Baldur’s Gate 3, l’acte 1

Après une bonne soixantaine d’heures de jeu à Baldur’s Gate 3 et après avoir bouclé les actes 1 et 2 (sur 3) et exploré les environs de la Porte de Baldur, il est temps de faire un premier point sur un jeu assez énervant, frustrant et décevant, tout en restant captivant. En effet, Larian Studios a réussi l’exploit de faire un jeu que j’ai envie de jeter (virtuellement) à la poubelle, tout en ne pouvant pas m’empêcher d’y revenir afin de conclure cette aventure se déroulant à nouveau dans la fameuse ville située à Faerün. Le temps est venu d’écrire le premier acte (sur deux) de mon billet consacré à un des jeux vidéo les plus attendus de cette année 2023.

Une aventure prenante aux multiples possibilités

Le point fort de BG3 est la possibilité de faire de nombreux choix, que ce soit tant dans la création du personnage principal que durant l’histoire, notamment lors des dialogues. La gestion des conséquences de ces choix semble bien gérée (il me faudra finir au moins une première fois le jeu pour mieux juger lors d’une autre partie), même s’il apparait déjà que certains passages ont l’air d’être obligatoires, quelle que soit sa façon de jouer. Pour ma part, je n’ai pas choisi la facilité en privilégiant la force brute sur l’intelligence et la magie. En effet, les caractéristiques des personnages ont une influence sur la découverte et les dialogues, donc sur la façon de commencer puis de résoudre les (très) nombreuses quêtes secondaires. La variété dans les dialogues et des réactions rendent le jeu très vivant. Il en résulte un jeu très prenant et même addictif sur certaines phases. Indéniablement, la grande permissivité des choix dans le scénario est la grande réussite de l’équipe créative de Larian Studios. Par exemple, ayant raté la libération de Lae’zel après le crash du Nautiloïde (oui, j’ai pris à gauche là où j’aurai pu aller à droite à un embranchement), j’ai retrouvé bien plus tard notre teigneuse Githyanki qui avait réussi à se libérer elle-même. Je n’ai pas eu à retourner à ce fameux croisement pour pouvoir la recruter. D’ailleurs, tous les personnages dits « d’origine » sont recrutables et ont des quêtes associées, au point qu’il est difficilement envisageable de pouvoir toutes les faire.

Une difficulté absurde et reposant trop sur l’aléatoire

En mode normal, les nombreux combats sont trop difficiles à mon goût. Quelques avis m’avaient prévenu, mais j’ai voulu quand même tenter le coup. Mal m’en a pris lorsque les ennemis ont commencé à avoir un certain niveau. Les jets de dés sont trop souvent défavorables, du moins, je le ressent ainsi. On subit très régulièrement des réussites critiques avec des dégâts bien trop importants par rapport à ce qu’on inflige nous même (et pourtant, j’ai triché sur mes classes d’armure). Il faut dire que lorsqu’on est une équipe de quatre qui doit combattre une quinzaine (voire plus) d’ennemis (et que ceux-ci peuvent agir deux fois par tour et pas vous), ceux-ci ont automatiquement plus de chance que ça soit eux qui réussissent un massacre. Ces jets de dès sont, heureusement, invisibles durant les combats surtout avec des jets modificateurs pour prendre en compte les avantages et désavantages liés au terrain, à sa condition, à son arme, etc. Par contre, on passe son temps à faire des jets de D20 pour ouvrir une porte fermée à clé, ou à désamorcer un piège, ou pour « convaincre » les divers PNJ avec qui on interagit, etc. C’est rapidement assez gonflant. De plus, le résultat est trop souvent défavorable. Il est même impossible à atteindre lorsqu’il faut réaliser un score de 30 alors que le mieux que l’on puisse faire est 29. Étrangement, la réussite critique ne joue pas, là. Je sais bien que c’est le principe même des jeux de rôle de plateau, mais les deux Pillars of Eternity avaient su nous éviter ces moments qui cassent le rythme de l’histoire. Un site (malheureusement blindé de pubs) explique bien le mécanisme des dés dans BG3.

Un graphisme à la qualité relative

Ce n’est pas un jeu AAA et ça se voit : le moteur 3D (Divinity 4.0, une version améliorée de celui qui a servi à Divinity: Original Sin 2) de Larian Studio est plutôt limité. Certes, ce n’est pas aussi moche qu’un Shroud of the Avatar, mais quand on a passé des centaines d’heures à jouer à la franchise Horizon (Zero Dawn et Forbidden West), les cinématiques (surtout) et la représentation des personnages (les textures sont plutôt basiques), et bien, ça pique un peu les yeux, surtout quand on zoome au maximum sur un individu ou sur un bâtiment. De plus, l’animation desdits personnages est assez pitoyable tant elle est limitée dans les mouvements, les positions et les expressions. C’était bien la peine de faire du motion-capture… Ce sont toujours les mêmes mouvements et mimiques qui reviennent et ça lasse au bout d’un certain temps. Or, ces cinématiques sont très nombreuses, même quand elles ne servent à rien. À l’inverse, la représentation des lieux est réussie, heureusement vu le temps qu’on passe à arpenter les environs de la Porte de Baldur. Comme déjà dit, il s’agit de ne pas zoomer de trop près sur les bâtiments ou l’environnement car on s’aperçoit vite que les textures n’ont pas réellement de relief ; elles font vraiment plaquées sur des formes en 3D. La gestion des ombres, surtout sur les personnes, n’est pas terrible non plus. Pourtant ma carte graphique a toutes les options d’affichage au maximum. Mais bon, on s’y fait à la longue… et ça évite qu’on pleure l’absence d’un mode photo !

Vive les MODS

NexusMod propose un nombre très important de modifications à BG3 (c’est pour ça que j’ai acheté la version PC et non la version PS5). Mon billet « acte deux » reviendra plus longuement sur ce point lorsque j’aurai regardé de plus près tout ce qu’on nous propose. En fait, un seul MOD suffit à mon bonheur et me permet de tricher largement : Basket Full of Equipment. Et tant qu’à faire, autant récupérer la NSFW version qui ajoute un petit côté sexy (et sexiste vu que ça consiste surtout à déshabiller les personnages féminins) au jeu. En effet, outre de proposer des vêtements bien plus sympas que les horribles armures proposées par le jeu de base (je ne félicite pas le directeur artistique pour ses choix de design des armes et armures), on a la possibilité d’éditer leurs caractéristiques. On peut ainsi avoir un bikini (topless ou non) avec une classe d’armure 21. Il y a aussi quelques armes qui sont bien sympas et des anneaux modificateurs de caractéristiques qui sont très pratiques (indispensables même pour se faciliter la vie). En plus, avec le petit programme BG3ModManager, il est très simple à installer. Bref, un must have de mon point de vu de tricheur invétéré.

Conclusion

S’il y a trop de nombreux avis dithyrambiques et donc sans grand intérêt pour se faire une idée précise des qualités et des défauts du jeu, comme cela est trop souvent la règle sous l’influence des réseaux sociaux, d’autres sont rédigés avec un esprit plus critique. Une excellente vidéo YouTube résume assez bien l’impression que me laisse le jeu, en tant que non joueur des jeux de plateau situés dans l’univers des Forgotten Realms. Il me reste à terminer une première fois le jeu et le recommencer en jouant un peu plus intelligemment, ayant mieux compris les mécanismes de BG3.

Une réflexion sur “Baldur’s Gate 3, l’acte 1

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