L’exposition F’murrr — Formula Bula 14

Le programme de Formula Bula comporte de nombreuses expositions. Généralement elles sont sans grand intérêt et peu développées, surtout celles situées à Censier, et c’était pire à l’époque du Point éphémère. J’ai d’ailleurs exprimé mon opinion quelque peu négative et tranchée à la directrice ajointe (sans savoir qui elle était), présente pour recevoir le public en cette journée du patrimoine. C’était moins vrai l’année dernière et je peux dire que n’est pas le cas de l’une d’entre-elles cette année, celle située dans la salle René Capitan de la Mairie de Paris du 5e arrondissement. Il s’agit d’un espace proposant très régulièrement des expositions, y compris de bandes dessinées, notamment dans le cadre du feu festival « 5 en bulles ».

C’est ainsi qu’en 2014, a-yin et moi avons pu voir une belle exposition consacrée à Jean-Claude Mézière et voir de nombreuses planches originales de Valérian et Laureline. Nous avons pu voir aussi celle consacrée à Fred en 2016. Par contre, j’ai zappé celle de 2015 (Margerin, que j’apprécie pourtant), je n’ai pas été intéressé par celles consacrées à Boucq (2017), Cabanes (2018), Jul et Stéphane Levallois (2019). En 2020 et 2021, la manifestation n’a pas eu lieu du fait des restrictions liées au COVID. Si le festival a repris en 2022, c’était sans avoir d’exposition dans la salle Capitan. Il y en a eu en 2023 et 2024, mais elle étaient thématiques (« décalée et humoristique » en 2023, « retour sur dix années du festival » en 2024) et réunissaient surtout des autrices et auteurs provenant de La Boite à bulles, des Éditions Fei, ainsi que Jeanne Puchol. J’avoue ne pas y être allé, ni à l’une, ni à l’autre. Depuis, « 5 en bulles » n’est plus organisé par l’association des commerçants « 5 sur 5 ».

Grace à Formula Bula, nous assistons donc au retour de la bande dessinée à la Marie du 5e. Retour gagnant, il faut le dire, étant donné le nombre de pièces proposées. Entre les planches originales du Génie des alpages (principalement des tomes les moins anciens), les carnets de F’murrr ainsi que de nombreux dessins et plusieurs illustrations, il y a de quoi voir. La scénographie est aérée, et occupe les deux niveaux. Voici donc un petit aperçu de ce qui est proposé…

Rez-de-chaussée

L’espace est bien éclairé, un peu trop même, car les nombreux reflets empêchent de prendre en photo une grande partie des planches exposées. Les planches originales montrent bien à quel point F’murrr était un excellent dessinateur, au trait « riche et vivant » (dixit a-yin). Elles montrent aussi à quel point son humour est souvent incompréhensible, tellement il est décalé. C’est ce qui fait son charme.

S’il y a différentes sortes de thématiques apposées à chaque espace, elles ne semblent pas si évidentes (ou je n’ai pas été assez attentif aux similitudes). Il faut dire que les cartels sont assez indigents, laissant la part belle à l’imagination et aux flâneries des visiteuses et visiteurs. Le grand plus de l’exposition, surtout au rez-de chaussée, est apporté par la présence de nombreux carnets (il y en a 101, ils ont été numérisés et seront prochainement accessibles par Internet) qui montrent d’autres facettes de l’auteur. Il y a aussi plusieurs illustrations qui apportent une variété bien appréciable. En effet, comme déjà dit, il n’y a quasiment que des planches du Génie des alpages, ce qui manque de variété. Il faut aussi dire que les derniers tomes sont loin d’être les meilleurs.

Mezzanine

À elle seule, la mezzanine vaut le déplacement grâce à ses deux tables (une sous forme de vitrine et une sur tréteaux) bourrées d’illustrations et de dessins. Les planches originales sont présentes en nombre. Là aussi, ne comptons pas trop sur les cartels pour en apprendre énormément sur F’murrr, et prenons à la place le temps d’admirer cette production pléthorique et variée.

J’avoue avoir été surpris par la dernière table où on s’aperçoit que F’murrr a réalisé de nombreuses cartes du nouvel an chinois et que le Japon était une source d’intérêt pour lui. Il œuvrait pourtant dans les années 1970 à 1990, bien avant que le manga soit connu des dessinateurs francophones, à quelques exceptions près. C’est là que je regrette un peu de ne pas être allé voir cet été l’exposition Hi – Yo, c’est l’écho à Strasbourg qui proposait une approche plus chronologique et variée. Surtout que, sans être un grand fan de l’auteur, j’ai acheté au fil des ans quasiment tout ce qui est sorti en album, y compris Spirella, mangeuse d’écureuils sorti chez un éditeur un peu confidentiel. Il y a d’ailleurs une volonté manifeste de ne pas montrer le versant paillard de F’murrr dans la présente exposition. Amatrices et amateurs des filles dénudées de l’auteur, passez votre chemin, il n’y a rien à voir !

Comme je l’ai dit et répété lorsque j’ai vu ses baleines : F’murrr les dessine aussi bien que Daisuke Igarahi 🙂

L’exposition se termine sur un poème doux-amer, et je dois dire que c’est bien vu.

Le catalogue

Un petit livret de 28 pages pompeusement appelé catalogue (mais vendu seulement 5 €) vient compléter l’exposition. Il regroupe la majeure partie des cartels (celui sur les 101 carnets est absent) et propose une iconographie reprenant plusieurs pages des carnets et quelques illustrations. C’est une excellente idée. Néanmoins, proposer plus de pages, des textes un peu travaillés présentant de façon un peu plus approfondie l’œuvre de F’murrr et quelques reproductions de planches originales n’auraient pas été de refus, quitte à le vendre 10 ou 15 €.

Détails de l’exposition

« Si je fais ce métier, c’est parce que c’est une activité que je peux exercer sans avoir plein de gens autour de moi, et rêver un peu. » F’murrr

Une traversée de l’univers absurde, poétique et profondément humaniste du Génie des Alpages. L’exposition révèle toute la richesse de l’œuvre de F’murrr, maître du non-sens et observateur critique du monde.

Du 17 septembre au 09 octobre 2026
Horaires : du lundi au dimanche de 10h00 à 17h00, le jeudi ouvert de 10h00 à 19h00
Mairie du 5e arrondissement
Salle Capitan
21 place du Panthéon
Paris 5e

La cinq cent cinquième !

Fin aout, notre petit groupe parisien de Mangaversien·ne·s a visité l’exposition de bandes dessinées CLING ! à la Monnaie de Paris. Cela faisait longtemps que je n’avais pas mis les pieds dans la vénérable institution sise quai de Conti. Il s’agissait de Woman House. Notons que CLING ! est, en ce qui me concerne, la cinq cent cinquième exposition mangaversienne ! Pour marquer le coup, voici un petit compte-rendu abondamment illustré et agrémenté d’une galerie photo proposant un complément visuel au présent billet. En tout, 46 photos vous sont proposées.

L’exposition était organisée autour de huit archétypes et elle était composée de douze salles de taille et d’intérêt variable. Étant soutenue par la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image, je m’inquiétais d’un manque d’originalité concernant les planches exposées, ayant visité au fil des ans de nombreuses manifestations présentant les réserves de la structure angoumoisine. Heureusement, il n’en a rien été, les planches, illustrations et autres documents provenant d’autres sources la plupart du temps. En fait, c’est le fonds des imprimés qui a fourni de nombreux ouvrages (livres ou magazines). S’il y avait plusieurs pièces provenant de la superbe collection de MEL Publisher, d’autres, américaines, provenait du « stock » de 9e Art Référence, ce qui m’a permis de comprendre pourquoi la galerie du 9e art propose chaque année une exposition « American Classics » présentant à chaque fois de superbes pièces, variées et d’époques diverses. De nombreuses collections d’auteur ou privées ont permis à CLING ! d’être une exposition vraiment intéressante.

Voyage dans une pièce

Il s’agissait d’une petite salle « interrogeant la mesure de l’univers » autour de la bande dessinée éponyme tirée de la série américaine Brick Bradford (1937, dessin Clarence Gray et scénario William Ritt). Heureusement qu’il y avait aussi du Schuiten, du Chaland et du Franquin pour bien lancer l’exposition. J’avais déjà eu l’occasion de voir la planche de l’Atomium, source de souvenirs pour moi.

Introduction des archétypes

L’impressionnant salon Guillaume Dupré accueillait d’immenses kakemonos suspendus ainsi que des espaces de lectures de bandes dessinées. Sympa, mais beaucoup d’espace perdu. De plus, en matière d’impact, ça ne valait pas l’araignée géante de Louise Bourgeois à l’occasion de Woman House ou l’assemblage de boules de verre de James Lee Byars vu lors d’À pied d’œuvre(s).

Aventurières & aventuriers

Celle salle présentait les trois thèmes chers à Thierry Groensteen : principalement l’aventure et le dépaysement, le merveilleux étant représenté uniquement par la superbe peinture d’un dragon par Adrien Smith. Proposant vingt-cinq pièces d’exception, c’était l’occasion d’admirer des planches de Lucky Luke, de la période pré-Gosciny, celle que je préfère. Le Spirit, Mandrake le magicien, le Fantôme du Bengale, Brick Bradford, etc. étaient présents grâce à des strips d’époque. Ajoutez à cela une planche de Blueberry, du Barbe-Noire, et même une planche de La Nouvelle île au trésor datant de 1947 d’Osamu Tezuka, on peut dire que les commissaires de l’exposition ne se fichaient pas de nous. Impressionnant !

Voleuses & voleurs

Ce n’était pas la salle la plus intéressante à mes yeux, et de loin. Beaucoup de planches issues de l’école dite « de Marcinelle », sauf que je n’ai jamais été fan des productions du Journal de Spirou. Franquin, Peyo, Roba, etc. m’ont toujours laissé de marbre. Les Rapetou étaient représentés par Don Rosa dont je n’aime pas le trait que je trouve infiniment moins bon que celui de Carl Barks. Heureusement, il y avait à nouveau du Will Eisner. Le « mur » de 29 cartes à gratter composant une histoire complète de Thomas Ott faisait son petit effet.

Épargnantes & épargnants

Là aussi, du Roba et du Peyo. Il y avait surtout beaucoup de pièces de monnaie à l’effigie de personnages de BD. Il y avait aussi de nombreuses tirelires meublant la partie courbe de la pièce. Amusant… Il y avait surtout du Caran d’Ache, trois strips d’Ernie Bushmiller (Nancy) et Uderzo avec Asterix chez les Helvètes avec le dessin de la couverture et une planche hilarante (j’ai raté la photo). L’un d’entre nous (Pierre) était bien content de revoir du Yves Chaland.

Marginales & marginaux

Voilà une salle qui apportait un peu de variété mais que j’ai un peu oublié de photographier. Martin Branner (Winnie Winkle) côtoyait Edika, Franquin, Gotlib, Pichard… mais aussi Vuilllemain et Gilbert Shelton (The Freaks Brothers). Pour mon plus grand plaisir, il y avait aussi trois planches de Fabrice Neaud. Un superbe parcmètre trônait contre un mur, au milieu de la salle, me rappelant celui de l’exposition Le monde de Franquin à la Cité des Sciences et de l’industrie de Paris en 2005.

Milliardaires

C’est sous le regard d’un Elon particulièrement haineux (Nicolas de Crécy ne l’a pas raté pour notre plus grand plaisir) que la salle dédiée à la richesse proposait une dizaine de planches et illustrations mettant particulièrement en valeur Picsou. La présence de deux planches de Carl Barks issues d’un des ses meilleurs récits faisait plaisir à voir, même si le lien avec le thème était très ténu. J’ai particulièrement apprécié le panneau composé de 25 numéros de Picsou Magazine dont j’ai un certain nombre (mais pas en aussi bon état).

Joueuses & joueurs

Dans une salle dédiée à un Monopoly géant revisité par Coco, ce sont, entre autres, de très belles planches de Lucky Luke qui nous attendaient, avec l’incontournable Pat Poker de Morris, mais aussi avec les cousins Dalton à l’occasion d’une mémorable partie de cartes les opposant à Lucky Luke. Nous avons pu aussi voir la couverture d’un numéro de la série Batman mettant en avant Double Face ainsi qu’une illustration de ce dernier par Brian Bolland.

Faussaires

Voilà une salle qui remettait en valeur Yves Chaland par le biais de du jeu de société adapté de sa bande dessinée Le Testament de Godefroid de Bouillon. Deux planches du titre l’accompagnaient par cette occasion. Il y avait aussi deux de ses faux billets, un à l’effigie de Charles Trenet, l’autre à celle de Léon Zitrone. Il était aussi possible d’admirer une nouvelle planche de Mandrake le magicien. Surtout, il y avait du manga avec la projection d’un extrait du Château de Cagliostro de Hayako Miyazaki, d’une illustration couleur de Monkey Punch (Lupin III) et de quelques planches de Yûchi Yokoyama (XXXe siècle, récit issu de cases inutilisées pour Plaza).

Alchimistes

Une fois passée une petite pièce où le robot Mikki (voir la photo dans la galerie dédiée) semblait compter les pièces sur lesquelles il était assis, la visite se terminait par une dernière salle dédiée à l’alchimie, celle qui change le plomb en or ou celle de la pierre philosophale. L’occasion nous était ainsi donnée de voir, entre autres, du Pratt, du Moebius, du Mézières, du Druillet, à nouveau du Peyo mais aussi une planche de Hal Foster et les trois premiers volumes de Promethea d’Alan Moore parus en français chez Semic .

Le passage vers la boutique permettait de voir les originaux des archétypes, bien plus petits que les représentations que l’on avait pu voir dans les salles précédentes. La boutique proposait nombre de bandes dessinées, certaines n’ayant pas un rapport direct avec les originaux exposés. Bien entendu, diverses figurines, goodies en tout genre, et l’incontournable catalogue (vendu à un prix correct) étaient proposés aux visiteurs sur le départ. À l’arrivée, voilà une exposition intéressante par son approche, proposant bien plus de variété que prévue. Une bonne visite, confirmant mon impression de qualité des manifestations proposées par la Monnaie de Paris.

Manga. Tout un art ! Petit bilan 2025, les expos BD

La visite de l’exposition Manga. Tout un art ! et de son petit compte rendu me donne l’occasion de dresser ensuite un petit bilan des expos BD faites en 2025. L’année prochaine, celles-ci devrait être en forte diminution du fait de l’absence du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. Cependant, chaque chose en son temps, intéressons nous à 2025 dans ce dernier billet de l’année.

Manga. Tout un art !

Dernière exposition de l’année pour notre petit groupe de mangaversien·ne·s. Sa visite s’est organisée un peu au dernier moment entre moi, Taliesin et Tanuki suite à une remarque de ce dernier. Il s’agissait d’une animation organisée avec l’INALCO un jeudi soir, mais celle-ci était très mal expliquée : médiation, oui, mais sous quelle forme exactement ? En fait, il s’agissait d’une nocturne à entrée libre (uniquement pour l’exposition temporaire, les permanentes étaient fermées). Bon plan : on pouvait visiter gratuitement l’exposition entre 18h00 et 22h00 (21h45 en réalité) avec une dizaine d’étudiant·e·s qui présentaient les œuvres des différentes salles. Cerise sur le gâteau, comme prévu et à la différence d’un premier dimanche du mois (gratuit), il n’y avait pratiquement personne.

Le but de l’exposition (tel que présenté dans le dossier de presse) est de montrer que le manga n’est pas qu’une industrie du divertissement mais aussi un art dont les racines plongent dans l’histoire complexe du pays en rapprochant bande dessinée et art japonais ancien, des statues bouddhiques aux estampes en passant par le théâtre, la littérature et les croyances ancestrales. But atteint ? Oui pour la partie Japon ancien, pas trop pour le manga. Étant donné que Didier Pasamonik est le co-commissaire pour la partie bande dessinée, cela est tout sauf une surprise tant il n’y connait pas grand-chose… La scénographie est déséquilibrée, il y a des manques importants, notamment dans les cartels, ainsi que quelques confusions, le propos est parcellaire et très grand publique (ce qui est normal pour ce dernier point). Néanmoins, c’est l’occasion de voir des planches originales de manga, ce qui n’est pas fréquent, surtout hors festival d’Angoulême.

L’exposition principale, située au sous-sol, est composée de huit espaces dédiés à un thème différent. Disons que c’est plutôt intéressant jusqu’à celui consacré à Shigeru Mizuki et qu’après c’est assez raté. On a ainsi l’occasion de voir pour commencer des revues de la fin du 19e et du début du 20e siècle, puis une rapide présentation du kamishibai, une série de planches originales de Norakuro, une salle dédiée à Osamu Tezuka (avec des originaux de Princesse Saphir et d’Astro, le petit robot, entre autres), une autre consacrée au gekiga avec de nombreuses planches d’Hiroshi Hirata, accompagnées de quelques belles pièces de Shitaro Sanpei, Kojima Goseki, Kazuo Kamimura, Yoshiharu Tsuge (merci à MEL qui a une bien belle collection et qui nous permet de la voir). Enfin, la dernière montre des yokai de Shigeru Mizuki grâce à un prêt d’originaux de sa fondation (tout comme Tezuka Prod. et Ryoko Ikeda qui en ont envoyé du Japon pour les espaces les concernant).

La partie shôjo manga est scandaleusement minuscule et centrée uniquement sur deux autrices dont il y avait quelques originaux (La Rose de Versailles de Ryoko Ikeda et des planches de Kaze Kaoru). En plus, le médiateur de cette salle était nul, à la différence de celui sur Tezuka. La partie shônen manga est trop étalée le long du couloir courbe avec peu de reproductions, quasiment aucunes planches originales en dehors de Fairy Tale, se concentrant uniquement sur quelques titres à succès (dont Dragon Ball, One Piece, Naruto, Demon Slayer) avec une mise en parallèle avec le folklore chinois et japonais. Cette mise en parallèle, intéressante, aurait pu se trouver dans un espace plus resserré. Le seinen manga est ramené à sa seule dimension apocalyptique avec Akira et L’Attaque des titans. Un petit focus sur Hiroshima avec des planches de Gen aux pieds nus est heureusement présent, mais avec le seinen manga. Passons sur la dernière salle, consacrée à la mode, sans intérêt si ce n’est de rigoler devant certaines tenues tant elles sont ridicules.

Avant les mangas

Située au deuxième étage dans la rotonde, cette partie de l’exposition est consacrée à des œuvres proposant des caractéristiques que l’on retrouve dans les mangas telle que le mélange texte et image, dessins dynamiques, des thèmes tels que l’humour, l’aventure, le fantastique, etc. L’essor commercial de l’édition est ici mis en avant avec l’exposition de nombreux ouvrages d’époque, généralement imprimés en noir et blanc sur un papier de qualité médiocre.

Sur la partie extérieure de la rotonde, des rouleaux illustrés sont proposés à la lecture en plus des nombreuses illustrations accrochées aux murs. Dans la partie intérieure, ce sont de nombreux livres qui sont mis en valeur. C’est toujours intéressant d’en voir, et surtout de constater la qualité graphiques des illustrations, surtout quand on connait les méthodes d’impression de l’époque. Clairement la partie la plus intéressante et la plus impressionnante à nos yeux. Des récits s’étirant sur plusieurs tomes sont proposés au public de l’époque, qui est friand de littérature dite populaire. Il est donné de voir un exemplaire de la Manga de Hokusai, ainsi que de Kawanabe Kyôsai. Ici, « manga » signifie « caricature » et non « bande dessinée ».

Sous la grande vague

À côté de la rotonde, le musée a pris l’habitude de proposer une petite exposition, souvent de photographies. Actuellement, l’endroit propose de voir l’estampe Sous la vague au large de Kanagawa de Katsushika Hokusai qui fait partie de la série des Trente-six vues du mont Fuji.

La salle est toute petite, il ne faut pas être en nombre si on veut en profiter. Il y a quelques illustrations et planches de BD dont une de Moebius qui rendent hommage à fameuse l’estampe. Du fait de la fermeture du Musée, nous n’y sommes pas restés longtemps et n’avons pas pu profiter de la vidéo projetée sur un écran géant qui « invite à un voyage poétique et immersif au cœur de cette œuvre iconique » (dixit le dossier de presse). Pas grave, j’ai eu le temps de prendre en photo Taliesin devant l’estampe, continuant ainsi une tradition vieille de plus de 15 ans 🙂 .

Le catalogue

Si l’exposition principale est plus que perfectible au niveau de son contenu, ce n’est heureusement pas le cas du catalogue. Constitué d’un grand nombre de courts chapitres, chacun abordant un thème précis, ils sont écrits par des spécialistes, la plupart étant des universitaires. Il est rédigé dans un français facile à lire et les pages se tournent avec plaisir tant l’essai de vulgarisation est réussi. Il est richement illustré même s’il manque des reproductions de planches originales et que certains textes n’ont aucune iconographie. Au moins, Moto Hagio, Rumiko Takahashi et Mitsuru Adachi ne sont pas ignorés malgré l’absence de visuels de leurs créations.

Le papier est mat, agréable et le tout est bien imprimé dans une couverture souple tout à fait réussie. Le seul bémol que je pourrai faire est que le prix est un peu excessif, un montant de trente euros me semble être plus juste pour une telle fabrication. Cependant, cela a dû permettre une meilleure rémunération des autrices et auteurs des textes (enfin, je l’espère). Je conseille donc son achat même si on n’a pas l’occasion d’aller voir l’exposition, qui est assez dispensable, il faut l’avouer.

Bilan 2025 des expos BD

L’exposition Manga. Tout un art ! est donc venue clore une année d’expositions. Si on compare avec les années précédentes, leur nombre est en recul alors que je m’attendais à une augmentation. En ce qui concerne les bandes dessinées il y en a eu 13 en 2025 (19 en 2024), cela avait commencé fin janvier à la galerie Achetez de l’art puis au festival d’Angoulême pour se terminer en ce mois de décembre à Guimet. Voici un petit tableau récapitulatif :

TypeNombre d’expositions
Arts10
BD-Comics-Manga-Illustration13
Culture Asiatique1
Culture autres régions2
Divers1
Musique1
Histoire2
Total 30

Soit 16 en Musées, 4 en Espaces culturels / Fondations & instituts / Maisons de la culture, 8 en Galeries et 2 en Autres lieux.

Pour retracer cette année, voici une petite sélection de photos. Elle montre l’importance du festival d’Angoulême en matière de qualité et d’intérêt, expositions qui seront absentes à notre programme en 2026. J’y ai ajouté celles qui n’ont duré que le temps de la manifestation concernée et qui ne sont donc pas comptabilisées dans le tableau ci-dessus.

Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême

Festival BD (Formula Bula, SoBD)

Galeries (Achetez de l’art, Galerie du 9ème art et Galerie Martel)

Soit Shin Zero à la Galerie Achetez de l’Art, Super-Héros & cie, l’art des comics Marvel et Plus loin, la nouvelle Science-Fiction au Musée de la bande dessinée, Superman. Le héros aux mille-et-une vies à la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image, Posy Simmonds. Herself au Musée d’Angoulême, L’Atelier des sorciers : la plume enchantée de Kamome Shirahama à L’Hôtel Saint-Simon, Gou Tanabe × H.P. Lovecraft, visions hallucinées à l’Espace Franquin, Aline Kominsky-Crumb. Le Plein d’amour à Césure, Le Musée éphémère d’Anne Simon, La BD chilienne contemporaine à la Halle des Blanc-Manteaux, American Classics XI à la Galerie du 9ème art, Adrian Tomine à la Galerie Martel, Kabuki – Guilherme Petreca, Soli Deo Gloria – Edouard Cour puis Silent Jenny – Mathieu Bablet à la Galerie Achetez de l’Art.

La suite l’année prochaine… On verra bien ce qu’il sera possible de faire.

FIBD 52, bravo les expos !

À la différence de l’année précédente, je n’avais prévu d’être sur le festival que deux jours et demi au lieu des quatre et demi de 2024, en raison d’un programme peu motivant sur le papier. Une demi-journée perdue pour cause de panne de voiture (heureusement, au départ de l’hôtel le vendredi matin), il ne me restait plus assez de temps pour profiter pleinement de la cinquante-deuxième édition du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. Du coup, comme peu de rencontres m’intéressaient, j’ai « sacrifié » la bulle du Nouveau Monde par manque de temps au profit des expositions me motivant le plus. J’ai bien fait tant celles-ci étaient variées et réussies cette année, que ce soit celles montées par 9e Art+ ou celles proposées par la Cité.

Les expositions du festival

Sur les neuf expositions « officielles » du festival, je n’en ai fait que cinq. Sur les sept de la Cité, j’en ai fait quatre. Et sur ce total de neuf, quatre ont été faites plutôt rapidement, plus pour voir à quoi elles ressemblaient et prendre des photos (pour éventuellement lire des cartels plus tard). Elles ne m’intéressaient pas plus que cela. Il sera possible de voir de nombreuses photos de la plupart des expos dans le prochain compte rendu « Des Mangaversien·ne·s à Angoulême ».

Le vendredi a été le plus « productif » car en une demi-journée, j’ai visité Plus loin, la nouvelle Science-Fiction puis Super-Héros & cie, l’art des comics Marvel et enfin Lou ! Cher journal… (là, je l’ai plus parcourue qu’autre chose par manque de temps). Clou de la journée : la quasi-inaccessible L’Atelier des sorciers : la plume enchantée de Kamome Shirahama (visitée en nocturne en entrée payante avec horaire choisi). Le samedi, journée habituellement infernale tant il y a du monde partout, a commencé par Posy Simmonds. Herself, suivie par la traversée au pas de course de Constellation graphique, jeunes autrices de la bande dessinée d’avant-garde. Cela s’est ensuite terminé par la visite express (trop de monde, pas d’intérêt pour le sujet, mais j’ai quand même acheté le catalogue) de Gou Tanabe × H.P. Lovecraft, visions hallucinées. J’ai tout de même eu le temps de remarquer que les planches « originales » du mangaka sont bien plus intéressantes que le produit fini qui est alourdi par les effets informatiques et les trames posées à la truelle. Enfin, le dimanche a été consacré à l’exposition Superman. Le héros aux mille-et-une-vies, tout en profitant de sa proximité (car situé sur le chemin) pour voir l’hommage rendu à Fawzi, le routard du crayon.

La tradition de privilégier les planches originales a été respectée à chaque fois même si les reproductions étaient aussi présentes en nombre. La scénographie était travaillée avec un gros travail sur les décors et les ambiances pour les expositions dites « immersives ». C’était le cas des trois expos mangas (même si je n’ai pas fait celle sur Vinland Saga) ainsi que celles dédiées à Superman, la SF et à Lou.

J’ai beaucoup apprécié l’expo SF pour la diversité des planches et des thèmes même si ça manquait de Fabrice Neaud (l’excellent mais boudé Nu-men, ainsi que Labyrinthus). Par contre, joie ! Il y avait du Édouard Cour avec ReV. Bien entendu, il y avait les habituelles planches de Mézières, mais on ne s’en lasse pas, tout comme celles de Mœbius. L’expo dédiée à Superman était vraiment réussie alors que je n’apprécie pas le personnage et que j’avais quelques doutes étant donné que depuis quelques années, ce n’était pas vraiment ça, les expos au Vaisseau Mœbius. Celles du Musée de la BD étaient, elles aussi, meilleures que celles que la Cité nous proposaient depuis Calvo, un maître de la fable (réalisée à l’époque en partenariat avec 9e Art+, ce qui doit expliquer sa qualité). Les expos au Musée de la BD et au Vaisseau Mœbius sont toujours là (sauf la très bonne expo consacrée à Marvel qui vient de fermer), donc si vous passez dans le coin…

L’exposition consacrée à Posy Simmonds était très intéressante car très différente des deux que nous avions pu voir auparavant (à Pulp Festival et à la BPI), avec un développement intéressant sur les auteurs et autrices qui avaient notablement influencé l’autrice. Elle est visible au Musée d’Angoulême jusqu’à la mi-mars, il est encore possible d’en profiter. Par contre, oubliez Constellation graphique, ça ne présente aucun intérêt. Il faut dire que la BD d’Avant-garde n’a que très rarement eu l’heur de me plaire et là, ce n’était pas le cas.

Des expositions en libre d’accès

Un certain nombre d’expositions sont accessibles sans être festivalier. En effet, entre le Off, le Off du Off et d’autres activités profitant du festival, il y a de quoi faire. De plus, la bande dessinée espagnole était à l’honneur cette année, ce qui se concrétisait, entre autres, par Le 9e Art espagnol à l’honneur sur le parvis de l’Hôtel de Ville qui dressait un intéressant panorama. J’ai profité d’un court instant de répit pour voir ce que l’Association du FIBD proposait cette année : un recensement photographique des fresques BD disséminées dans la ville. Enfin, trois d’entre nous sommes allés à l’exposition-vente Quand la SF se fait prophétesse afin de rendre un dernier hommage à Florian Rubis, co-commissaire mort subitement quelques jours avant l’ouverture du festival et que j’avais prévu de saluer à cette occasion.

Conclusion

Ce fut donc une édition tournée vers les expositions, ce qui est d’ailleurs ce qui nous intéresse le plus à Angoulême (sauf pour l’un d’entre nous qui préfère les rencontres de toutes sortes). Je n’ai suivi que trois rencontres le samedi, la masterclass de Posy Simmonds (qui se déroulait partiellement en même temps que celle de John Romita Jr, il faut le faire…), la rencontre internationale « “So British!” La BD, un art de l’underground ? » avec Bryan Talbot, Joff Winterhart et Jon McNaught mais malheureusement mal animée (il aurait fallu laisser seul Paul « magnific » Gravett aux commandes), et ce qui était presque plus une conférence, « Une femme du Japon, rencontre autour de Shinkirari, de l’autre côté du rideau, la liberté » .

Cela fait peu. J’aurai bien aimé assister à « Super-héros japonais… made in France ! Rencontre avec Mathieu Bablet & Guillaume Singelin, auteurs de Shin-Zero » mais j’étais un peu empêtré dans mes petits problèmes de voiture à 30 kilomètres de là. J’étais plus proche pour « La nouvelle science-fiction » avec Lisa Blumen, Guillaume Singelin, Mathieu Bablet et Ugo Bienvenue, mais je ne pouvais pas arriver assez vite car il y avait un peu trop de chemin à faire entre le Champs de Mars et le Vaisseau Moebius pour le temps dont je disposais. J’ai donc préféré aller à Manga City pour papoter avec quelques copains éditeurs. Chez IMHO, j’ai tout raté : plus de Claude Leblanc en dédicace, et même plus de son nouveau bouquin (mais Benoit s’est arrangé pour corriger ça, et merci à Claude pour sa gentille dédicace après coup). À l’arrivée, c’est une édition qui s’est révélée plus plaisante que prévue grâce à des expositions de grande qualité, ce qui était moins le cas depuis quelques années.

Je remercie 9e Art+, l’Agence La Bande, notamment Arnaud Labory, Anaïs Hervé et Vincent-Pierre Brat, l’Association FIBD Angoulême, la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image pour tout leur travail et la possibilité de nous permettre de profiter du festival dans des conditions privilégiées. Je remercie aussi Manuka pour sa relecture.

Mangaverse, 20 années d’expositions

Décembre 2024 est passé ; c’est une date anniversaire représentant 20 années d’expositions (avec un petit groupe de Mangaversien·ne·s). Voilà donc une bonne occasion de faire un petit retour en arrière sur 460 visites, après celui fait il y a six ans à l’occasion de ma 300e exposition.

Pour être comptabilisée comme telle, je rappelle que je ne dois pas avoir fait l’exposition seul (il y en a quelques unes dans ce cas, par exemple Goscinny et le cinéma en 2017 ou Alix, l’art de Jacques Martin en 2020 ), elle doit être temporaire tout en ne se limitant pas au temps d’un festival ou d’une convention (ce qui en élimine un certain nombre, notamment lors du FIBD ou du SoBD). Enfin, je dois en avoir une trace photographique (ce qui en élimine deux, de mémoire, dont une en 2002 sur des kimonos).

Quelques chiffres

Pour se remémorer cette période, rien ne vaut quelques petits graphiques et tableaux. Commençons par une représentation du nombre de visites d’exposition par an :

Nous voyons une progression sur la toute fin des années 2000, et qui va jusqu’au pic de 2017, même s’il y a eu un petit décrochage à un moment. Ce pic m’avait d’ailleurs conduit à écrire un billet sur ce qui devenait une boulimie et de la nécessité de se calmer un peu. L’essor du nombre de visites des années 2009-2012 correspond à l’arrivée de beanie_xz sur Paris pour ses études. Son entrée dans le monde du travail a donc provoqué un premier recul. Nous observons aussi un gros décrochage lors des années COVID puis un retour vers la normale qui devrait être atteint en 2023. En effet, si la moyenne annuelle est de 23 expositions, je considère qu’il ne faut pas prendre en compte les 5 premières années et les deux concernées par le COVID, ce qui nous donne une moyenne de 30.

La quantité c’est bien, le contenu, c’est mieux. Le tableau suivant classifie ces 460 expositions selon leur thème principal :

TypeNombre d’expositions
Architecture14
Arts108
BD-Comics-Manga-Illustration162
Cinéma13
Culture Asiatique38
Culture autres régions25
Culture Occidentale16
Design10
Divers20
Jeux vidéo3
Jouets4
Littérature4
Mode8
Photo32
Science3
Total 460

Deux thèmes d’expositions sont largement devant les autres : la bande dessinée (au sens large) et les arts. Dans ce dernier cas, il s’agit principalement principalement d’expositions (monographiques, ou thématiques) de peintures, d’estampes ou de sculpture. Mais cela peut aussi relever des arts plastiques, décoratifs, être pluridisciplinaire, ou couvrir un ou plusieurs mouvements artistiques, allant du Moyen-âge à l’art contemporain, avec une appétence très nette pour l’impressionnisme et l’art moderne. Bref, ça ratisse très large… Je m’amuse à lister tous ces expositions sur une page web, les personnes curieuses ont ainsi accès à une liste complète et généralement à jour.

À une époque, nous faisions pas mal d’expositions photo mais cela n’est plus vrai depuis plusieurs années. Les manifestations présentant la culture d’un pays ou d’un continent sont souvent les plus fédératrices (par exemple sur les kimonos, l’art de manger en Afrique ou sur une période historique comme la dynastie Tang). Les expositions relevant de la culture occidentale sont généralement historiques (les Étrusques, la Croatie médiévale, la Régence à Paris par exemple). Par contre, l’architecture n’intéresse qu’une toute petite partie de notre groupe de Mangaversien·ne·s.

Il est important aussi de distinguer le type des institutions concernées. Il y a les Musées loin devant les autres espaces culturels (publics ou privés). Cette distinction de la typologie des lieux fait apparaître l’importante prise par les visites en galeries sur les trois dernières années. Il s’agit dans ce cas d’expo-ventes liées au monde de la bande dessinée, nous permettant parfois de profiter d’un vernissage pour rencontrer l’auteur concerné, pouvant faire ainsi nos fanboys ou nos fangirls.

LieuxNombre d’expositions
Musées235
Espaces culturels / Fondations & instituts / Maisons de la culture147
Galeries44
Bibliothèques / Médiathèques / Cinémathèques 22
Hôtels de ville / Mairies9
Autres3

Les musées sont donc, sans surprise, nos lieux privilégiés. En première place, nous avons le Musée du quai Branly (35). Le Musée Guimet et le Centre Pompidou (29) précèdent ex-æquo de peu le Grand Palais (25). En cinquième position, nous trouvons la Ferme du Buisson (20) à Noisiel, un centre culturel qui proposait de nombreuses petites expositions sur la bande dessinée à l’occasion du Pulp Festival (mais qui duraient au delà du festival). Puis vient le Musée de la bande dessinée d’Angoulême (19). Il ne faut pas confondre ce dernier avec le Musée de la ville d’Angoulême (16) qui suit juste après dans mon classement. En effet, nous profitons du FIBD pour voir les expositions proposées à cette occasion, et elles durent généralement au-delà du célèbre festival de BD. Enfin, la Maison de la culture du Japon à Paris et le Petit Palais (13) ferment ex-æquo la liste des établissements à plus de dix visites.

Comme déjà dit, nous allons de plus en plus dans des galeries d’art pour voir des expositions-ventes de planches originales de BD, surtout depuis le COVID. Dans cette catégorie, la Galerie Barbier (9) est devant la Galerie du 9ème art (6) qui, elle-même, est devant Arts Factory (7). Puis vient la Galerie Martel (4). Néanmoins, c’est la Galerie Huberty & Breyne (3) qui me laisse les meilleurs souvenirs, en raison des auteurs concernés : Fabrice Neaud et Frederik Peeters. Paris regorge de ces lieux, nous pourrions pratiquement y aller toutes les semaines.

Souvenir et nostalgie

Voici une séquence nostalgie avec vingt expositions qui m’ont laissé un excellent souvenir, parfois pour des raisons autre que le thème ou les œuvres proposées.

Première période (2004-2009)

Les débuts, c’est toujours un peu émouvant. Et quels débuts ! Au Grand Palais pour une exposition sur les estampes du Monde Flottant. C’était aussi une époque où les expositions de la Cité des sciences étaient développées, ici sur Le Monde de Franquin. J’ai eu la chance de voir à temps les fameux Musées imaginaires de la bande dessinée au Centre National de la Bande Dessinée et de l’Image d’Angoulême en 2007. Autre exposition non parisienne dont je garde un excellent souvenir, celle consacrée à Émile Cohl au Musée-chateau d’Annecy. Pour clore la période, quoi de mieux que des estampes japonaises ?

Progression (2010-2015)

Il s’agit d’une période d’une grande variété de thèmes avec de la peinture au Grand Palais, de la science-fiction à la Cité des sciences, des phares au Musée de la marine, de la mode aux Arts déco, de la BD (Mézière) à la Mairie du Ve et de l’art contemporain à Beaubourg, Mona Hatoum réussissant l’exploit à me faire voir de l’intérêt dans ce mouvement artistique.

Toujours plus (2016-2019)

L’inflation des expositions ! Il a fallu faire des choix difficiles mais ces quatre ont été particulièrement marquantes : La sonore Grand Orchestre des Animaux à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, les photos si déprimantes de Gao Bo. Les offrandes à la Maison Européenne de la Photographie, l’étonnant mélange entre Artistes & Robots au Grand Palais et la musicale Charlie Chaplin, l’homme-orchestre à la Philharmonie de Paris. En fait, j »aurai pu facilement doubler ou tripler le nombre de photos pour ces quatre années.

La période COVID (2020-2021)

Retour aux fondamentaux : la bande dessinée, que ça soit par exemple en galerie avec David B. ou en musée avec Uderzo, a été le thème quasiment unique des expositions vues entre deux confinements et restrictions liées aux jauges.

La reprise (depuis 2022)

Si j’ai choisi de mettre en avant Boldini – Les plaisirs et les jours au Petit Palais, c’est pour montrer que je peux aussi apprécier la peinture figurative, notamment l’art du portrait. L’expo-vente Fabrice Neaud – Le Dernier Sergent à la Galerie Huberty & Breyne illustre l’importance prise par cette activité. Enfin, Métro ! Le Grand Paris en mouvement à la Cité de l’architecture et du patrimoine clos cette rétrospective en 2024, alors que Zombis – La mort n’est pas une fin ? au Musée du quai Branly ouvre une nouvelle période en 2025, ce qui pourrait être le début d’une nouvelle boulimie.

SoBD 2024

L’année des festivals, salons et conventions se termine traditionnellement pour notre petit groupe de Mangaversien·ne·s début décembre avec le Salon des ouvrages de Bande Dessinée. Cette édition était particulière pour moi, pouvant faire mon fan-boy auprès d’un des deux invités d’honneur. En réalité, je me suis contenté d’écouter Fabrice Neaud lors de ses tables rondes (j’aurais pu aller à sa masterclass du vendredi soir si je m’étais mieux organisé) et d’admirer les planches exposées au Musée éphémère, quasiment un an après en avoir vu une belle série lors de son expo-vente à la Galerie Huberty & Breyne. Qu’est-ce que c’est bô ! 🙂

Traditionnellement, nous nous rendons le samedi après-midi à SoBD surtout pour trois activités : faire le tour des stands afin de réaliser quelques achats, suivre des rencontres / tables rondes et admirer les planches exposées au Musée éphémère. Cette année, je dois avouer que j’ai passé peu de temps sur les stands, me contentant de trois exposants : J’ai, LGBT BD et Stripologie. Il s’agissait pour moi, avant d’aller écouter Fabrice Neaud, d’acheter le dernier numéro du fanzine J’ai dans lequel j’ai une de mes (rares) contributions au groupe Facebook éponyme, de bavarder un peu avec quelques « J’AIistes ». J’en profite pour remercier Hugo pour la Po-j’ai-te spéciale cartes PLG. Ensuite, je n’allait pas manquer d’aller acheter le tome 1 (dédicacé) du recueil Le Mini de la Semaine de Jean-Paul Jennequin et de l’écouter parler (c’est toujours aussi fascinant, surtout quand a-yin est en face pour le relancer).

Une fois terminé le cycle des tables rondes avec Fabrice, je suis allé acheter les numéros (encore disponibles) de la deuxième version de Bananas dans lesquels il y a des contributions dudit Fabrice, information donnée par Évariste Blanchet lors de la présentation de la célèbre revue. C’est qu’il ne fallait pas tarder pour les numéros 2 et 3 dont il s’agissait des derniers exemplaires (le 4 est encore en vente en ligne). Ainsi, j’ai d’autres créations des débuts de Fabrice Neaud qui viennent s’ajouter à celles de la défunte revue ego comme x. J’ai aussi ramené Meurtre télécommandé (un achat en défraichi d’a-yin sur le stand de Tanibis), une lecture du lendemain qui s’est révélée être excellente, dont j’ai prévu un billet WordPress et un achat futur, en plus de m’intéresser de plus près à Paul Kirchner.

Comme toujours, le Musée éphémère proposait une belle et dense sélection de planches. Il y en avait environ 80 qui couvraient un peu moins de trente années de créations de Fabrice Neaud. Cette exposition rétrospective permettait d’apprécier l’évolution graphique de l’auteur, dont le dessin s’est affiné au fil des ans, notamment sur la représentation des volumes et de la lumière. Néanmoins, son style réaliste reste immédiatement reconnaissable (tout comme sa narration), les fondamentaux étant déjà en place trente années auparavant. J’ai tout particulièrement apprécié la présence de planches d’Alex et la Vie d’après (je n’ai qu’un PDF en basse définition) et de Nu Men. Je pleure toujours de ne pas pu avoir de tome 3 alors que appréciais tout particulièrement cette série de science-fiction (bien plus que Labyrinthus), ce qui a entrainé une fin précipitée et plutôt ratée de mon point de vue. Néanmoins, le plus intéressant était de voir quelques-uns des fameux carnets de Fabrice. Leur qualité graphique est incroyable !

Repas bulled’air oblige, je ne suis pas resté à la remise du Prix du récit dessiné de la Scam ni à celui du prix SoBD Neuvième art. Il faut dire aussi que ce n’est pas un exercice qui m’intéresse tout particulièrement. Toujours du fait d’un conflit d’emploi du temps, je ne suis pas retourné dimanche pour essayer d’avoir une dédicace de Fabrice Neaud (j’en ai obtenu une en début d’année au FIBD, la troisième en vingt ans) ou pour mieux regarder la petite exposition consacrée à la bande dessinée luxembourgeoise, le pays invité. Toutefois, l’édition 2024 restera dans mon esprit comme une très bonne cuvée (avec 2018 et quelques autres plus anciennes) malgré le peu de temps passé sur place.

Angoulême 52, c’est reparti !

Ce jeudi 21, sous une météo de plus en plus neigeuse sur la Région Parisienne (ce qui m’a rappelé l’édition 2006 du FIBD et son samedi interrompu par la neige), a eu lieu la conférence de presse de la cinquante-deuxième édition du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, cette fois sise au Musée de la Marine. La priorité étant donnée aux foutus réseaux sociaux, nous étions déjà au courant de la majeure partie du programme des expositions (ce qui intéresse le plus notre petit groupe de Mangaversien·ne·s). Néanmoins, j’ai toujours envie de m’y rendre, année après année, histoire de lancer (dans mon esprit) cet événement annuel francophone qu’est le FIBD, ainsi que pour revoir quelques connaissances.

Dans un auditorium bondé (les 200 places étaient toutes prises), les discours de Franck Bondoux, le délégué général, de Marguerite Demoëte, la directrice artistique et de Fausto Fasulo, le directeur artistique Asie, ont confirmé l’évolution amorcée l’année dernière : la volonté de s’adresser au jeune public afin de former les futurs lecteurs et futures lectrices à culture de la bande dessinée. S’appuyant sur les réseaux sociaux, les pôles Jeunesse et Manga sont devenus les fers de lance du festival. Les expositions doivent être « participatives et festives » tout en suscitant l’envie de lire. Moi qui aime le sobre et le travaillé, on ne peut pas dire que ça m’enchante plus que ça. Néanmoins, heureuse surprise pour cette prochaine édition : une nouvelle mise en avant du comics, celui dit « grand public » que je connais si mal, notamment avec une grande exposition consacrée à Superman. Le retour de la tradition du pays invité (l’Espagne pour 2025, après le Canada en 2024) montre aussi une volonté de continuer à développer une dimension cosmopolite, notamment par le biais de rencontres entre éditeurs du monde entier qui se fera, comme depuis quelques temps, dans une bulle dédiée. Ainsi, le festival mérite bien son qualificatif d’international.

Nous avons donc huit expositions d’importance qui nous seront proposées entre le 30 janvier et le 2 février (dès le 29 janvier pour la presse et les pros). Au Musée d’Angoulême, il n’y aura pas de manga, une première depuis 2016. À la place, nous aurons « Posy Simmonds. Herself » (jusqu’à la mi-mars) ainsi que « Hyper BD : une exposition dont vous êtes les héro-ïne-s » qui sera, pour cette dernière, interactive et s’adressant à un plus jeune public. Au Vaisseau Moebius, nous pourrons voir « Superman, le héros aux mille-et-unes vies » qui durera jusqu’au 10 mars. La médiathèque L’Alpha hébergera « l’immersive » exposition dédiée à « Vinland Saga : une quête d’identité ». Il faudra beaucoup de courage et de patience pour aller voir « L’Atelier des sorcières : la plume enchantée de Kamome Shirahama » car située dans l’Hôtel Saint-Simon et sa jauge minuscule. Il faudra aussi avoir du temps à perdre pour aller voir « Gou Tanabe x H.P. Lovecraft : visions hallucinées » dans la salle Iribe de l’Espace Franquin tant je pense qu’elle sera fréquentée. Ce sera d’ailleurs la seule exposition qui bénéficiera d’un catalogue. « Julie Birmant, les herbes folles » mettra en valeur la scénariste primée l’année dernière par l’institut René Goscinny à travers ses créations pour (notamment) Clément Oubrerie et Catherine Meurisse, ça se passera au Musée du papier (jusqu’à la mi-mars). Enfin, le Quartier Jeunesse abritera l’exposition « La BD règle ses contes » qui présentera cinq univers, ceux de L’Encyclopédie du merveilleux, d’Émile et Margot, des Contes fabuleux de la nuit, des Sept Ours nains et de La Quête. Une exposition présentant la diversité de la bande dessinée espagnole sera accessible sur le parvis de l’Hôtel de Ville en plus de celle qui se trouvera dans la bulle dédiée à l’Espagne.

Il est encore bien trop tôt pour avoir la liste de toutes les autrices et tous les auteurs invités mais nous avons cinq « masterclass » annoncées : Posy Simmonds, John Romita Jr, Gou Tanabe, Kamone Shirahana et Makoto Yukimura, les trois dernières se déroulant au Théâtre d’Angoulême. Je dois avouer que ce ne sont pas ces trois derniers noms qui m’intéressent le plus, loin de là. Le Quartier Jeunesse proposera de nombreuses animations à destination d’un public familial, notamment grâce à l’espace gagné sur feu les Studios Paradis et le développement de la Halle des découvertes. Mais cela ne concernera pas vraiment notre petit groupe de Mangaversien·ne·s, il faut le dire. En ce qui concerne les éditeurs présents, ils seront nombreux à Manga City (les plus importants seront tous là) et nous ne manquerons pas de passer dire un petit bonjour à certains d’entre eux comme Akata, IMHO, Kana, Kotoji, Naban, etc. sans oublier d’aller voir les manhua de Hong Kong et de Taïwan. Globalement, il n’y a pas de réel changement au niveau des bulles éditeurs et, comme tous les ans, nous passerons bien plus de temps au Nouveau Monde sur les stands de certains éditeurs ou dans la partie fanzine qu’au Monde des bulles. Il faut me l’avouer, nous serons peut-être plus intéressé·e·s par le programme du Musée de la Bande Dessinée, à commencer par l’exposition « Super-héros & Cie. L’art des comics Marvel » mais aussi « Plus loin. La nouvelle science-fiction », « Trésors des collections » et pour au moins l’un d’entre nous « Lou ! Cher journal… ». Car, en effet, le programme annoncé par le festival ne nous enthousiasme pas plus que cela.

Comme tous les ans, je n’ai pas vraiment de commentaire à faire sur les différentes sélections, me contentant de me réjouir de la présence de tel ou tel titre ou de constater que la bande dessinée asiatique hors manga est toujours aussi ignorée par le festival. D’ailleurs, il y a beaucoup moins de bande dessinées japonaise en lice cette fois et c’est tant mieux tant je trouvais que ça faisait forcé / copinage depuis quelques années. Les cinq titres mis ici en avant ont fait ou vont faire l’objet de billets sur ce présent blog et leur sélection m’a donc fait tout particulièrement plaisir. Cette sélection officielle permet aussi de se rappeler que tel ou tel ouvrage que l’on avait raté à l’époque de sa sortie mérite qu’on s’y attarde et qu’il est peut-être temps de songer à s’y mettre. Car, il faut le dire, je n’ai pas lu grand-chose cette année : six titres (plus deux autres de prévus) sur les 44 de la sélection officielle, ça fait peu. En patrimoine, j’en suis à deux plus un, et c’est tout… Voilà qui confirme que je me suis un peu éloigné de la bande dessinée en 2024.

Grâce à une équipe renforcée, la nouvelle direction artistique du festival prend de plus en plus ses marques, et c’est tant mieux même si elles n’ont pas l’heur de me plaire (et je dirais que c’est une bonne chose pour la réussite publique du festival). Je continue à regretter les années du Manga Building (nostalgie, quand tu nous tiens) ou les années Beaujean (mais là, ce n’est pas de la nostalgie, juste une préférence pour ce qui nous était proposé durant ces années-là). Il n’empêche que je ne doute pas un seul instant de passer deux bonnes journées et demi à Angoulême entre le 30 janvier et le 2 février. D’ailleurs, il ne faudra pas oublier d’aller manger une fois dans le Quick devant l’Hôtel de ville, histoire de fêter le nouveau sponsor titre du festival 🙂

Je remercie Manuka pour sa relecture, ainsi que 9e Art+ et l’Agence La Bande, notamment Vincent-Pierre Brat, pour leur invitation à la conférence de presse de l’édition 2025 du FIBD.

Angoulême, la cinquantième !

La conférence de presse de la cinquantième édition du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême a eu lieu ce lundi 28 novembre. Cette année, elle était située à la BNF Richelieu, dans la salle Ovale, nouvellement rouverte au public et proposant plusieurs milliers de BD dont de nombreux mangas. Impressionnant !

Depuis la réunion éditeur du mois de septembre, votre serviteur fait le grognon et critique le choix des expositions mangas qui n’ont pas l’heur de lui plaire. Et ce ne sont pas les horribles affiches et le flou sur le programme qui ont arrangé son humeur. Il faut dire qu’assistant au raout de fin janvier depuis 2004, il lui est difficile de ne pas se dire que c’était mieux avant alors qu’on a là une édition anniversaire.

C’est ça de devenir un vieux con blasé 😊… Cela ne m’empêchera pas de présenter un nouveau mini-site « Des Mangaversien·ne·s à Angoulême » !

La magie d’Angoulême a réussi à agir une fois de plus lors de cette conférence de presse (j’y vais depuis 2009). Est-ce le plaisir de retrouver quelques connaissances du monde de l’édition et de la presse spécialisée ? Est-ce le lieu chargé d’histoire et de livres qui a été choisi pour l’événement ? Quoi qu’il en soit, me voilà regonflé pour aller passer quelques jours dans la ville française de la BD fin janvier. Mais voyons plus en détail ce qui nous est présenté.

2023, une édition tournée vers la jeunesse et le futur.

Celles et ceux qui me connaissent savent mon amour pour les enfants et les réseaux sociaux : je déteste les uns comme les autres, ha ha ! Alors, voir que le festival développe de plus en plus son offre en direction de la jeunesse et sur Internet ne m’enchante pas plus que cela. Néanmoins, il faut reconnaître que c’est une évolution normale et souhaitable. Pfff, il va donc falloir que j’apprenne à utiliser Twitch ou Tik Tok (argl). Le festival ne voudrait pas plutôt aller sur Discord ? Au moins, j’y suis présent. Comme l’a fait remarquer (plus diplomatiquement que les propos suivants qui n’engagent que moi) Franck Bondoux, le directeur délégué du festival, il faut s’ouvrir au futur, ne pas regarder le passé (c’est pour cela qu’il n’y aura pas d’exposition rétrospective sur les 50 éditions du festival) et dépasser la BD « à papa » lue par les quinquas (et plus) qui sont, pour certains, incapables de lire autre chose que les séries de leur enfance. Le web est appelé à dépasser le papier, du moins auprès des jeunes. D’ailleurs, concernant le Quartier Jeunesse, je suis assez intéressé par l’exposition qui sera dédiée à la scénariste Marguerite Abouet, même si je n’ai rien lu de l’autrice. Et je me souviens d’y avoir vu une excellente exposition dédiée à Tom-Tom et Nana de Bernadette Després. Le Quartier Jeunesse aura encore un peu plus de place que les années précédentes, toujours aux Chais.

Du manga, beaucoup de manga

Les jeunes lisant du manga, la bande dessinée japonaise va aussi bénéficier d’un effort pour offrir un espace plus grand et plus attractif. Situé dans des bulles hors du plateau d’Angoulême depuis quelques années, le Quartier Manga va investir la Halle 57, un vieux bâtiment de la SNCF situé à côté de la médiathèque l’Alpha, bâtiment qui devait être détruit et qui va devenir un nouvel espace en dur pour le festival. Cela faisait quelques années qu’on en parlait, ça va devenir une réalité en 2023. C’est ainsi 3800 m² (nettement plus que la bulle située rue Coulomb) qui pourront être proposés aux fans de manga. Les éditeurs auront ainsi de la place pour s’installer. Un habillage rappelant les villes asiatiques (Tokyo, Séoul, Taipei) mettra les festivaliers en conditions pour le futur Manga City des prochaines années (une fois la réfection de la Halle 57 totalement achevée). Nous aurons ainsi le plaisir de retrouver Akata, Des Bulles dans l’océan, Glénat, IMHO, Hong-Kong, Kana, Makma, naBan, Nazca, Pika, Taïwan, etc. Il y aura même un stand Passe Culture, ça va faire hurler quelques grincheux sur un certain forum BD de référence, ha ha !

Trois expositions manga sont annoncées. Il y aura au Musée d’Angoulême Ryōichi Ikegami. À corps perdus, exposition dont je me fiche totalement tant l’auteur ne m’a jamais intéressé, même à mes débuts de lecteur de manga. Le seul point qui peut sauver cette exposition patrimoniale, à mes yeux, est que les commissaires devraient arriver à faire quelque chose d’instructif sur un auteur has been qui n’intéresse plus grand-monde, à part Fausto, le responsable de la programmation Asie. Oui, je suis toujours remonté envers un tel choix… Un catalogue sera proposé mais je ne pense pas l’acheter.

Nous pourrons voir (je ne dis pas admirer) le travail de Junji Ito au sous-sol de l’Espace Franquin (en salle Iribe, donc) avec l’exposition Junji Itō, Dans l’antre du délire. Moi, ça ne me fait pas délirer mais il faut reconnaître que grâce à l’éditeur Mangestu, l’auteur est à la mode actuellement et il mérite amplement une présentation de son travail. De plus, c’est un fidèle du festival. On nous promet une exposition immersive. Nous verrons bien sur place mais je dois avouer que ma curiosité est titillée…

La grosse exposition du festival sera L’Attaque des Titans, de l’ombre à la lumière. Située à la médiathèque l’Alfa, elle devrait être du niveau de l’inoubliable exposition Batman 80 ans de 2019. Dans un décor immersif, 150 planches originales couvrant l’intégralité de la série nous serons proposées. D’ailleurs, étant donné son coût, l’exposition sera payante : il faudra ajouter 10 euros au passe festivalier et elle ne sera ouverte aux professionnels qu’uniquement le mercredi. Il sera toutefois possible d’acheter un billet seul s’il reste de la place (en toute fin de journée, j’imagine) lors des autres journées. Le souci est que je ne prévois pas d’être au festival dès mercredi, ce qui ne me traumatise pas, même si j’aimais bien le titre (mais pas au point de l’acheter).

Sauf contretemps, les trois auteurs concernés par les expositions viendront du Japon et honoreront le festival de leur présence. Il y aura vraisemblablement quelques autres mangaka invité·e·s par différents éditeurs. N’oublions pas la remise du prix Konishi qui récompense le travail d’une traductrice ou d’un traducteur de manga. Sylvain Chollet sera-t-il enfin récompensé ?

De la Franco-Belge, oui, du Comics, non

Les fans de bande dessinée américaine risquent d’être déçus. Aucune exposition sur la création américaine n’est prévue, ni aucun espace dédié : ce sera « passez, il n’y a rien à voir ». Le Canada sera présent grâce à un stand (Pow Pow aussi) dans la bulle du Nouveau Monde. Une exposition dédiée à Julie Doucet, Grand Prix 2022, se tiendra à l’Hôtel Saint-Simon. Il faudra se tourner vers les éditeurs dédiés comme Urban Comics (Panini semble devoir être absent), 404 Comics, Delirium, Komics Initiative, etc. pour pouvoir se prendre une dose d’amerloqueries. Pour ce qui est des invité·e·s en Rencontres Internationales, il est trop tôt pour savoir qui sera présent·e.

La bande dessinée franco-belge va surtout être représentée par l’exposition Les 6 Voyages De Philippe Druillet. Il y aura deux lieux : le Musée d’Angoulême et la chapelle voisine. Je n’aime pas Druillet mais cela pourrait être intéressant. Un catalogue va être proposé et je prévois de l’acheter de suite, afin de ne pas connaître la mésaventure du catalogue dédié à Corben en 2020. Il y aura aussi Dans les yeux de Bastien Vivès au Musée du Papier, mais là, ça sera sans moi. J’espère que l’exposition Couleurs ! sera intéressante. En tout cas, il y aura pour cela de l’espace car située au rez-de-chaussée du bâtiment Castro, pardon, au Vaisseaux Mœbius (c’est à ce détail qu’on voit les vieux festivaliers). Le métier de coloriste a trop longtemps été ignoré malgré son importance. Certainement parce qu’il était essentiellement exercé par des « bonnes femmes ». Au fait, les scénographes, pensez à mettre un peu de lumière, par comme les années précédentes, hein !  Toujours au Vaisseau Mœbius, mais à l’étage, nous aurons Elle résiste, elles résistent, exposition dédiée à Madeleine, Résistante : la rose dégoupillée, de Jean-David Morvan et Madeleine Riffaud au scénario et Dominique Bertail au dessin.

Et le reste…

Au rez-de-chaussée de l’Espace Franquin, il sera possible d’admirer 50 regards d’autrices et d’auteurs (dont Derf Backderf, Ino Asano, Florence Dupré la Tour, Tom Gauld, Léa Murawiec, Naoki Urasawa) sur les 50 ans du festival. Intéressant… Un portfolio à 150 € sera même proposé aux plus fortunés d’entre nous. Les amateurs de planches originales et d’illustrations devraient trouver leur bonheur à la nouvelle Place du 9e art. Les autres bulles devraient être reconduites dans une configuration proche de l’édition 2022. Le Spin Off sera à nouveau aux Ateliers Magelis, le Pavillon Jeunes talents au NIL (avec l’exposition Worldwide Comics Explosion présentant dix autrices et auteurs de demain), il y aura un concert dessiné au Théâtre avec Ana Carla Maza et Aude Picault (dont on avait pu apprécier une exposition en 2022), des masterclass (celle de Hajime Isayama est déjà complète), des rencontres Internationales, et d’autres sous le patronage de Télérama ou du Point, des conférences au Conservatoire (vais-je en proposer une ? cela va dépendre du responsable, s’il veut de moi), etc. etc. Il y aura aussi les animations de la CIBDI, avec une exposition dédiée à Fabcaro, entre autres. Stay Tuned, comme on dit…

Pulp Festival 2022, dernière ?

La septième édition du Pulp Festival (il a été annulé en 2020 et 2021) s’est déroulée du 8 au 10 avril avec Lorenzo Mattoti en tête d’affiche. Ce samedi 9 avril, en achetant nos pass expos pour le Pulp Festival, nous avons appris que cela devrait être la dernière édition, Vincent Eches, l’ancien ancien directeur général de la Ferme du Buisson et créateur du Pulp Festival, ayant été nommé directeur général de la Cité Internationale de la Bande dessinée et de l’Image d’Angoulême. Voilà une nouvelle qui nous attriste fortement, ayant pris plaisir à aller tous les ans à Noisiel pour y voir les expositions proposées, et ce, depuis la première édition en 2014. D’ailleurs, la manifestation a fait l’objet d’un billet sur le présent blog et deux mini-sites, un en 2015 et un autre en 2017. Pour cette possible dernière, voici un retour sur les principales expositions qui étaient proposées au public (et qui sont visibles jusqu’à mi-mai).

Mais qu’est-ce que le Pulp Festival ?

La Ferme du Buisson a été créée sur les bases d’une ferme centenaire à la fin du 19e siècle par la famille Meunier, des industriels du chocolat du même nom, qui installent leur chocolaterie dans les années 1850. La ferme est là pour produire des ingrédients nécessaires aux usines, comme le lait, et sert aussi de centre de recherche. En 1960, à la faillite de l’entreprise Meunier, la ferme est rachetée par l’EPA de Marne-la-Vallée pour en faire un centre d’art et de culture qui se met en place durant les années 1970-1980. Depuis 1990, la Ferme du Buisson est une scène nationale à laquelle se sont rattachés par la suite un centre d’art et un cinéma. Lieu d’exposition d’art contemporain et de création, notamment de spectacles relevant des arts du vivant, la Ferme du Buisson organise au fil des années 2000 des événements culturels comme le festival Temps d’images avec la participation d’Arte.

Durant les années 2010, sous l’impulsion de Vincent Eches (arrivé en 2011), la Ferme du Buisson se tourne vers la bande dessinée en lui apportant une vision pluridisciplinaire. Pour cela, l’établissement propose des créations originales mélangeant spectacle du vivant, musique et BD, ainsi que des expositions thématiques qui cherchent à dépasser la simple présentation de planches (souvent prêtées par MEL). Le départ de son directeur vers de nouveaux horizons alors qu’il portait à bout de bras l’organisation du Pulp Festival ouvre donc une période d’incertitudes pour 2023 : aurons-nous une huitième édition ? La Ferme du Buisson pourrait bien se tourner vers d’autres horizons plus en adéquation avec les goûts de la future direction.

Une programmation classique

Comme en 2019, la programmation est organisées autour de deux pôles : les expositions et les spectacles. Les chasseurs de dédicaces ne peuvent pas trouver leur bonheur car les quelques autrices et auteurs sont là avant tout pour discuter de leur art (mais à cette occasion, il y a parfois une petite séance organisée au sein la librairie éphémère). À une seule occasion nous avons assisté à un spectacle, en 2017. C’était de l’art du vivant contemporain, c’était donc très spécial et cela n’a pas eu l’heur de nous plaire, même si c’était une expérience à faire. Nous nous concentrons donc sur les expositions qui sont principalement situées dans quatre lieux : la Piscine, La Halle, l’Abreuvoir et les Écuries (les spectacles sont souvent donnés au Théâtre, au Studio et au Caravansérail). La Médiathèque participe aussi en proposant une mini-exposition et il y a parfois quelque chose à voir au Grenier. Cette année, le Caravansérail est transformé en lieu d’exposition, celle consacrée à Andy Warhol et c’est tant mieux pour nous.

La Halle : Lorenzo Mattotti — Obsessions

Mattotti ! Voilà un auteur que notre trio de mangaversien·ne·s connaissait seulement de nom et de réputation, sans plus. L’occasion était donc belle de mieux connaitre l’Italien par le biais de son travail d’illustrateur et de peintre. Principale exposition de cette édition, il faut reconnaître qu’elle valait le déplacement à Noisiel. Lorenzo Mattotti (représenté par la Galerie Martel) est un auteur de bande dessinée parfait pour le Pulp Festival : il est pluridisciplinaire. Il faut dire qu’avec une carrière de presque cinquante années, il a eu le temps d’explorer différentes voies artistiques. La présente exposition est organisée avec MEL Publisher et FEHL. Il faut dire que Michel-Edouard semble être fan de l’artiste depuis longtemps. Présentant souvent de nombreuses variations sur un même sujet, les peintures et dessins exposées sont superbes. Néanmoins, il faudrait aussi pouvoir voir ses bandes dessinées car ce n’est pas ça qui manque dans la bibliographie de Mattotti. Malheureusement, aucune planche n’est proposée, ce qui occulte cette facette de l’artiste. Par contre, son côté obsessionnel est très bien rendu avec une douzaine de thèmes : l’élégance, l’énergie, l’immensité, l’onirisme, l’aliénation, l’intimité, la solitude, les visages, les paysages, les forêts, le clair-obscur et les métamorphoses. La variété des techniques et des styles, la virtuosité de l’artiste sont tout simplement impressionnantes.

L’Abreuvoir : Catel et Bocquet — Alice Guy, l’étoile oubliée

Après un passage rapide à la médiathèque pour s’apercevoir que les quelques reproductions de Coming In et l’espace Réalité virtuelle ne présentaient que peu d’intérêt, nous voilà en train d’assister à la projection de plusieurs films d’Alice Guy (la plupart de ses réalisations ont été perdues, mais certains films ont survécu dont sa première œuvre) sonorisés par un véritable pianiste, comme à l’époque du cinéma muet. L’exposition est à l’image de la bande dessinée : une forme plan-plan mise au service d’un propos intéressant. En effet, la série de biographies de Catel et Bocquet mettant un coup de projecteurs sur certaines (plus ou moins) oubliées de l’Histoire de France a comme but une lisibilité maximum pour un public peu habitué aux bandes dessinées. Celle consacrée à Alice Guy ne fait pas exception, ce qui n’empêche pas de l’apprécier. Une fois de plus, l’injustice historique faite aux femmes est démontrée, Alice Guy devrait être aussi connue que les Frères Lumière ou Georges Méliès. L’exposition bénéficie d’une jolie scénographie avec de grands panneaux séparant trois grandes zones, une consacrée aux débuts du cinéma avec la reproduction d’une petite salle de projection à l’époque du muet, une deuxième se focalisant sur Alice Guy et la troisième sur les sources iconographiques de Catel.

Le Caravansérail : Typex — Andy Warhol : I’ll Be Your Mirror

Andy Warhol est un artiste (peintre et plasticien) fondamental du Pop art américain et il n’est plus besoin de le présenter. Néanmoins, il a aussi joué un rôle important dans le développement des arts populaires, notamment dans la promotion de la culture hip-hop. Sa capacité à baigner à la fois dans les milieux underground et VIP l’ont placé au centre de la culture américaine durant les années 1960 et 1970. Typex est un auteur hollandais qui a réalisé pendant cinq ans une biographie de Warhol en BD, en adaptant son graphisme et sa narration aux différentes périodes artistiques de l’Américain. Le résultat est exposé ici sous la forme d’extraits (planches originales et reproductions) de l’ouvrage Andy. Un conte de faits disponible chez Casterman. Cette exposition a été créée pour les Rencontres du 9e art d’Aix-en-Provence et aurait dû être proposée en 2020 au Pulp Festival. Covid oblige, il a fallu attendre deux années supplémentaires pour l’avoir ici. Entre-temps, elle a été proposée au Grand Curtius à Liège. Elle est effectivement ludique (on peut entrer sous les applaudissements des artistes et du public), intéressante, esthétique et variée. Il ne reste plus qu’à lire les plus de 560 pages du livre pour se plonger dans une période de bouleversements artistiques aux USA…

La Piscine : Femzine

Habituellement, nous commençons notre visite à la Piscine, cette année n’a pas fait exception. Si ce n’est pas la plus belle des expositions, c’est la plus instructive. Située sur deux étages dans un petit bâtiment situé proche du Théâtre où nous achetons nos billets, Femzine est consacrée à la presse de bande dessinée féminine (et surtout féministe). Après être passé sous un énorme clitoris gonflable rose (et éventuellement mangé une petite confiserie en forme du fameux organe érectile féminin), nous pouvons aller à l’étage où, notamment, Wimmen Comix (une intégrale est sortie en version française), Julie Doucet (Grand Prix du FIBD 2022), l’éphémère revue Ah!Nana sont mises en avant. Une partie importante de l’étage est consacrée à quelques créations et fanzines francophones féministes actuels, étant donné l’absence de publications professionnelles. Neuf autrices (dont Chantal Montellier, Ulli Lust, Florence Dupré-Latour, Fanny Michaélis) ont réalisé autant de couvertures d’un Ah!Nana qui continuerait à paraitre si la censure n’avait pas injustement frappé en 1978. Le retour au rez-de-chaussée permet de trouver un incubazine où visiteuses et visiteurs peuvent participer en réalisant des illustrations. Une petite bibliothèque propose de consulter ouvrages et fanzines féministes. Voilà une exposition intéressante, instructive et édifiante.

Une fois de plus, le Pulp Festival a permis d’apprécier sous diverses formes la bande dessinée durant un après-midi. Il ne reste plus qu’à espérer que la nouvelle direction voudra bien reprendre le flambeau et s’attaquer au fardeau de la lourde organisation d’un festival de bande dessinée qui a su trouver sa place dans notre agenda parisien.

Expositions, un (petit) bilan

Après deux années quelques peu contrariées en matière de sorties (plus ou moins) culturelles, voici un petit bilan couvrant les années 2020 et 2021. En effet, entre fermetures sanitaires, jauges et annulations de manifestations liées à la bande dessinée, j’ai retrouvé un rythme similaire à celui d’il y a une dizaine d’années. En effet, avec 12 expositions (sur 6 sites) en 2020 et 12 (sur 10 sites) en 2021, je suis bien loin des 44 expositions (sur 26 sites) visitées en 2019. Cependant, au delà de la quantité, c’est le changement concernant les lieux qui me semble le plus marquant.

Ces deux dernières années ont donc été un peu particulières en matière de visites d’expositions. Il faut dire que les différents confinements et les règles sanitaires mises en place sont à l’origine d’un très net ralentissement de cette activité principalement dominicale. Si la chute de 2020 s’explique par les confinements successifs et les fermetures des musées pendant de longues périodes, l’absence de reprise en 2021 s’explique surtout par une habitude perdue et la nécessité de réserver sa visite, ce qui est une contrainte lorsqu’on ne sait pas si on pourra être présent ou non le jour J. La fermeture du Grand Palais pour de longs travaux de rénovation, une de nos destinations principales, et l’annulation du FIBD d’Angoulême de 2020 n’ont rien arrangé.

Sur la douzaine d’expositions vues en 2020 et 2021, il est intéressant de voir un changement concernant la typologie des lieux. Alors que les musées avaient nos préférences jusqu’à fin 2019 et même début 2020, ce sont les galeries et les bibliothèques qui sont dorénavant privilégiées, généralement le samedi après-midi et non plus le dimanche matin. Surtout, nous nous sommes essentiellement recentrés sur la bande dessinée. Néanmoins, l’année 2022 devrait permettre de reprendre des habitudes perdues avec, pour commencer, La Collection Morozov à la Fondation Vuitton, et une visite prévue pour la mi-février. Ensuite, le FIBD d’Angoulême (qui aura exceptionnellement lieu en mars) devrait relancer « la machine » pour le reste de l’année. En attendant, voici un petit retour sur ces deux dernières années :

2021 : 12 = 5 en galerie – 4 en bibliothèque – 3 en musée et assimilé
2020 : 12 = 1 en galerie – 3 en bibliothèque – 8 en musée et assimilé
Pour rappel :
2019 : 44 = 0 en galerie – 2 en bibliothèque – 51 en musée et assimilé

2020

L’année 2020 commence sur un rythme élevé. De ces deux premiers mois, je retiens surtout Gemito (1852-1929) – Le sculpteur de l’âme napolitaine au Petit Palais dont les sculptures et dessins sont impressionnants de maitrise. Le Festival d’Angoulême (et ses nombreuses expositions) permet, entre autres, de mieux connaître l’œuvre de Wallace Wood et de Calvo (malgré les défauts de scénographie de cette dernière). Puis c’est l’occasion de découvrir un nouvel espace d’exposition à Paris avec l’Institut Giacometti et Giacometti / Sade – Cruels objets du désir. Intéressant. Le mois de mars débute bien avec les planches surréalistes de David B. à la galerie Anne Barrault puis… plus rien. C’est le confinement, c’est la fermeture des espaces culturels. Ce ne sont pas les expositions peu intéressantes, à l’exception de Miniatures. Le disque pour enfants en France (1950 → 1990), proposées par la Médiathèque Françoise Sagan dans le cadre de Formula Bula, festival annulé pour cause de rechute Covid généralisée, qui relèvent un bien pauvre bilan 2020.

2021

En 2021, le rythme n’augmente pas. Si les espaces culturels sont ouverts, les habitudes sont perdues, des réticences à passer de longs moments dans des espaces confinés et les jauges nécessitant des réservations préalables, sans oublier l’annulation du Festival d’Angoulême font qu’il faut attendre l’été pour retrouver le chemin des cimaises. Cela commence doucement à Compiègne avec À la lumière du soleil levant (car j’y suis un des intervenants), puis c’est Uderzo, comme une potion magique au Musée Maillol qui marque réellement cette reprise. Si l’exposition est un peu trop hagiographique (quelle surprise…), elle permet de se rappeler qu’Albert Uderzo était un dessinateur extrêmement doué. S’ensuit Elles font l’abstraction au Centre Pompidou. La manifestation est intéressante du point de vue de l’histoire de l’Art (et de l’effacement des femmes), il y a des pièces vraiment fascinantes, mais elle se révèle un peu trop répétitive et finalement un peu gavante. Cependant, le retour du Covid entraine un nouvel arrêt des expositions du dimanche, ce que ne compensent pas les quelques visites de galeries souvent peu intéressantes ou instructives. Au moins, elles sont gratuites. Pourtant, voir des planches originales de Jean-Claude Mézières à la Galerie du 9ème art ou de José Roosevelt (et de revoir l’auteur à cette occasion) à la galerie Achetez de l’Art est un réel plaisir. Néanmoins, cela fait peu à l’arrivée pour un bilan… Allez, on y croit pour 2022 même si janvier est parti pour un zéro pointé !