Réimp’ !

Voilà, Réimp’ ! c’est fini… Avec la sortie du tome 20 au mois d’août, une autre série, excellente mais au succès public très relatif, s’est achevée en ce qui me concerne. Pour marquer le coup, voici un petit texte sur ce dernier opus. En effet, je me suis régalé tout au long des cinq années de la publication du titre en francophonie et ça valait bien un billet WordPress.

Nous suivons tout au long des vingt tomes les débuts puis la vie professionnelle de Kokoro, dite « l’oursonne », une ex-judokate de haut niveau, dans son métier d’éditrice de manga. C’est ainsi qu’elle découvre au fil des chapitres les différents métiers qui cohabitent au sein d’un magazine de prépublication, de l’éditorial à la distribution en passant par le commercial. Surtout, elle apprend à gérer des mangaka, leur travail, leurs doutes, leurs ambitions, leurs qualités et leurs défauts. Elle va aussi apprendre le fonctionnement des librairies, et de tout ce qui fait la chaine du livre au Japon. D’autres aspects de la culture manga sont aussi abordés, comme celui de l’adaptation en animé des séries à succès, de la traduction pour le marché international, de l’évolution de la consommation des loisirs du lectorat, etc. Il est amusant de voir l’évolution de la série au fil du temps, tant graphiquement que scénaristiquement depuis les premiers chapitres jusqu’au dernier qui se conclue de façon satisfaisante, même si cette fin est assez ouverte. Les protagonistes vont continuer à vivre et aller de l’avant…

Réimp’ ! est un manga seinen signé Naoko Mazda (son autre nom de plume est Naoko Matsuda) qui a été prépublié durant onze années, entre novembre 2012 et août 2023, dans le magazine Monthly! Spirits des éditions Shogakukan. Son succès a été tel qu’il a remporté en 2014 le prix du meilleur manga de métier du journal Shimbun Nikkei et en janvier 2017 le Prix Shogakukan du meilleur manga de l’année passée. Il a aussi été adapté en drama en 2016.

Naoko Mazda est devenue autrice assez tardivement, à l’âge de 27 ans. Elle est née en janvier 1969 dans la préfecture de Nagasaki. À la différence de nombre de ses collègues, elle n’a pas fait d’école d’art et n’est pas allée plus loin que l’équivalent du lycée en France. En effet, elle est diplômée de la Nagasaki Nihon University Junior and Senior High School. Elle a déménagé ensuite à Tokyo pour devenir l’assistante de la shôjo mangaka Toshie Kihara, rôle qu’elle a exercé pendant sept ans. C’est dans le magazine Chorus qu’elle prend son envol en 1996. Elle reste longtemps fidèle à Shueisha. Sa dernière série en date, Higôhô Romance (Kiss, 2023-2025, Kodansha) s’est achevée et compte trois volumes. Elle ne semble pas avoir commencé une autre œuvre mais nul doute qu’elle y travaille même si ça n’apparait pas sur son fil Twitter. Son mari est essayiste et critique manga et sa sœur est la rédactrice en chef de la revue manga web Comic Essay Theatre, un supplément au magazine littéraire Da Vinci de Media Factory (qui va cesser de paraitre à la fin de l’année).

Espérons que nous aurons encore la chance de lire des titres de l’autrice, surtout les plus récents, malgré le semi-échec de Réimp’ ! et remercions Glénat pour leur travail sur un manga qui s’est révélé, de bout en bout, passionnant et instructif. En attendant, je vous incite à aller lire l’excellente interview de l’autrice par Valentin Paquot sur le site L’Internaute. Dans le même thème, je suis passé à la lecture de Kore Kaite Shine publié en français chez Panini. C’est différent, moins bon par certains aspects mais tout à fait lisible.

Laisser un commentaire