L’instant nostalgie : AOÛT 2006

Il fut un temps où je faisais des sorties photo, c’est-à-dire que nous nous retrouvions à deux, quatre ou plus pour prendre en photo un lieu. Il y avait eu une première fois début 2005 avec une visite du cimetière du Père-Lachaise. Il y a eu une autre visite photographique de ce même site en 2010. Les rallyes photos organisés à une époque par la FNAC (celle de Parly 2 en l’occurrence) ou de simples visites de quartiers parisiens (comme Javel) ont été d’autres occasions que j’évoquerai peut-être dans le cadre de cette série de souvenirs.

Durant l’été, Minh, une jeune mangaversienne, avait émis le souhait de voir des autruches. Ni une ni deux, j’ai alors organisé une petite visite dans une autrucherie. À l’époque, il fallait aller du côté de Provins pour trouver une ferme ouvrant ses portes aux touristes. Voilà une belle occasion de faire des photos en charmante compagnie que je n’allais sûrement pas laisser passer. Qu’il faille faire plus de 150 kms (78-92-77) pour y aller n’était pas un problème pour moi ni pour ma passagère. À propos de trajets en voiture, quelques années plus tard, nous sommes allés voir un concert d’Olivia Ruiz, là aussi en Seine-et-Marne, mais en moins loin. Et je ne parle pas de nos balades à Bruxelles ou à Genève. Bref, en voilà une qui ne rechignait pas à faire de la route. L’autrucherie a fermé depuis mais une autre a ouvert un peu au dessus de Bussy-Saint-Georges, ce qui est nettement plus facile pour y aller.

La photo

Provins — La photographe photographiée — Canon PowerShot A75

Deux réflexions

Entre 2005 et 2010, j’ai souvent laissé mon appareil réflex numérique à Minh (un 350D puis un 450D) . Elle avait une sensibilité artistique indéniable et son regard photographique état bien supérieur au mien. Du coup, je me contentais d’un petit APN compact. Résultat, j’avais tendance à prendre en photo la photographe plutôt que les environs. Cela avait d’ailleurs tendance à l’agacer dans certaines situations. J’en profite pour m’excuser envers toutes mes victimes. De plus, si je multiplie les prises de vues, c’est que prendre des photos à la volée (non, je n’ai pas dit « volées »), c’est que l’immense majorité des fichiers vont à la corbeille du disque dur car les images sont totalement ratées (très mal cadrées ou floues, sans parler de tous les autres défauts imaginables). L’avantage de ce prêt d’appareil est de devenir aussi un sujet, c’est ainsi que j’ai une petite série de portraits tout à fait réussis dont celui qui se trouve sur ma page Linkedin (mais il commence à dater). Car oui, je mitraille certaines personnes mais je ne rechigne jamais à être fixé sur « pellicule numérique ».

Je ne sais pas si c’est une bonne idée de se réclamer de la démarche de Nobuyoshi Araki. Pour le photographe japonais, il s’agit d’un acte de mémoire, l’appareil photo saisit le passé mais aussi le futur. On fixe un moment, un instant où le temps est stoppé. Pourtant, si on continue à créer ces instants, cela finit par refléter ce qu’est notre vie passée, présente et future. Voilà quelque chose qui me parle. Surtout, les photos de l’artiste ne sont pas le résultat d’une préparation, d’une trop grande conceptualisation et de réglages précis. Prendre une photo est un acte instinctif, le résultat dune impulsion vitale, mémorielle, érotique même. Araki précise qu’il multiplie les déclenchements pour ne garder que quelques photos, ce que j’ai tendance à faire. Après, je dois avouer que je ne suis pas très fan de ses séries de bondage même si quelques tirages parmi ceux que l’on a pu voir à Guimet en 2016 n’étaient pas inintéressants.

La photo bonus

Villiers-Saint-Georges— L’Autrucherie — Canon EOS 350D — Photo par Minh

L’instant nostalgie : JUILLET 2007

C’est l’été, les vacances scolaires ont commencé, la vingt-cinquième édition de Japan Expo va avoir lieu dans quelques jours. Cela fait plus de dix ans que je n’y mets plus les pieds et je dois avouer que cela ne me manque pas. Néanmoins, je suis systématiquement allé au Parc des expositions de Paris-Villepinte entre 2006 et 2015 et j’en garde quelques bons souvenirs. J’ai aussi été simple visiteur en 2003 et 2004 lorsque la manifestation avait lieu au CNIT de la Défense.

2006 n’est pas le meilleur « impact » que j’ai pu suivre, celui de 2007 a été bien meilleur. Cela se voit au nombre et à la qualité des photos prises à l’époque. Toutefois, si l’édition 2006 n’était pas très intéressante, j’en ai retenu une : la photo bonus montre le système de transport SK mis en service en 1986. Il s’agit de sa dernière année de fonctionnement. En effet, il était dans un grand état d’abandon en 2007. C’était un système de transport par petites cabines sur rails tractées par câble. C’était rigolo à défaut d’être rapide (on allait aussi vite à pieds).

J’ai donc préféré montrer ici l’entretien avec la bédéaste Ji Di présente en 2007 à l’occasion de la sortie du premier tome de sa série (interrompue au troisième opus en version française) My Way, éditée par l’éditeur Xiao Pan. Cet entretien est toujours disponible sur le site « Des Mangaversien·ne·s à… » pour celles et ceux qui voudraient se souvenir de cette époque disparue.

La photo

Villepinte — Japan Expo — Canon EOS 350D

L’anecdote

J’ai toujours privilégié les entretiens directement dans la langue de l’artiste interviewée, qu’ils soient réalisés oralement comme à Japan Expo ou à l’écrit par mail. Cette habitude, commencée en 2007, a perduré pour les rencontres avec Setona Mizushiro en 2008 et Tôko Kawai en 2011 organisées pour la revue Manga 10 000 images. Pour JiDi, l’entrevue s’était déroulée en mandarin grâce beanie_xz dont il s’agit de la langue natale. Pour Setona Mizushiro, l’entretien avait eu lieu en japonais grâce à mon compère Hadrien de Bats dont la facilité à l’oral a bluffé les professionnels de l’édition présents dans la pièce (je vous confirme que son écrit est lui-aussi excellent). Surtout, ça a vexé l’interprète qui a très mal pris le fait d’être mise à l’écart par notre attitude « Non non, on n’a pas besoin de vous, c’est bon, merci ». Elle a boudé dans son coin tout le long les échanges, ha ha ! Pour Tôko Kawai, c’est Marie-Saskia Raynal, traductrice et parfois interprète au Festival d’Angoulême (notamment pour Range Murata en 2009) qui s’y était collée. Là, ça s’était mieux passé : comme pour JiDi, l’interprète prévu·e était bien content·e de pouvoir se reposer un peu. Pour nous, cela permettait, dans le même temps imparti (souvent d’une petite demi-heure), d’avoir au moins le double d’échanges.

La photo bonus

Villepinte — Parking du Parc des expositions — Canon PowerShot A75

L’instant nostalgie : JUIN 2006

Retour aux photos touristiques, en France, en Haute-Savoie… Entre 2003 et 2010, je suis allé au Festival International du Film d’Animation d’Annecy en tant que « professionnel ». J’avais l’habitude d’y retrouver Morgan, notre cheffe mangaversienne à toutes et à tous. Elle faisait des comptes-rendus sur son site tellement vivants que ça donnait à tout le monde l’envie d’y aller. Il y avait aussi Eyefire, un mangaversien lyonnais. Après quelques éditions, j’avais pris l’habitude d’avoir des invité·e·s (surtout des invitées) pour leur faire découvrir en vrai la manifestation. C’était mes vacances d’été car j’étais présent plusieurs jours. J’ai arrêté d’y aller par manque d’intérêt : Morgan avait son programme de plus en plus réduit et personnel, on se voyait à peine, Eyefire n’y allait plus, et je n’avais plus personne à inviter (je déteste être seul sur les festivals, conventions, expositions, projections et autres manifestations). Surtout, il y avait de moins en moins de courts métrages (ahhh, les joies du film de 20′ polonais bien déprimant 🙂 ) qui étaient de plus en plus remplacés par des longs métrages, surtout japonais (vous ai-je dit que je déteste, même s’il y a quelques rares exceptions, l’animation japonaise ?). Il n’empêche que ça fait d’excellents souvenirs et pas mal de photos dans ma photothèque.

La photo

Annecy — Palais de l’Isle — Canon EOS 350D

L’anecdote

2006 n’est pas la meilleure édition que j’ai pu suivre, je n’en ai pas de grands souvenirs. Il faut dire que ma présence a été écourtée par le vol de mon PC portable dans la chambre d’hôtel où je l’avais laissé. Du coup, retour précipité à la maison pour changer par sécurité les mots de passe personnels et ceux pour mes accès clients. Inutile de dire que je ne suis jamais retourné dans cet hôtel qui laissait les portes des chambres ouvertes lors du ménage et qui n’a rien pu faire d’autre que me rembourser les nuitées non effectuées (c’est déjà pas mal). Je n’ai pas changé d’assurance mais ça aurait mérité de le faire : pas d’effraction, pas de dédommagement.

La photo bonus

Annecy — Bonlieu — Canon EOS 350D — Photo par Eyefire

L’instant nostalgie : MAI 2006

Continuons donc mon tour d’Europe francophone… Durant les années 2000, j’ai eu l’occasion d’aller un certain nombre de fois à Bruxelles, la communauté mangaversienne belge étant assez importante à cette époque. Les Judge Fredd, Shun et Marie (pour donner quelques exemples) ont marqué le forum par leurs différents messages. Pour autant, je n’ai joué au touriste qu’à trois ou quatre reprises, avec notamment deux visites à l’Atomium et une au Centre Belge de la Bande Dessinée (en solo dans ce dernier cas, malheureusement).

La photo

Bruxelles — Vue sur Brussels Expo à partir de l’Atomium — Canon PowerShot A75

L’anecdote

Ce n’est qu’à partir de 2006 que j’ai pu visiter l’Atomium, ma première tentative s’étant soldée par un échec. En effet, le célèbre monument bruxellois (avec le Manneken-Pis, vu dès 2003) était fermé depuis mars 2004. Il venait juste de rouvrir, tout neuf. Sa couverture en aluminium, qui avait très mal vieilli, avait été remplacée par des plaques en acier inoxydable du meilleur effet. C’est ce revêtement que l’on peut apprécier sur la photo, prise au niveau de la sphère supérieure.

La photo bonus a été prise en avril 2008 avec un Canon EOS 350D équipé d’un objectif MS Peleng 3.5/8A qui permet de prendre des photos à 180° en 24×36. Ici, du fait d’un capteur APS/C, l’angle n’est plus que de 112,5° et ne permet pas d’inscrire la scène dans un cercle. Ce n’est donc pas une photo dite fish-eye.

La photo bonus

Bruxelles — Un des escalators situés dans les tubes obliques — Canon EOS 350D

L’instant nostalgie : AVRIL 2006

Retour à une photo « de carte postale » à la qualité relative. Il faut dire que le mois d’avril n’est pas la meilleure période de l’année pour avoir une belle lumière. J’aurai pu attendre un autre mois pour poster une photo plus ensoleillée. En effet, je suis allé souvent à Genève entre 2004 et 2009 pour voir deux jeunes mangaversiennes. Cependant, une fois l’une trop prise par ses cours en pharmacologie et l’autre étant venue poursuivre ses études à Paris après Genève et Oxford, je n’ai plus réellement eu de raison de faire les 550 kilomètres (6 heures de voiture) nécessaires, même si ce passage était systématiquement combiné avec une venue à Annecy et/ou Lyon. Je prévois de poster une ou deux autres prises de vue genevoises, au moins lorsqu’on sera sur l’année 2009.

La photo

Genève — Vue du lac et de son fameux jet d’eau à partir des Pâquis — Canon PowerShot A75

Les anecdotes

Ces cinq années m’ont permis de visiter à fond Genève et d’être un touriste aguerris. J’étais même un client régulier de la librairie BD L’Oreille Cassée (elle existe toujours). C’est comme ça que j’ai pu acheter La Ville de José Roosevelt, sa première bande dessinée à la diffusion plutôt confidentielle. Par contre, impossible de me souvenir si c’est à l’occasion de ce passage ou d’un précédent. Un événement dont je me souviens bien, c’est d’avoir voulu passer avec Cammyn de l’autre côté de la jetée arrosée par le jet d’eau un soir d’octobre 2004. Je peux vous dire que ça mouille, on s’est retrouvé détrempé comme on ne l’a jamais été en un instant. Pas très malin mais très amusant… Genève est aussi la capitale de la haute horlogerie, c’est donc tout naturellement qu’il y avait un musée dédié aux montres et au temps qui passe. La Cité du temps venait juste d’ouvrir quand je suis allé la visiter en compagnie de beanie_xz. Il faut désormais aller à Bienne (qui se réclame aussi comme étant la capitale mondiale de l’horlogerie) mais le lieu propose toujours sa collection de montres Swatch ainsi que des expositions et diverses activités.

La photo bonus

Genève — Exposition Nivarox et Breguet à La Cité du Temps — Canon PowerShot A75

L’instant nostalgie : MARS 2007

Malgré son total insuccès (attendu), je poursuis mon projet « L’instant nostalgie ». Je ne sais pas combien de temps je supporterai un tel bide, mais pour l’instant, allons-y ! N’ayant aucune photo intéressante sur le mois de mars 2006, j’ai dû sauter une année. Il s’agit d’une activité non-mangaversienne mais je n’en suis pas si loin tant le projet Web Mangavoraces des Éditions Akata reposait sur la participation de nombreuses bonnes volontés venues de Mangaverse, à commencer par Morgan, notre webmistress.

La photo

Roissy-en-France — Aéroport CDG — Canon EOS 350D

L’anecdote

Dominique Véret, alors directeur éditorial manga pour les Éditions Delcourt et dirigeant d’Akata, voulait mettre en avant un de ses titres préférés, Amer Béton de Tayou Matsumoto. Il l’avait édité une première fois à l’époque où il officiait chez Tonkam, entre 1996 et 1997. À l’occasion de la sortie en France (en mai 2007) du film éponyme réalisé par Michael Arias au sein du studio d’animation japonais Studio 4°C et de la publication de la version intégrale du manga (en avril 2007), une rapide rencontre avait été organisée entre Dom et Michael, avec la présence de Caf’, responsable de la partie manga au sein du magazine Coyote Mag. Pour ma part, je faisais fonction de « taxi » et de photographe avant de devenir le rédacteur en chef d’un dossier mis en ligne sur Mangavoraces (et de voir à cette occasion le film en avant première, lors d’une projection presse). Michael Arias était entre deux avions, arrivant d’un festival en Corée du Sud (si je me souviens bien) et repartant pour un autre festival (je ne sais plus où). L’espace restreint d’un coin de bar dans le terminal 2 ne m’avait pas permis de trouver de bons angles de prise de vue. De plus, la faible luminosité m’avait obligé à utiliser le flash intégré (je n’avais pas encore investi dans un Speedlight) et je n’avais pas encore pris l’habitude d’enregistrer mes photos en RAW. Bref, cette photo souffre de nombreux défauts, mais elle matérialise ce qui reste un excellent souvenir. Nous voyons ici Dominique Véret présenter une version en cours de finalisation de l’intégrale, discuter des différences entre les deux médiums et questionner le réalisateur sur sa vision de l’histoire.

Le site bonus

Pas de photo mais un site bonus : le dossier Amer Béton.

L’instant nostalgie : FÉVRIER 2006

Poursuivant ce projet nostalgique, je m’attaque donc à février 2006. Ce mois a été surtout marqué par un week-end passé à Strasbourg et dans les environs alsaciens afin d’y rencontrer les mangaversiens et la mangaversienne du coin. C’était mon deuxième passage dans une capitale alsacienne que je fréquentais très régulièrement une grosse quinzaine d’années auparavant, pendant mon service militaire à Offenbourg en RFA (ça existait encore à l’époque). En effet, je ne rentrais pas sur la région parisienne toutes les semaines, bien au contraire. En tant qu’officier (aspirant puis sous-lieutenant), j’étais logé en secteur civil et j’avais toute liberté pour organiser mes week-end.

La photo

Strasbourg — Vue sur le quartier de La Petite France à partir du Barrage Vauban — Canon PowerShot A75

L’anecdote

Arrivé avec Pitite Kourai le vendredi soir sur le tard à l’hôtel, nous sommes allés directement manger dans le restaurant de la zone hôtelière. Erreur de ma part ? Difficile à dire, mais en attendant le plat principal, j’ai voulu manger un petit pain (pas un dampfnüdel mais un de boulangerie, à la croute bien épaisse). Mal m’en a pris car en le croquant, je me suis cassé une molaire. Plus exactement, elle s’est fendue en deux… Je peux vous dire que ça fait mal et qu’il a fallu que je traine cette douleur lancinante pendant quelques jours avant que mon dentiste puisse arracher les deux moitiés. Cependant, cela ne m’a pas empêché d’apprécier cette petite balade dans l’Est de la France, étant en excellente compagnie.

La photo bonus

Au restaurant, avec de la Fisher Doreleï — Photo par Pitite Kourai — Canon PowerShot A75