sa propre expérience familiale et d’étudiante en beaux-arts.

Si le manga est si facile à lire malgré des thèmes assez durs, c’est grâce à des personnages bien construits, d’excellents dialogues et une narration fluide. Celle-ci l’est grâce à un dessin personnel très réussi proposant différents rendus graphiques selon les besoins. Les pages muettes sont nombreuses et superbes. Les trois exemples donnés ci-dessus illustrent bien les présents propos. Le noir n’est pas utilisé pour les analepses mais plutôt pour rendre une ambiance. Les retours dans le passé se distinguent de l’instant présent grâce à un trait plus charbonneux, plutôt gris que noir. C’est beau, il n’y a rien à dire de plus !

Marco Kohinata travaille depuis 2015 en indépendante, proposant ses services d’illustrations (web, presse, livre), d’animatrice et exerçant aussi en tant que mangaka. Sans surprise, ses outils sont Photoshop, Procreate et Clip Studio. Elle a réalisé quatre mangas, tous des one-shots, trois sont sortis chez Shôgakukan. Ils ont été prépubliés dans Big Comics (Artiste wa Hana o Fumanai entre 2015 et 2017, Boku no Wasuremono en 2017 puis Hei no Naka no Biyôshitsu en 2019). Akari a été prépublié en 2022 dans le magazine Web Comiplex de l’éditeur Heros Inc. Elle a aussi publié deux recueils d’illustrations et dessine pour des romans. L’autrice est très discrète sur elle-même, tout en communiquant sur les réseaux sociaux. Elle vend aussi en ligne certaines de ses créations. Elle montre une autre façon de vivre de son art, celle issue du monde numérique. Très talentueuse, elle a été distinguée pour une de ses couvertures de roman, pour un de ses courts-métrages d’animation et pour deux de ses mangas.

Autrice : Marco Kohinata
Traducteur : Adrien Blouët
Éditeur : Le Lézard Noir
Prix : 19,00 €
Format : 16,50 x 23,50 cm
Nombre de pages : 240
Reliure : Broché
Couverture : Souple avec rabats
EAN : 9782353484256
Date de sortie : Décembre 2025

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Designs

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C’est en avril 2026 que le dernier tome de Designs est sorti. Ainsi s’achevait une série dont on a longtemps cru qu’on ne pourrait jamais en lire la fin du fait de la mise en redressement judiciaire de Noeve Grafx. Celui-ci est intervenu en septembre 2024 (la cessation de paiement datant du mois d’aout), ce qui a bloqué de nombreuses sorties pendant de nombreux mois. La branche manga ayant été reprise par IDP mi 2025, les sorties ont pu reprendre à un rythme soutenu. Néanmoins, le tome 4 était censé être sorti en avril 2024, durant la période de turbulences précédant la chute de l’éditeur. Nulle librairie l’ayant reçu, nulle lectrice et nul lecteur n’ayant pu le lire, Designs était tombé dans les limbes jusqu’à l’annonce en 2025 de la future sortie de l’ultime volume. Mais… et le tome 4 ? Et bien, il est disponible mais sans avoir été distribué. Il faut donc le commander, par exemple à Pulp BD rue Dante à Paris, sur le site de l’éditeur ou sur un site de vente en ligne comme la FNAC. Cependant, il ne faut pas être pressé du fait des délais de livraison. C’est ce que certains et une certaine d’entre nous avons fait il y a quelques semaines avant la parution du dernier opus.

Le manga

Dans un futur très proche, profitant de financements étatiques (notamment dans le domaine militaire et spatial), des généticiens ont réussi à créer de nombreuses formes de « HA » (Humanized Animals). Ce sont des chimères, des êtres hybrides mêlant de l’ADN humain à celui d’animaux tels que panthères, grenouilles, dauphins, oiseaux, éléphants, etc. En attendant d’être utilisés pour la conquête spatiale, certains « modèles » dont le « design » est approprié, servent de mercenaires sur différents théâtres d’opération. En effet, ces recherches ont un but précis : doter l’humanité de capacités d’adaptation variées afin de survivre dans des environnements hostiles. Ils sont aussi secrètement testés lors de missions militaires ou pour effectuer des assassinats, grâce à leurs sens sur-développés et leurs capacités physiques hors normes.

Néanmoins, au sein de la richissime compagnie qui gère ces différents projets, il existe de profondes divergences, des jalousies et des rivalités, ce qui pourrait nuire à leur réussite. Le récit suit plusieurs de ces hybrides (comme « Le Maître », une HA de grenouille ou un groupe de « dauphins », sorte de tueurs à gage d’une incroyable efficacité). Parallèlement, nous suivons aussi plusieurs scientifiques et leurs commanditaires qui essayent toutes et tous à orienter ces expériences à leur profit, selon leurs convictions sur ce que doit être l’humanité. Pour l’un d’entre eux, cela doit déboucher sur le transhumanisme.

Comme à son habitude, Daisuke Igarashi mélange de nombreux thèmes dans son histoire. La bioéthique avec les manipulations sur le vivant où l’on considère les animaux et les hybrides comme de simples outils ou des « designs » brevetés afin de faire toujours plus de profits, en est le principal fil rouge. Les HA possèdent des capacités animales primaires (la chasse, la perception augmentée de l’environnement, l’absence de morale humaine) tout en ayant une conscience. Il y a aussi le risque que ces créations échappent à leurs créateurs. Le transhumanisme est un autre sujet en montrant comment les frontières peuvent être brouillées entre l’être humain et l’animal et comment l’un peut s’améliorer grâce à l’autre. L’auteur cherche ainsi à créer un malaise et une réflexion sur ces questions, d’autant plus qu’il présente les forces de la nature comme étant bien au-dessus de celles des humains, surtout lorsque ces derniers cherchent à imiter une technologie perfectionnée par l’évolution pour forcer leur complexion.

Le récit est assez difficile à suivre du fait des nombreuses alternances entre les différents et nombreux protagonistes, ainsi qu’aux multiples enjeux développés au fil des pages. Il est préférable d’avoir une lecture rapprochée des cinq volumes de la série, surtout pour les tomes 2 à 4. Une relecture de l’ensemble, ce que votre serviteur a fait une fois qu’il ait refermé un cinquième et dernier opus très orienté action, permet de mieux apprécier le propos de l’auteur en n’étant plus perdu entre les différents personnages et sur qui fait quoi, pour quelle raison. On s’aperçoit ainsi que le tome 5 répond à la première partie du manga de façon magistrale. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le tout premier chapitre est à l’origine une histoire courte autonome, ce qui lui confère une tonalité un peu différente de la suite du manga.

Graphiquement, Daisuke Igarashi est à son meilleur. Son dessin, dynamique, lâché tout en restant travaillé et précis propose souvent de superbes doubles pages. Il réussit à rendre les effets de vitesse des nombreuses scènes d’action tout en gardant une grande lisibilité à ses planches. Il réussit aussi à représenter la nature, que ça soit les plantes, les matières et les animaux, avec une précision presque naturaliste, ce qui confère à celle-ci une certaine beauté sans que l’ensemble soit figé. C’est magistral et fascinant. L’auteur scotche ainsi lectrices et lecteurs à son œuvre malgré un récit demandant beaucoup d’attention pour réussir, plus ou moins bien, à le suivre. Par ailleurs, pour avoir un avis détaillé sur chaque tome, je vous renvoie une nouvelle fois à un billet de Tachan.

L’auteur

Daisuke Igarashi démarre sa carrière professionnelle en 1994 après avoir remporté en 1993 un concours du magazine Monthly Afternoon (Kodansha). Il se fait remarquer, notamment grâce à un style graphique reconnaissable et des histoires mélangeant fantastique et vie quotidienne. Le recueil Hanashippanashi (publié en français en 2005 et 2006 chez Sakka) reprends plusieurs récits réalisés entre 1994 et 1996.

Néanmoins, sa carrière ne décolle pas et il part vivre à la campagne, devenant à la fois un fermier cherchant l’autosuffisance et un auteur de manga. Cette expérience qui dure plus de trois ans est relatée sous la forme d’une fiction (nous suivons une jeune femme qui a quitté la ville pour la campagne) dans le diptyque Petite forêt (Sakka, 2008), prépubliée au Japon entre 2002 et 2005 et adaptée plus tard pour le cinéma au Japon puis en Corée. Une réédition en un tome a été proposée en 2024 par Delcourt. Parallèlement, il publie dans IKKI (Shogakukan) un autre dytique. Sorcières (Sakka, 2007, réédité en 2025 par Delcourt) est composé d’histoires courtes mettant en scène des femmes connectées aux forces mystiques de la nature. Ce titre permet à l’auteur de remporter en 2004 un prix d’excellence au Japan Media Arts Festival.  

Il est invité au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême en janvier 2008, ce qui permet au public francophone de découvrir un auteur attachant proposant une autre vision du manga, grâce à un propos explorant la relation entre les êtres humains, la nature et un certain syncrétisme. J’ai eu l’occasion de le croiser à cette occasion avec mon compère mangaversien Tanuki et de recevoir de ses mains une jolie petite illustration couleur en guise de carte de visite. Vous pouvez retrouver ici la retranscription de cette rencontre organisée au Manga Building.

Sa carrière prend une autre dimension avec sa première série longue Les Enfants de la mer, prépubliée entre 2006 et 2011 dans IKKI. Il gagne à nouveau en 2009 un prix d’excellence du Japan Media Arts Festival. Reprenant la recette utilisée avec Sorcières mais dans le cadre d’un récit plus long, l’auteur mélange cette fois biologie marine, mysticisme et cosmologie dans un récit parfois difficile à suivre, surtout vers la fin, mais magnifiquement mis en valeur par un dessin très travaillé et d’une grande vivacité. Son chef-d’œuvre avec Designs, incontestablement. Cette série en 5 tomes a été publiée en français par Sarbacane entre 2014 et 2016 et réédité par Delcourt entre 2022 et 2024. Le fameux Studio 4°C en a réalisé une version animée en 2019.

SARU est le fruit d’un récit collaboratif avec le romancier Kotaro Isaka, chacun revisitant la légende du Roi Singe, sous la forme d’un manga (IKKI Comics, publication directe en deux tomes en 2010) pour le premier, d’un roman pour le second. Il s’agit d’un dytique disponible en français chez Sarbacane publié en un tome unique en 2015, que j’ai trouvé assez illisible tant il verse dans l’ésotérisme (Nostradamus y est convoqué) et manque d’une structure interne solide. Autre œuvre présentant que peu d’intérêt à moins d’être un fan inconditionnel : Le petit monde de Kabocha, (Rue de Sèvres, 2024) qui se situe dans la veine de Petite forêt mais sans en avoir la portée, tant la vie du chat du mangaka est inintéressante. Le titre a été prépublié dans un magazine animalier de l’éditeur Takeshobo entre 2003 et 2007.

Après Designs, Daisuke Igarashi a abandonné la science-fiction pour revenir à la vie fascinante des chats, cette fois dans la ville de Kamakura où l’auteur est installé depuis de nombreuses années. La série Kamakura Bakeneko Club est prépubliée dans le manga pour jeunes femmes BE·LOVE (Kodansha). Elle a débuté en 2022 et elle est toujours en cours (3 tomes pour l’instant, sortis entre fin 2023 et fin 2025). Delcourt va en proposer une version française, le tome 1 devant sortir début juillet 2026 à l’occasion de Japan Expo où l’auteur est invité.

Pour être complet, citons deux titres non traduits chez nous et ne proposant vraisemblablement que peu d’intérêt : Henshin neko no pana (prépublication web en 2008 sur Mi Chao!, Kodansha) mettant en scène un chat pouvant se transformer en n’importe quoi et Kyō no anī mo uto, prépublié irrégulièrement dans le magazine Hibana (Shogakukan) entre 2015 et 2017. On y suit le quotidien de deux enfants, frère et sœur. Réalisés tout en couleur, ces deux mangas ne semblent pas être sortis en volume relié. Il y a aussi de nombreuses histoires courtes, publiées généralement chez Kodansha, dont certaines sont présentes en recueil tel que Sora to bi tamashi (Kodansha, 2002) ou Umwelt Igarashi Daisuke sakuhinshû (Kodansha, 2017).

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Jimbōchō Sisters

Avec la sortie du sixième et dernier tome, il est plus que temps d’écrire un billet au sujet de cette série si plaisante à lire. Pré-publiée au Japon dans le magazine Grand Jump (Shueisha) entre 2021 et 2022, elle a été publiée en français par Mangetsu entre le mois d’avril 2024 à celui de 2026, soit un délai moyen de sortie de quatre mois, ce qui a donné un rythme plutôt soutenu (même s’il a fallu attendre un peu le dernier opus). Pourtant, les ventes n’ont pas dû être faramineuses (sans être pour autant catastrophiques, heureusement). Il faut dire qu’une série où il ne passe rien, ou si peu, est réservée aux lectrices et lecteurs fans de tranches de vie banales. Bravo donc à l’éditeur et merci !

Tout au long des six tomes, nous suivons la vie des trois sœurs Karakida qui ont emménagé dans le quartier tokyoïte des bouquinistes, Jimbôchô. En effet, leur père qui vit et travaille aux USA, a hérité de la célèbre librairie d’occasion familiale et il a été décidé en commun de reprendre l’activité plutôt que de se séparer d’un lieu emblématique et chargé d’histoire. Toutes les trois viennent s’y installer (elles ont perdu leur mère il y a bien longtemps), à l’étage comme il se doit. Ichika, l’ainée, ayant un travail stable, Minoru, la petite dernière étant encore lycéenne, c’est donc à Tsugumi que revient la lourde tâche d’assurer la gestion de l’établissement, de faire le tri dans un stock énorme et bordélique, d’apprendre ce qui a de la valeur et ce qui n’en a pas afin de ne pas acheter n’importe quoi ou de vendre à vil prix. Heureusement qu’elle aime les livres sous toutes ses formes. Elle semble donc faite pour se métier, si dur (et parfois physique) qu’il soit.

Si les premiers tomes se focalisent sur le métier de libraire d’occasion et sur les librairies de Jimbôchô, le récit s’oriente ensuite de plus en plus vers les peines de cœur des trois sœurs et l’impossibilité de communiquer ses propre sentiments envers l’être aimé. Elles ne sont pas les seules à être dans ce cas-là. Cela semble même concerner une bonne partie de leur entourage. Il y a Azusawa, le mystérieux libraire voisin que Tsugumi a connu alors qu’elle était gamine, ces deux-là étant incapables de reconnaître leurs sentiments réciproques. Il y a aussi Shun, l’ami de jeunesse d’Ichika, qui a le béguin pour elle mais qui n’ose l’avouer, sachant que celle-ci est toujours amoureuse de Tsuzuki qui, lui, est fasciné par Fujiyoshi mais sans jamais avoir voulu faire le premier pas à l’époque où il et elle étaient collègues, alors qu’il s’agit, même encore, d’un amour partagé. Il y a enfin Mana, victime d’une relation toxique avec un garçon, qui ne semble pas voir l’inclinaison que Minoru a envers elle, alors que Ryôta, un camarade de lycée, en pince pour cette dernière, mais sans se faire d’illusion sur ses chances vu l’inclinaison sentimentale de la cadette des sœurs Karakida. Voir les protagonistes de l’histoire se débattrent avec leurs sentiments pendant autant de pages pourraient finir par lasser, mas c’est tellement bien raconté, avec un récit superbement porté par le délicat dessin de Kei Toume, que l’on aurait bien aimé avoir un ou deux tomes supplémentaires pour avoir une fin un peu moins ouverte. Par ailleurs, pour avoir un avis plus détaillé sur chaque tome de la série, je vous conseille de lire le billet de Tachan.

Kei Toume est une autrice dont je suis très fan, qui est publiée en francophonie depuis une trentaine d’année et que je suis depuis ses débuts chez nous. Sa série (rapidement interrompue par Glénat avec l’arrêt de la collection Kameha) Kuro gane (deux tomes sur dix en comptant Kurogane-kai) voit son premier opus paraître en 1996. Elle nous revient par le biais d’Akata/Delcourt à partir de 2003 avec l’excellent mais trop long Sing Yesterday for me (onze tomes, en cours de réédition depuis 2025). C’est au tour, chez le même éditeur, des Lamentations de l’agneau (sept tomes entre 2005 et 2006), suivi par mon petit chouchou, Les Mystères de Taisho (quatre tomes entre 2006 et 2013). Taïfu Comics en profite pour sortir en 2005 deux compilations d’histoires courtes avec Zéro et Déviances. Nous avons eu aussi Luno en 2009, chez Kana. Alors que nous pouvions nous attendre à la publication d’Acony… plus rien pendant pratiquement dix ans. À ma plus grande joie, c’est à partir de 2024 que la mangaka revient en force avec deux nouvelles séries : Jimbôchô Sisters (sa dernière en date, prépubliée dans Grand Jump, Shueisha, entre 2021 et 2025) puis Mahoromi : Chroniques architecturales de l’espace temps au Lézard Noir (quatre tomes entre 2025 et 2026, prépublication irrégulière entre 2011 et 2015 dans Big Comic Spirit chez Shogakukan).

Kei Toume est née en avril 1970 dans la préfecture de Kanagawa (au Sud de Tokyo). Après avoir fait des études d’arts, elle débute avec des histoires courtes dans le défunt mensuel Comic Burger (Gentosha Comics) après avoir reçu une mention honorable en 1992 au concours de débutants organisé par le magazine. Notons qu’elle a eu aussi un prix en 1993 pour une histoire courte qui deviendra le début de Kuro gane, chez l’éditeur Kodansha, ce qui lui a permis d’avoir très rapidement deux séries seinen en cours : Les Lamentations de l’agneau chez le premier et Kuro gane chez le second. Si elle reste fidèle aux deux éditeurs de ses débuts, elle a eu aussi l’occasion de publier chez Square Enix (Shônen Gangan), Shueisha (divers magazines seinen tels que Business Jump ou Young Jump) et Shogakukan (Big Comic Spirit). Cependant, sa relative lenteur de production (elle travaille sans assistant, sauf à ses débuts où elle en avait un) et son irrégularité font que sa bibliographie, composée principalement de séries courtes et de one-shots, est peu relativement peu fournie pour une carrière de plus de trente années. L’autrice a aussi publié une dizaine d’art books dans les années 2000-2010. Il reste toutefois cinq-six séries (comptant entre trois et six volumes) qu’il serait possible de proposer en français. L’espoir est-il permis de les avoir ? L’avenir nous le dira, en espérant ne pas avoir à attendre dix nouvelles années…

Alva, le fantastique venu du froid

Alva est une jeune cambrioleuse, du genre monte-en-l’air. En effet, elle n’a pas son pareil pour grimper sur tout ce qui est vertical, même en l’absence de prises évidentes. Afin d’y faire entrer ses acolytes, elle s’infiltre dans l’appartement d’un vieil homme qui a eu le tort de se vanter de détenir de nombreuses pépites d’or. Bien mal leur en prend car ils vont alors libérer une puissante entité qui y est retenue prisonnière. En fait, c’était elle qui produisait l’or… Elle profite de sa liberté retrouvée pour se venger de son geôlier mais aussi sur ses libérateurs, sans distinction, à l’exception d’Alva en qui elle reconnaît des racines locales anciennes et de Mini, le guetteur tout surpris d’avoir survécu à un tel déchainement de violence. Cette fuite ayant été tout sauf discrète, cela réveille une ancienne organisation, dénommée les Artisans. Cette dernière va se mettre à traquer ce qui se révèle être une ancestrale sorcière, ainsi que les deux rescapé·e·s de la petite bande de voleurs à l’origine de tout ce remue-ménage. Une longue course poursuite s’engage alors dans une Scandinavie hivernale, la survie de tout un ancien peuple pouvant dépendre des origines d’Alva, orpheline de parents inconnus comme de bien entendu…

Afin de retrouver la trace de sa mère, Alva a dû se rendre dans le Sud, en plein désert libyen. Ses recherches, peu productives, sont interrompues lorsqu’un groupe lourdement armé et dirigé par une femme très âgée mais manifestement très riche, vient s’en prendre à leur voisin, un vieil excentrique. Leur objectif est rapidement atteint : récupérer une fleur de Lazare, un artefact capable de réveiller les morts. En effet, cet homme discret était en réalité un djinn et, avant de mourir, il a transmis une partie de ses pouvoirs à Mini. Celui-ci n’a pas d’autre solution que se lancer dans une quête qui est de récupérer la fleur et empêcher ainsi un massacre. Un peu contre son gré, Alva choisi de le suivre pour l’aider et les voilà reparti pour le Danemark. Cependant, alors qu’on a comme guide une chèvre haram, que l’on doit franchir la mer méditerranée tout en étant pressé par le temps, voilà une entreprise qui n’a rien de simple et pouvant même être très dangereuse. Heureusement, une organisation européenne secrète, le Comité de surveillance, a décidé d’agir mais elle ne pourra le faire qu’une fois notre duo arrivé en Italie…

Aksel Studsgarth est danois, il travaille depuis plusieurs années dans l’industrie du cinéma et de l’animation, principalement comme manager ou superviseur. Cependant, depuis quelques temps, il se présente comme comic writer. En effet, il a écrit le scénario de la trilogie d’Alva, composée pour l’instant de Dans la nuit, puis d’Odyssée, le troisième et dernier tome n’étant pas encore annoncé. Il s’agit d’une création originale publiée par Glénat. Le premier tome est sorti en 2023, le deuxième mi-2025. Cette bande dessinée est mise en image par Daniel Hansen, un Suédois qui vit en Chine où il a fondé une famille, ce qui ne l’empêche pas de voyager à travers le monde entier pour participer à tel ou tel projet en tant que directeur artistique ou illustrateur. La traduction (à partir de l’anglais ?) de Philippe Touboul (connu pour être le co-fondateur et l’ancien gérant de la regrettée librairie Arkham) et l’adaptation graphique de Fred Urek (Petit Fred au département manga des Éditions Delcourt pour celles et ceux qui se souviennent de l’époque Akata) semblent sans reproche, signe de la qualité de leur travail.

Il résulte de cette collaboration un roman graphique efficace (une première bande dessinée pour les deux auteurs), mélangeant thriller, magie et folklore. Cela donne un aspect fantastique et horrifique à une histoire qui aurait pu n’être que policière à lire les premières pages. En tout cas, tout au long du premier tome, le récit fonce à cent à l’heure vers sa conclusion, et on ne s’ennuie pas un instant à la lecture des (més)aventures d’Alva et de Mini. Le deuxième opus, plus long, met un peu plus de temps à déployer toute la verve de ses créateurs. Le dessin en niveau de gris et la narration de Daniel Hansen font merveille, notamment lors de nombreuses double pages de toute beauté, souvent muettes. Les auteurs semblent bien s’amusent à créer des organisations secrètes plus loufoques les unes que les autres, malgré leur extrême dangerosité. L’utilisation des mythologies scandinaves puis islamiques sont savoureuses, les deux étant ici réinventées, à l’exemple des sorcières svartedal ou de la fleur de Lazare. Il faut toutefois ne pas être allergique aux massacres, souvent gratuits, qui parsèment régulièrement les pages des deux ouvrages. Il n’y a rien d’étonnant à cela, le récit que nous proposent les deux Scandinaves repose sur une actualité mondiale toujours plus chaotique, brutale et sanguinaire, où il est de plus en plus difficile de distinguer le camp du bien de celui du mal, à l’image du Comité de surveillance aux méthodes plus que contestables.

La fin de chaque tome appelle une suite même si les arcs narratifs y trouvent leur conclusion. En effet, comme tout bon thriller qui se respecte, nous refermons à chaque fois l’ouvrage sur une scène proposant un cliffhanger. Il ne reste plus qu’à espérer que le titre réussisse à trouver son public, la sortie d’Odyssée étant passée totalement inaperçue en juillet 2025 (à commencer pour votre serviteur), ce qui peut laisser craindre une annulation pure et simple du dernier opus. Espérons aussi qu’il soit publié en Allemagne et en Suède après une sortie au Danemark l’année dernière (ces marchés sont proches les uns des autres) car on veut pouvoir lire l’année prochaine la conclusion de cette histoire à la fois haletante et par moment si déjantée ! Pour l’instant, aucune information va dans un sens ou dans l’autre, nous laissant dans l’attente…

Auteurs : Aksel Studsgarth (scénario) et Daniel Hansen (dessin)
Traducteur : Philippe Touboul
Éditeur : Glénat

Alva dans la nuit
Prix : 24,50 €
Format : 19,8 x 26,6 cm
Nombre de pages : 264
Couverture : Cartonnée
EAN : 9782344056196
Date de sortie : Septembre 2023

Alva Odyssée
Prix : 27 €
Format : 19,8 x 26,6 cm
Nombre de pages : 320
Couverture : Cartonnée
EAN : 9782344065822
Date de sortie : Juillet 2025