Akari, la lumière du verre

Akari

Fumiyo Kagari, artisan vitrailliste qui a sa petite renommée, a vu sa vie basculer avec le décès de son épouse. Il n’a plus le goût à créer et à continuer de vivre comme avant, lui qui est au crépuscule de sa carrière. Un soir, il rencontre une jeune fille devant chez lui et pense qu’il s’agit de sa petite-fille dont il n’a plus de nouvelles depuis des années, étant fâché avec son fils. Akari semble perdue et en proie à des difficultés de logement. Sans la questionner, il lui propose de l’héberger pendant quelques temps. Le travail du verre et la création de vitraux vont permettre à ces deux êtres en perdition de trouver un nouvel élan, la motivation de continuer à vivre et, surtout, de créer. Malheureusement, un lourd secret bientôt révélé viendra tout gâcher.

J’avais raté cette excellente bande dessinée lors de sa sortie (y compris la chronique de Tachan), oubliant de suivre à l’époque les conseils de ma « conscience manga », toujours avisée. Cette dernière a donc décidé que ça ferait un excellent cadeau d’anniversaire et, comme d’habitude, elle avait totalement raison. Marco Kohinata, l’autrice, nous propose là une histoire poignante mais sans misérabilisme. Les (un peu moins de) 240 pages se lisent d’une traite, tant la narration est fluide malgré la présence de nombreuses analepses. Il est impossible de rester insensible à ce que vivent Fumiyo et Akari et nous voulons savoir ce qu’il va leur advenir, ce qui nous fait tourner les pages sans pouvoir s’arrêter.

De plus, nous apprenons quelques détails sur le métier de vitrailliste et de l’art de créer de la beauté avec des morceaux de verre. En effet, le propre grand-père de la mangaka a exercé cette activité, le manga permet de lui rendre un bel hommage. Le thème de la séparation, que ça soit par la mort ou par l’éloignement, est l’autre thème central du récit. La postface de l’autrice permet de comprendre que cette dernière s’est manifestement basée sur sa propre expérience familiale et d’étudiante en beaux-arts.

Si le manga est si facile à lire malgré des thèmes assez durs, c’est grâce à des personnages bien construits, d’excellents dialogues et une narration fluide. Celle-ci l’est grâce à un dessin personnel très réussi proposant différents rendus graphiques selon les besoins. Les pages muettes sont nombreuses et superbes. Les trois exemples donnés ci-dessus illustrent bien les présents propos. Le noir n’est pas utilisé pour les analepses mais plutôt pour rendre une ambiance. Les retours dans le passé se distinguent de l’instant présent grâce à un trait plus charbonneux, plutôt gris que noir. C’est beau, il n’y a rien à dire de plus !

Marco Kohinata travaille depuis 2015 en indépendante, proposant ses services d’illustrations (web, presse, livre), d’animatrice et exerçant aussi en tant que mangaka. Sans surprise, ses outils sont Photoshop, Procreate et Clip Studio. Elle a réalisé quatre mangas, tous des one-shots, trois sont sortis chez Shôgakukan. Ils ont été prépubliés dans Big Comics (Artiste wa Hana o Fumanai entre 2015 et 2017, Boku no Wasuremono en 2017 puis Hei no Naka no Biyôshitsu en 2019). Akari a été prépublié en 2022 dans le magazine Web Comiplex de l’éditeur Heros Inc. Elle a aussi publié deux recueils d’illustrations et dessine pour des romans. L’autrice est très discrète sur elle-même, tout en communiquant sur les réseaux sociaux. Elle vend aussi en ligne certaines de ses créations. Elle montre une autre façon de vivre de son art, celle issue du monde numérique. Très talentueuse, elle a été distinguée pour une de ses couvertures de roman, pour un de ses courts-métrages d’animation et pour deux de ses mangas.

Autrice : Marco Kohinata
Traducteur : Adrien Blouët
Éditeur : Le Lézard Noir
Prix : 19,00 €
Format : 16,50 x 23,50 cm
Nombre de pages : 240
Reliure : Broché
Couverture : Souple avec rabats
EAN : 9782353484256
Date de sortie : Décembre 2025

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