Huberty & Breyne, une nouvelle galerie

Une nouvelle galerie consacrée à la vente d’originaux de bandes dessinées vient d’ouvrir sur Paris. Nous avons profité d’un samedi ensoleillé en cette fin de mois d’octobre pour aller la visiter et voir une rétrospective consacrée à Daniel Torres, un auteur espagnol, tenant de la ligne claire, dont le graphisme n’est pas sans évoquer à certains moments celui d’Yves Chaland dont l’exposition s’achevait au même moment du côté d’Odéon.

Le lieu sis au 20 rue Chapon n’est pas vraiment une nouvelle galerie mais plutôt une extension de celle située au 19-21. Huberty et Breyne est une galerie d’art contemporain spécialisée en bande dessinée fondée par Alain Huberty et Marc Breyne en 1989. Elle propose trois espaces pour ses expositions, deux à Paris (Matignon et Chapon) et à un Bruxelles (Châtelain). Marc Breyne est parti fin 2025, la galerie devant changer prochainement de nom pour ne garder que le patronyme Huberty. J’ai déjà eu l’occasion d’aller une fois rue Chapon avec a-yin pour faire mon fan-boy devant les planches de Fabrice Neaud en 2023 mais je suis allé plus souvent à l’espace Matignon.

Pour cette ouverture, c’est l’artiste espagnol Daniel Torres qui a été choisi. Il est un représentant plutôt connu du dessin catégorisé « ligne claire ». Il a surtout été publié en France dans les années 1980 et 1990 grâce aux magazines Métal Hurlant et (À SUIVRE). Il a ensuite disparu des étals des libraires, ce qui explique que son nom ne me disait strictement rien au moment où Tanuki, un membre de notre groupe de mangaversien·ne·s / bulledairien·ne·s, a proposé d’aller voir à quoi ressemblait ce nouvel espace. Un autre membre du groupe, Pierre, qui avait raté l’annonce de cette exposition (honte à lui), était motivé, tout fan d’Yves Chaland qu’il est. Pour ma part, comme a-yin, j’étais plus là pour la bédéaste suédoise Linnea Sterte dont j’avais remarqué le dessin soigné à l’occasion de sa dernière BD, Un jardin de sphères. Elle et Sophie Crumb sont exposées au 19-21.

Daniel TORRES. Rétrospective

C’est donc en parfait néophyte que j’ai découvert un artiste que j’aurai qualifié un peu trop rapidement de « sous-Chaland », montant ainsi l’étendue de mon ignorance, ce style graphique se limitant, dans mon esprit à Joost Swarte, Yves Chaland, Floc’h, Serge Clerc et Ted Benoit, autant d’auteurs qui ne m’ont jamais intéressé. Ce que j’ai retenu de cette exposition-vente, c’est que ce mouvement artistique continue à m’indifférer tant une grande partie de la bande dessinée franco-belge des années 1980-1990 n’arrive pas à me plaire. Par contre, j’ai apprécié les hommages / influences que l’on pouvait voir sur certaines illustrations. Et je suis un peu moins ignare, c’est toujours ça de pris. Maintenant, place aux photos !

Voici des prises plus au plus près concernant six planches et illustrations de l’auteur tout à fait représentatives de son travail.

L’exposition-vente fermera ses portes le 21 novembre. Les fans pourront ensuite se rendre à Bruxelles à la galerie Champaka pour y admirer une cinquantaine d’illustrations architecturales : « Human Architecture ».

Linnea STERTE. L’invitation au voyage
Sophie CRUMB, Aline KOMINSKY-CRUMB. En toute liberté

Deux autres expositions-ventes sont proposées en même temps, plus petites, forcément, la première au 19, l’autre au 21 (on passe de l’une à l’autre sans avoir besoin de ressortir). Linnea Sterte n’est pas une inconnue en francophonie. En effet, elle est traduite ici depuis 2018, principalement grâce aux Éditions de la cerise. Elle a aussi été publiée l’année dernière par Dargaud avec Cat Café, une histoire de chats anthropomorphes où l’on suit Ophélia, une jeune apprentie qui doit remplacer sa sœur au pied levé dans un café haut de gamme situé en bord de mer. Nulle planche de ce titre dans l’exposition, il faudra « se contenter » d’Un jardin de sphères et d’Une rainette en automne. C’est un peu dommage tant l’histoire de Cat Café propose aussi un dépaysement certain (et de nombreuses pâtisseries). Cependant, entre le manque de place et deux éditeurs différents, cela n’est pas surprenant.

La troisième exposition est consacrée à Sophie Crumb et à sa mère Aline Kominsky-Crumb (qui avait fait l’objet d’une exposition à Formula Bulla en 2025). Les travaux des deux autrices sont mélangés afin de montrer une « transmission artistique rare » (dixit le dossier de presse). Effectivement, il n’était pas tout le temps évident de deviner qui avait fait quoi. Il fallait souvent chercher la signature au coin d’une case pour se rendre compte que l’on s’était trompé. Après, n’étant pas fan du mouvement underground américain, tout ceci ne m’a pas passionné. Néanmoins, il est toujours intéressant de voir à quel point la bande dessinée féminine peut être crue et sans far. Cependant, ayant lu le recueil Wimmen Comix, je n’ai pas été surpris.

Paris | Chapon
19-21 et 20 rue Chapon, 75003 Paris
Métros : Arts et Métiers ou Rambuteau
Du mercredi au vendredi 13h30-19h, samedi 12h-19h

Yves Chaland, une œuvre (exposition)

En ce qui me concerne, cette rentrée est riche en expositions parisiennes liées à la bande dessinée. Du fait de leur intérêt, entre fin aout et début octobre, me voici à écrire un troisième compte-rendu. Cette fois, il s’agit de se rendre compte de l’incroyable virtuosité d’un des représentants de la « nouvelle ligne clair » : Yves Chaland, auteur que je connais surtout de réputation, n’ayant pas lu grand-chose de ses créations. Je profite cette fois de l’ouverture d’une nouvelle galerie d’art consacrée à la bande dessinée et à l’illustration qui a en plus la bonne idée de se situer proche du quartier Saint-Michel, à Odéon où je suis avec mes petit·e·s camarades mangaversien·ne·s tous les samedi matin.

Jusqu’à la fin du mois d’octobre, à l’occasion de son inauguration, la galerie Antoine Mathon présente une centaine de planches d’Yves Chaland. Il ne s’agit pas exactement d’une expo-vente car peu d’originaux sont à vendre en plus de quelques sculptures et sérigraphies. Néanmoins, vu les tarifs, la galerie devrait largement s’y retrouver (plusieurs pièces sont à 15 000 € et la plupart ont trouvé preneur). Il faut dire que l’auteur est mort très jeune d’un accident de voiture (il avait 33 ans en 1990) et que ses planches sont donc rares sur le marché de l’art. De plus, son œuvre a marqué plusieurs générations de lecteurs qui constituent une « fan base » active, à l’exemple des « journées Chaland » qui se déroulent tous les ans pendant plusieurs jours à Nérac. En effet, une association a été créée en 2007 pour faire vivre la mémoire du bédéaste / illustrateur / maquettiste et promouvoir son travail.

Yves Chaland s’est beaucoup inspiré de Jijé, mais aussi de Maurice Tilleux, ce qui se remarque dans de nombreuses planches. Néanmoins, il maitrisait aussi le dessin réaliste à l’américaine, celui que l’on pouvait lire dans les comics d’horreur ou d’aventure. Il était fasciné par les années 1950 et cette fascination traverse l’ensemble de ses travaux. Il a suivi les cours de l’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne à partir de 1975 mais il a abandonné ses études avant la fin pour se consacrer entièrement à la bande dessinée. En effet, grâce à sa participation dans un fanzine étudiant, il a été remarqué par le magazine parisien Métal Hurlant où il a débuté professionnellement en 1978.

Chaland n’a pas attendu d’avoir plusieurs séries à son actif pour devenir illustrateur à succès pour la publicité et pour la presse (Bayard). Le rez-de-chaussée de la galerie rend assez bien compte des débuts du dessinateur durant les années 1974-1979. Une planche réalisée alors qu’il n’a que 14 ans est assez impressionnante par ses qualités. Ses histoires courtes brocardant gentiment le Major Fatal de Moebius sont elles aussi stupéfiantes de maitrise des différents styles graphiques mis en œuvre. Si la première série de Chaland est Bob Fish publiée dans Métal Hurlant en 1980, c’est pour les défuntes éditions belges Magic-Strip qu’il crée en 1981 le personnage de Freddy Lombard, accompagné de ses acolytes Dina et Sweep. Ils vivront cinq aventures, quatre étant publiées par Les Humanoïdes associés entre 1984 et 1989.

C’est sans surprise que la majeure partie de planches exposées relève de la série Les Aventures de Freddy Lombard. L’étage nous permet aussi de voir quelques strips du Spirou (inachevé) de Chaland. Il se place résolument dans la lignée de Jijé, totalement en décalage avec les univers graphiques de Fournier et des autres repreneurs de Spirou qui officient depuis l’arrêt de Franquin. Il s’agit d’un véritable « vu par » avant l’heure. Dommage que l’équipe éditoriale du journal n’ai pas compris à l’époque l’intérêt de cette démarche artistique. Quelques pièces montrent le travail de l’auteur sur Le Jeune Albert, son chef-d’œuvre d’après de nombreux fans.

Cette exposition s’est révélée être une excellente surprise, très intéressante, qui aurait mérité un catalogue, même de taille modeste. Certes, cela aurait représenté un certain investissement financier et beaucoup de travail mais ça aurait un marqueur pour cette nouvelle galerie, gérée par un passionné très sympathique. Il faut dire que l’un d’entre nous en a profité pour acheter une des sérigraphies proposées à la vente, en vrai fan de Chaland qu’il est 🙂 .

Galerie Antoine Mathon
19 rue Racine – 75006 PARIS
Du mercredi au samedi, de 14 h à 19 h 30
Exposition Yves Chaland, une œuvre jusqu’au 31 octobre

L’instant nostalgie : OCTOBRE 2007

Continuons donc avec l’année 2007, n’ayant rien de bon à proposer sur l’année précédente. À cette époque, j’allais souvent à Annecy et je poussais régulièrement jusqu’à Genève. En ce mois d’octobre 2007, à l’Espace Piano Nobile, nous pouvions admirer de nombreux Post-it© formant de courtes bandes dessinées et autres créations graphiques grâce à la parution fin août du numéro spécial Bile Noire 10×10 de l’éditeur genevois Atrabile (il est toujours possible de l’acheter au prix de 20,30 €). Il s’agit du catalogue de l’exposition 10×10 proposée pour re-fêter les dix ans, exposition qu’il avait été possible de voir début septembre à Lausanne à l’occasion de la troisième édition de BD-FIL. Elle a aussi été présentée l’année suivante au Festival international de bande dessinée Fumetto à Lucerne. En France, il a été possible de la voir en 2009 à l’occasion de la première édition de Pierre Feuille Ciseaux de l’association ChiFouMi.

Avec la mangaversienne beanie_xz en guide locale (désormais, elle est parisienne), amatrice de bandes dessinées bizar… pardon, alternatives, créatives et originales, je suis donc allé visiter cette fameuse exposition sise entre la gare de Cornavin et le Rhône. Comme pour une des deux photos nostalgiques du mois de mai, les trois proposées pour ce mois d’octobre ont été prises avec un Canon EOS 350D équipé d’un objectif MS Peleng 3.5/8A. Je rappelle que ce dernier permet de prendre des photos à 180° en 24×36. Ici, du fait d’un capteur APS/C, l’angle n’est plus que de 112,5° et ne permet pas d’inscrire la scène dans un cercle. Ce n’est donc pas une photo dite fish-eye. La première photo bonus a été recadrée.

La photo

Genève — L’Espace Piano Nobile, rue Lissignol — Canon EOS 350D

L’anecdote

Comme l’association ChiFouMi l’explique sur son blog, monter l’exposition 10×10 demande de coller individuellement environ 2 000 Post-it© ce qui représente un travail considérable. En effet, une vingtaine de carrés sont exposés, réalisés par dix-neuf auteurs et autrices d’Atrabile. Les carrés sont, pour la plupart, formés de 10 lignes et de 10 colonnes composées de Post-it© de couleurs différentes, même si le jaune fluo est dominant. Ils peuvent former des dessins, des bandes dessinées, des mélanges de texte et d’image. Ils peuvent même être en partie défaits au point de se retrouver par terre. Pas de doute, nous sommes dans un univers d’art contemporain…

Les deux photos bonus

Genève — Oh, la petite curieuse ! — Canon EOS 350D

Genève — L’exposition 10×10 — Canon EOS 350D

L’instant nostalgie : SEPTEMBRE 2007

Alors que la 91e édition de la Fête de l’Humanité vient d’ouvrir ses portes pour trois jours, l’occasion est belle (bien plus que mes photos du jour) de revenir sur ma dernière visite du festival, en 2007. C’était la deuxième fois que j’allais au Bourget pour voir (et écouter) des concerts (la première était en 2004). Je pourrai même parler de seconde fois étant donné que je n’y suis jamais retourné. Ce n’est pas le déménagement de la manifestation dans l’Essonne en 2022 qui risque de me faire changer d’avis dans un futur plus ou moins proche.

Sur la suggestion de Pitite_Kourai (une de mes partenaires de concert), je me suis retrouvé un samedi au Bourget sans l’avoir vraiment prévu. Aller voir en charmante compagnie des groupes appréciés comme Luke (que j’avais déjà vu deux ans auparavant à L’Élysée Montmartre où, malgré mon relatif jeune âge, je faisais un peu vieux dans le public) et Razorlight, je n’allais pas refuser. De plus, ça a été pour moi l’occasion de découvrir Mademoiselle K (que j’ai apprécié en concert au point d’acheter ses CD les mois suivants). Un bon souvenir, l’un dans l’autre, même si je n’y suis jamais retourné…

La photo

Dugny — Tout comme moi, Bob l’éponge ne s’intéresse pas à la prestation d’Ayọ — Nikon Coolpix S500

Septembre, pas un mois pour des photos de qualité

Tant que durera cette série, le mois de septembre sera difficile à illustrer tant je fais peu de photos à cette période de l’année. Résultat, il n’y a pas grand-chose de folichon à afficher. Je n’ai rien de bon en 2006, j’ai regardé l’année 2005, pas mieux, et les années suivantes, il n’y a vraiment rien de réussi. Je sais pas si je choisirai une de mes photos d’une expo à Orsay en 2008 où je me suis plus focalisé à capturer des images de beanie_xz (elle venait d’arriver à Paris, il faut me comprendre) que de réaliser de beaux cadrages des lieux. Au moins, si je fais ce choix, j’aurai une super photo bonus où je pose devant L’Origine du monde 🙂 .

La photo bonus

Dugny — Luke en concert — Nikon Coolpix S500

La cinq cent cinquième !

Fin aout, notre petit groupe parisien de Mangaversien·ne·s a visité l’exposition de bandes dessinées CLING ! à la Monnaie de Paris. Cela faisait longtemps que je n’avais pas mis les pieds dans la vénérable institution sise quai de Conti. Il s’agissait de Woman House. Notons que CLING ! est, en ce qui me concerne, la cinq cent cinquième exposition mangaversienne ! Pour marquer le coup, voici un petit compte-rendu abondamment illustré et agrémenté d’une galerie photo proposant un complément visuel au présent billet. En tout, 46 photos vous sont proposées.

L’exposition était organisée autour de huit archétypes et elle était composée de douze salles de taille et d’intérêt variable. Étant soutenue par la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image, je m’inquiétais d’un manque d’originalité concernant les planches exposées, ayant visité au fil des ans de nombreuses manifestations présentant les réserves de la structure angoumoisine. Heureusement, il n’en a rien été, les planches, illustrations et autres documents provenant d’autres sources la plupart du temps. En fait, c’est le fonds des imprimés qui a fourni de nombreux ouvrages (livres ou magazines). S’il y avait plusieurs pièces provenant de la superbe collection de MEL Publisher, d’autres, américaines, provenait du « stock » de 9e Art Référence, ce qui m’a permis de comprendre pourquoi la galerie du 9e art propose chaque année une exposition « American Classics » présentant à chaque fois de superbes pièces, variées et d’époques diverses. De nombreuses collections d’auteur ou privées ont permis à CLING ! d’être une exposition vraiment intéressante.

Voyage dans une pièce

Il s’agissait d’une petite salle « interrogeant la mesure de l’univers » autour de la bande dessinée éponyme tirée de la série américaine Brick Bradford (1937, dessin Clarence Gray et scénario William Ritt). Heureusement qu’il y avait aussi du Schuiten, du Chaland et du Franquin pour bien lancer l’exposition. J’avais déjà eu l’occasion de voir la planche de l’Atomium, source de souvenirs pour moi.

Introduction des archétypes

L’impressionnant salon Guillaume Dupré accueillait d’immenses kakemonos suspendus ainsi que des espaces de lectures de bandes dessinées. Sympa, mais beaucoup d’espace perdu. De plus, en matière d’impact, ça ne valait pas l’araignée géante de Louise Bourgeois à l’occasion de Woman House ou l’assemblage de boules de verre de James Lee Byars vu lors d’À pied d’œuvre(s).

Aventurières & aventuriers

Celle salle présentait les trois thèmes chers à Thierry Groensteen : principalement l’aventure et le dépaysement, le merveilleux étant représenté uniquement par la superbe peinture d’un dragon par Adrien Smith. Proposant vingt-cinq pièces d’exception, c’était l’occasion d’admirer des planches de Lucky Luke, de la période pré-Gosciny, celle que je préfère. Le Spirit, Mandrake le magicien, le Fantôme du Bengale, Brick Bradford, etc. étaient présents grâce à des strips d’époque. Ajoutez à cela une planche de Blueberry, du Barbe-Noire, et même une planche de La Nouvelle île au trésor datant de 1947 d’Osamu Tezuka, on peut dire que les commissaires de l’exposition ne se fichaient pas de nous. Impressionnant !

Voleuses & voleurs

Ce n’était pas la salle la plus intéressante à mes yeux, et de loin. Beaucoup de planches issues de l’école dite « de Marcinelle », sauf que je n’ai jamais été fan des productions du Journal de Spirou. Franquin, Peyo, Roba, etc. m’ont toujours laissé de marbre. Les Rapetou étaient représentés par Don Rosa dont je n’aime pas le trait que je trouve infiniment moins bon que celui de Carl Barks. Heureusement, il y avait à nouveau du Will Eisner. Le « mur » de 29 cartes à gratter composant une histoire complète de Thomas Ott faisait son petit effet.

Épargnantes & épargnants

Là aussi, du Roba et du Peyo. Il y avait surtout beaucoup de pièces de monnaie à l’effigie de personnages de BD. Il y avait aussi de nombreuses tirelires meublant la partie courbe de la pièce. Amusant… Il y avait surtout du Caran d’Ache, trois strips d’Ernie Bushmiller (Nancy) et Uderzo avec Asterix chez les Helvètes avec le dessin de la couverture et une planche hilarante (j’ai raté la photo). L’un d’entre nous (Pierre) était bien content de revoir du Yves Chaland.

Marginales & marginaux

Voilà une salle qui apportait un peu de variété mais que j’ai un peu oublié de photographier. Martin Branner (Winnie Winkle) côtoyait Edika, Franquin, Gotlib, Pichard… mais aussi Vuilllemain et Gilbert Shelton (The Freaks Brothers). Pour mon plus grand plaisir, il y avait aussi trois planches de Fabrice Neaud. Un superbe parcmètre trônait contre un mur, au milieu de la salle, me rappelant celui de l’exposition Le monde de Franquin à la Cité des Sciences et de l’industrie de Paris en 2005.

Milliardaires

C’est sous le regard d’un Elon particulièrement haineux (Nicolas de Crécy ne l’a pas raté pour notre plus grand plaisir) que la salle dédiée à la richesse proposait une dizaine de planches et illustrations mettant particulièrement en valeur Picsou. La présence de deux planches de Carl Barks issues d’un des ses meilleurs récits faisait plaisir à voir, même si le lien avec le thème était très ténu. J’ai particulièrement apprécié le panneau composé de 25 numéros de Picsou Magazine dont j’ai un certain nombre (mais pas en aussi bon état).

Joueuses & joueurs

Dans une salle dédiée à un Monopoly géant revisité par Coco, ce sont, entre autres, de très belles planches de Lucky Luke qui nous attendaient, avec l’incontournable Pat Poker de Morris, mais aussi avec les cousins Dalton à l’occasion d’une mémorable partie de cartes les opposant à Lucky Luke. Nous avons pu aussi voir la couverture d’un numéro de la série Batman mettant en avant Double Face ainsi qu’une illustration de ce dernier par Brian Bolland.

Faussaires

Voilà une salle qui remettait en valeur Yves Chaland par le biais de du jeu de société adapté de sa bande dessinée Le Testament de Godefroid de Bouillon. Deux planches du titre l’accompagnaient par cette occasion. Il y avait aussi deux de ses faux billets, un à l’effigie de Charles Trenet, l’autre à celle de Léon Zitrone. Il était aussi possible d’admirer une nouvelle planche de Mandrake le magicien. Surtout, il y avait du manga avec la projection d’un extrait du Château de Cagliostro de Hayako Miyazaki, d’une illustration couleur de Monkey Punch (Lupin III) et de quelques planches de Yûchi Yokoyama (XXXe siècle, récit issu de cases inutilisées pour Plaza).

Alchimistes

Une fois passée une petite pièce où le robot Mikki (voir la photo dans la galerie dédiée) semblait compter les pièces sur lesquelles il était assis, la visite se terminait par une dernière salle dédiée à l’alchimie, celle qui change le plomb en or ou celle de la pierre philosophale. L’occasion nous était ainsi donnée de voir, entre autres, du Pratt, du Moebius, du Mézières, du Druillet, à nouveau du Peyo mais aussi une planche de Hal Foster et les trois premiers volumes de Promethea d’Alan Moore parus en français chez Semic .

Le passage vers la boutique permettait de voir les originaux des archétypes, bien plus petits que les représentations que l’on avait pu voir dans les salles précédentes. La boutique proposait nombre de bandes dessinées, certaines n’ayant pas un rapport direct avec les originaux exposés. Bien entendu, diverses figurines, goodies en tout genre, et l’incontournable catalogue (vendu à un prix correct) étaient proposés aux visiteurs sur le départ. À l’arrivée, voilà une exposition intéressante par son approche, proposant bien plus de variété que prévue. Une bonne visite, confirmant mon impression de qualité des manifestations proposées par la Monnaie de Paris.

L’instant nostalgie : AOÛT 2006

Il fut un temps où je faisais des sorties photo, c’est-à-dire que nous nous retrouvions à deux, quatre ou plus pour prendre en photo un lieu. Il y avait eu une première fois début 2005 avec une visite du cimetière du Père-Lachaise. Il y a eu une autre visite photographique de ce même site en 2010. Les rallyes photos organisés à une époque par la FNAC (celle de Parly 2 en l’occurrence) ou de simples visites de quartiers parisiens (comme Javel) ont été d’autres occasions que j’évoquerai peut-être dans le cadre de cette série de souvenirs.

Durant l’été, Minh, une jeune mangaversienne, avait émis le souhait de voir des autruches. Ni une ni deux, j’ai alors organisé une petite visite dans une autrucherie. À l’époque, il fallait aller du côté de Provins pour trouver une ferme ouvrant ses portes aux touristes. Voilà une belle occasion de faire des photos en charmante compagnie que je n’allais sûrement pas laisser passer. Qu’il faille faire plus de 150 kms (78-92-77) pour y aller n’était pas un problème pour moi ni pour ma passagère. À propos de trajets en voiture, quelques années plus tard, nous sommes allés voir un concert d’Olivia Ruiz, là aussi en Seine-et-Marne, mais en moins loin. Et je ne parle pas de nos balades à Bruxelles ou à Genève. Bref, en voilà une qui ne rechignait pas à faire de la route. L’autrucherie a fermé depuis mais une autre a ouvert un peu au dessus de Bussy-Saint-Georges, ce qui est nettement plus facile pour y aller.

La photo

Provins — La photographe photographiée — Canon PowerShot A75

Deux réflexions

Entre 2005 et 2010, j’ai souvent laissé mon appareil réflex numérique à Minh (un 350D puis un 450D) . Elle avait une sensibilité artistique indéniable et son regard photographique état bien supérieur au mien. Du coup, je me contentais d’un petit APN compact. Résultat, j’avais tendance à prendre en photo la photographe plutôt que les environs. Cela avait d’ailleurs tendance à l’agacer dans certaines situations. J’en profite pour m’excuser envers toutes mes victimes. De plus, si je multiplie les prises de vues, c’est que prendre des photos à la volée (non, je n’ai pas dit « volées »), c’est que l’immense majorité des fichiers vont à la corbeille du disque dur car les images sont totalement ratées (très mal cadrées ou floues, sans parler de tous les autres défauts imaginables). L’avantage de ce prêt d’appareil est de devenir aussi un sujet, c’est ainsi que j’ai une petite série de portraits tout à fait réussis dont celui qui se trouve sur ma page Linkedin (mais il commence à dater). Car oui, je mitraille certaines personnes mais je ne rechigne jamais à être fixé sur « pellicule numérique ».

Je ne sais pas si c’est une bonne idée de se réclamer de la démarche de Nobuyoshi Araki. Pour le photographe japonais, il s’agit d’un acte de mémoire, l’appareil photo saisit le passé mais aussi le futur. On fixe un moment, un instant où le temps est stoppé. Pourtant, si on continue à créer ces instants, cela finit par refléter ce qu’est notre vie passée, présente et future. Voilà quelque chose qui me parle. Surtout, les photos de l’artiste ne sont pas le résultat d’une préparation, d’une trop grande conceptualisation et de réglages précis. Prendre une photo est un acte instinctif, le résultat dune impulsion vitale, mémorielle, érotique même. Araki précise qu’il multiplie les déclenchements pour ne garder que quelques photos, ce que j’ai tendance à faire. Après, je dois avouer que je ne suis pas très fan de ses séries de bondage même si quelques tirages parmi ceux que l’on a pu voir à Guimet en 2016 n’étaient pas inintéressants.

La photo bonus

Villiers-Saint-Georges— L’Autrucherie — Canon EOS 350D — Photo par Minh

L’instant nostalgie : JUILLET 2007

C’est l’été, les vacances scolaires ont commencé, la vingt-cinquième édition de Japan Expo va avoir lieu dans quelques jours. Cela fait plus de dix ans que je n’y mets plus les pieds et je dois avouer que cela ne me manque pas. Néanmoins, je suis systématiquement allé au Parc des expositions de Paris-Villepinte entre 2006 et 2015 et j’en garde quelques bons souvenirs. J’ai aussi été simple visiteur en 2003 et 2004 lorsque la manifestation avait lieu au CNIT de la Défense.

2006 n’est pas le meilleur « impact » que j’ai pu suivre, celui de 2007 a été bien meilleur. Cela se voit au nombre et à la qualité des photos prises à l’époque. Toutefois, si l’édition 2006 n’était pas très intéressante, j’en ai retenu une : la photo bonus montre le système de transport SK mis en service en 1986. Il s’agit de sa dernière année de fonctionnement. En effet, il était dans un grand état d’abandon en 2007. C’était un système de transport par petites cabines sur rails tractées par câble. C’était rigolo à défaut d’être rapide (on allait aussi vite à pieds).

J’ai donc préféré montrer ici l’entretien avec la bédéaste Ji Di présente en 2007 à l’occasion de la sortie du premier tome de sa série (interrompue au troisième opus en version française) My Way, éditée par l’éditeur Xiao Pan. Cet entretien est toujours disponible sur le site « Des Mangaversien·ne·s à… » pour celles et ceux qui voudraient se souvenir de cette époque disparue.

La photo

Villepinte — Japan Expo — Canon EOS 350D

L’anecdote

J’ai toujours privilégié les entretiens directement dans la langue de l’artiste interviewée, qu’ils soient réalisés oralement comme à Japan Expo ou à l’écrit par mail. Cette habitude, commencée en 2007, a perduré pour les rencontres avec Setona Mizushiro en 2008 et Tôko Kawai en 2011 organisées pour la revue Manga 10 000 images. Pour JiDi, l’entrevue s’était déroulée en mandarin grâce beanie_xz dont il s’agit de la langue natale. Pour Setona Mizushiro, l’entretien avait eu lieu en japonais grâce à mon compère Hadrien de Bats dont la facilité à l’oral a bluffé les professionnels de l’édition présents dans la pièce (je vous confirme que son écrit est lui-aussi excellent). Surtout, ça a vexé l’interprète qui a très mal pris le fait d’être mise à l’écart par notre attitude « Non non, on n’a pas besoin de vous, c’est bon, merci ». Elle a boudé dans son coin tout le long les échanges, ha ha ! Pour Tôko Kawai, c’est Marie-Saskia Raynal, traductrice et parfois interprète au Festival d’Angoulême (notamment pour Range Murata en 2009) qui s’y était collée. Là, ça s’était mieux passé : comme pour JiDi, l’interprète prévu·e était bien content·e de pouvoir se reposer un peu. Pour nous, cela permettait, dans le même temps imparti (souvent d’une petite demi-heure), d’avoir au moins le double d’échanges.

La photo bonus

Villepinte — Parking du Parc des expositions — Canon PowerShot A75

L’instant nostalgie : JUIN 2006

Retour aux photos touristiques, en France, en Haute-Savoie… Entre 2003 et 2010, je suis allé au Festival International du Film d’Animation d’Annecy en tant que « professionnel ». J’avais l’habitude d’y retrouver Morgan, notre cheffe mangaversienne à toutes et à tous. Elle faisait des comptes-rendus sur son site tellement vivants que ça donnait à tout le monde l’envie d’y aller. Il y avait aussi Eyefire, un mangaversien lyonnais. Après quelques éditions, j’avais pris l’habitude d’avoir des invité·e·s (surtout des invitées) pour leur faire découvrir en vrai la manifestation. C’était mes vacances d’été car j’étais présent plusieurs jours. J’ai arrêté d’y aller par manque d’intérêt : Morgan avait son programme de plus en plus réduit et personnel, on se voyait à peine, Eyefire n’y allait plus, et je n’avais plus personne à inviter (je déteste être seul sur les festivals, conventions, expositions, projections et autres manifestations). Surtout, il y avait de moins en moins de courts métrages (ahhh, les joies du film de 20′ polonais bien déprimant 🙂 ) qui étaient de plus en plus remplacés par des longs métrages, surtout japonais (vous ai-je dit que je déteste, même s’il y a quelques rares exceptions, l’animation japonaise ?). Il n’empêche que ça fait d’excellents souvenirs et pas mal de photos dans ma photothèque.

La photo

Annecy — Palais de l’Isle — Canon EOS 350D

L’anecdote

2006 n’est pas la meilleure édition que j’ai pu suivre, je n’en ai pas de grands souvenirs. Il faut dire que ma présence a été écourtée par le vol de mon PC portable dans la chambre d’hôtel où je l’avais laissé. Du coup, retour précipité à la maison pour changer par sécurité les mots de passe personnels et ceux pour mes accès clients. Inutile de dire que je ne suis jamais retourné dans cet hôtel qui laissait les portes des chambres ouvertes lors du ménage et qui n’a rien pu faire d’autre que me rembourser les nuitées non effectuées (c’est déjà pas mal). Je n’ai pas changé d’assurance mais ça aurait mérité de le faire : pas d’effraction, pas de dédommagement.

La photo bonus

Annecy — Bonlieu — Canon EOS 350D — Photo par Eyefire

L’instant nostalgie : MAI 2006

Continuons donc mon tour d’Europe francophone… Durant les années 2000, j’ai eu l’occasion d’aller un certain nombre de fois à Bruxelles, la communauté mangaversienne belge étant assez importante à cette époque. Les Judge Fredd, Shun et Marie (pour donner quelques exemples) ont marqué le forum par leurs différents messages. Pour autant, je n’ai joué au touriste qu’à trois ou quatre reprises, avec notamment deux visites à l’Atomium et une au Centre Belge de la Bande Dessinée (en solo dans ce dernier cas, malheureusement).

La photo

Bruxelles — Vue sur Brussels Expo à partir de l’Atomium — Canon PowerShot A75

L’anecdote

Ce n’est qu’à partir de 2006 que j’ai pu visiter l’Atomium, ma première tentative s’étant soldée par un échec. En effet, le célèbre monument bruxellois (avec le Manneken-Pis, vu dès 2003) était fermé depuis mars 2004. Il venait juste de rouvrir, tout neuf. Sa couverture en aluminium, qui avait très mal vieilli, avait été remplacée par des plaques en acier inoxydable du meilleur effet. C’est ce revêtement que l’on peut apprécier sur la photo, prise au niveau de la sphère supérieure.

La photo bonus a été prise en avril 2008 avec un Canon EOS 350D équipé d’un objectif MS Peleng 3.5/8A qui permet de prendre des photos à 180° en 24×36. Ici, du fait d’un capteur APS/C, l’angle n’est plus que de 112,5° et ne permet pas d’inscrire la scène dans un cercle. Ce n’est donc pas une photo dite fish-eye.

La photo bonus

Bruxelles — Un des escalators situés dans les tubes obliques — Canon EOS 350D

L’instant nostalgie : AVRIL 2006

Retour à une photo « de carte postale » à la qualité relative. Il faut dire que le mois d’avril n’est pas la meilleure période de l’année pour avoir une belle lumière. J’aurai pu attendre un autre mois pour poster une photo plus ensoleillée. En effet, je suis allé souvent à Genève entre 2004 et 2009 pour voir deux jeunes mangaversiennes. Cependant, une fois l’une trop prise par ses cours en pharmacologie et l’autre étant venue poursuivre ses études à Paris après Genève et Oxford, je n’ai plus réellement eu de raison de faire les 550 kilomètres (6 heures de voiture) nécessaires, même si ce passage était systématiquement combiné avec une venue à Annecy et/ou Lyon. Je prévois de poster une ou deux autres prises de vue genevoises, au moins lorsqu’on sera sur l’année 2009.

La photo

Genève — Vue du lac et de son fameux jet d’eau à partir des Pâquis — Canon PowerShot A75

Les anecdotes

Ces cinq années m’ont permis de visiter à fond Genève et d’être un touriste aguerris. J’étais même un client régulier de la librairie BD L’Oreille Cassée (elle existe toujours). C’est comme ça que j’ai pu acheter La Ville de José Roosevelt, sa première bande dessinée à la diffusion plutôt confidentielle. Par contre, impossible de me souvenir si c’est à l’occasion de ce passage ou d’un précédent. Un événement dont je me souviens bien, c’est d’avoir voulu passer avec Cammyn de l’autre côté de la jetée arrosée par le jet d’eau un soir d’octobre 2004. Je peux vous dire que ça mouille, on s’est retrouvé détrempé comme on ne l’a jamais été en un instant. Pas très malin mais très amusant… Genève est aussi la capitale de la haute horlogerie, c’est donc tout naturellement qu’il y avait un musée dédié aux montres et au temps qui passe. La Cité du temps venait juste d’ouvrir quand je suis allé la visiter en compagnie de beanie_xz. Il faut désormais aller à Bienne (qui se réclame aussi comme étant la capitale mondiale de l’horlogerie) mais le lieu propose toujours sa collection de montres Swatch ainsi que des expositions et diverses activités.

La photo bonus

Genève — Exposition Nivarox et Breguet à La Cité du Temps — Canon PowerShot A75