
Après avoir consacré deux billets à des chanteurs français (Ridan, Mino) que j’apprécie tout particulièrement alors qu’ils officient dans un style différent de la musique que j’écoute habituellement, il est temps pour moi d’écrire sur cette dernière . En effet, étant assez monomaniaque, cela fait de nombreuses année que le Métal finlandais est le genre qui m’attire le plus et qui a tendance à tourner en boucle sur mon PC ou en voiture. La Finlande un pays réputé pour abriter le plus grand nombre de groupes de Heavy Metal par nombre d’habitants (entre 50 et 70 groupes par 100 000 habitants). Du coup, il y en a un peu pour tous les gouts : Death, Black, Doom, Folk, Power, Symphonique, etc. J’ai déjà un peu exposé mon rapport à la musique en introduction de l’article concernant Ridan, inutile d’y revenir. Pour évoquer le sous-genre Folk Metal, il s’agit ici d’évoquer trois groupes : Amorphis, Moonsorrow, et Ensiferum.

Amorphis
Si je suis venu au Métal finlandais par le Folk, ce n’est plus ce que j’écoute le plus. Difficile de se rappeler comment j’ai découvert Amorphis. J’ai tendance à penser que la transition s’est faite sur plusieurs années au mitant de la décennie ’90. Cela se serait produit entre l’album épique Nobre Savage du groupe américain de Power Metal (c’est le style que j’écoutais principalement à la fin des années 1980) Virgin Steel et la non moins épique galette Elegy. Néanmoins, le tempo, le chant, les guitares, tout est tellement différent que je me dis qu’il y a eu forcément des étapes intermédiaires. Impossible de m’en souvenir, je ne peux faire que des conjonctures à partir des albums qui m’ont le plus marqués à cette époque. Ce qui est certain, c’est par Elegy que j’ai découvert le Métal finlandais.
Amorphis est toujours en activité et compte quinze albums studios. Le style musical du groupe a profondément changé au fil des années et c’est un des rares cas où j’ai apprécié cette évolution, même si je dois avouer que le dernier album que j’ai écouté date d’il y a presque une dizaine d’année : Queen of time. Il s’agit d’une sorte de Folk progressif dont je n’ai aucun souvenir. Il faudrait que je le repasse sur ma platine virtuelle et que je m’intéresse à Halo (l’antépénultième album), la conclusion d’une sorte de trilogie musicale. je dois avouer que je n’écoute plus trop le groupe alors que j’ai toujours dit que c’était les meilleurs dans leur genre. Si je devais retenir un seul titre, ce serait le très tranquille My Kantele, datant de 1996.

Moonsorrow
À la différence d’Amorphis, je continue à écouter régulièrement Moonsorrow, notamment grâce à YouTube mais je passe régulièrement en boucle tel ou tel album sur mon PC. Surtout, grâce à a-yin, j’ai pu voir le groupe en concert lorsqu’ils sont passés à la Scène Bastille en 2011. Que cette fan de Cantopop ou de Rap américain ait accepté de supporter une telle, disons… musique, est quelque chose qui me dépasse encore aujourd’hui. Surtout que Moonsorrow, à ce concert, c’était du brutal et du déguisé ridicule avec tout ce faux sang. Du Folk Metal, oui, mais du genre bruyant qui lorgne vers le Black Metal : grosses guitares, grunt agressif (de plus, Ville Sorvali n’est pas le meilleur chanteur du monde en live, loin de là), et batterie bien lourde, le tout dans une petite salle. Une sacrée expérience, dirons-nous, ha ha ! C’est avec l’album Kivenkantaja que j’ai du les découvrir et je réécoute toujours avec autant de plaisir ce troisième album datant de 2003. Ahhhh… Raunioilla, je ne m’en lasse pas. Je ne me lasse pas non plus de Sankaritarina, même dans sa version concert.
Moonsorrow n’a jamais beaucoup évolué musicalement et le line-up est resté relativement stable au fil des ans. Cela fait une dizaine d’années qu’ils n’ont rien sorti de nouveau mais ils continuent de tourner à travers l’Europe et même le monde entier. Je dois avouer que je ne déteste pas cette sorte d’immuabilité, ça permet de retrouver les riffs et les « mélodies » appréciés depuis une vingtaine d’années en ce qui me concerne, même si la production est plus travaillée qu’aux débuts. Que je tombe sur Aurinko ja Kuu (2001) au hasard d’une suggestion YT ou sur Tähdetön (2016), je me retrouve happé par l’ambiance que réussissent à mettre en place nos Finlandais. Autre exemple avec l’excellent, très travaillé et plutôt doux LP V: Hävitetty (2007) qui réussi l’exploit de ne contenir que deux titres pour un total de près d’une heure. Si je commence à l’écouter, je ne peux pas m’empêcher d’aller au bout. Il est nettement moins Black que les précédentes compositions de Moonsorrow, même si ça envoie du lourd à certains moments et qu’il est bien épique, comme il faut.

Ensiferum
Ensiferum a su faire évoluer sa musique, même si elle a été pendant longtemps proche de celle de leurs compatriotes Moonsorrow. Il faut dire que le groupe est nettement plus prolifique. J’aurai bien aimé les voir en concert lors de leur dernier passage en France mais je n’allais pas infliger ça une nouvelle fois à a-yin (de toute façon, elle aurait refusé… et elle aurait eu raison) et Shikata ga nai (avec qui je suis allé à plusieurs concerts de Metal) n’est pas intéressé par ce genre de musique, je l’ai déjà sondé à ce sujet. Je me console en les regardant sur YouTube, par exemple au Summer Breeze 2025 proposé par Arte Concert ou au Wacken Open Air 2018.
Je dois avouer que je préfère les albums un peu plus anciens, notamment lorsque Netta Skog et surtout Emmi Silvennoinen étaient là. Leur présence au clavier et surtout au chant féminin (en backing vocals généralement) apportait un plus indéniable. Le groupe a plus de trente années d’existence (il est né en 1995), le line-up a donc pas mal changé. Il ne reste plus qu’un membre de la formation initiale. J’apprécie beaucoup le chant de Petri Lindroos qui a remplacé il y a une vingtaine d’années Jari Mäenpää (que j’ai suivi avec Wintersun, dont je parlerai dans le prochain billet). J’aime beaucoup la présence sur scène et le look du bassiste Sami Hinkka. Mes albums préférés sont Unsung Heroes (2012) et One Man Army (2015). Ils sont très Folk, tout en restant très Epic Metal, même en version acoustique (comme on peut s’en rendre compte avec le DVD « Acoustic Live @ On The Rocks » enregistré en octobre 2016 et inclus dans l’édition limitée de l’excellent album Two Paths sorti en 2017. Je ne me lasse pas de cette période des années 2010 et je fais tourner en boucle certains de leurs albums, notamment leurs compilations. J’accroche moins à leur dernier opus, certainement par manque d »écoute.
Voilà pour débuter cette série de billets qui vont battre des recors de non-popularité étant donné qu’ils sont totalement hors-sujet de mes différentes bulles de réseaux sociaux. La deuxième partie parlera de Wintersun, Wolfheart / Before the Dawn, Insomnium, et pour finir, de Swallow the Sun. On sera au cœur de ce que j’écoute le plus depuis plusieurs années. La troisième sera plus internationale et plus sombre, j’y parlerai de Shape of Despair, Forest of shadows (Suède) et Anathema (UK). On ne va pas rigoler, je vous préviens, suicidaires s’abstenir 🙂 !