
Une nouvelle galerie consacrée à la vente d’originaux de bandes dessinées vient d’ouvrir sur Paris. Nous avons profité d’un samedi ensoleillé en cette fin de mois d’octobre pour aller la visiter et voir une rétrospective consacrée à Daniel Torres, un auteur espagnol, tenant de la ligne claire, dont le graphisme n’est pas sans évoquer à certains moments celui d’Yves Chaland dont l’exposition s’achevait au même moment du côté d’Odéon.
Le lieu sis au 20 rue Chapon n’est pas vraiment une nouvelle galerie mais plutôt une extension de celle située au 19-21. Huberty et Breyne est une galerie d’art contemporain spécialisée en bande dessinée fondée par Alain Huberty et Marc Breyne en 1989. Elle propose trois espaces pour ses expositions, deux à Paris (Matignon et Chapon) et à un Bruxelles (Châtelain). Marc Breyne est parti fin 2025, la galerie devant changer prochainement de nom pour ne garder que le patronyme Huberty. J’ai déjà eu l’occasion d’aller une fois rue Chapon avec a-yin pour faire mon fan-boy devant les planches de Fabrice Neaud en 2023 mais j’ai suis allé plus souvent à l’espace Matignon.
Pour cette ouverture, c’est l’artiste espagnol Daniel Torres qui a été choisi. Il est un représentant plutôt connu du dessin catégorisé « ligne claire ». Il a surtout été publié en France dans les années 1980 et 1990 grâce aux magazines Métal Hurlant et (A SUIVRE). Il a ensuite disparu des étals des libraires, ce qui explique que son nom ne me disait strictement rien au moment où Tanuki, un membre de notre groupe de mangaversien·ne·s / bulledairien·ne·s, a proposé d’aller voir à quoi ressemblait ce nouvel espace. Un autre membre du groupe, Pierre, qui avait raté l’annonce de cette exposition (honte à lui), était motivé, tout fan d’Yves Chaland qu’il est. Pour ma part, comme a-yin, j’étais plus là pour la bédéaste suédoise Linnea Sterte dont j’avais remarqué le dessin soigné à l’occasion de sa dernière BD, Un jardin de sphères. Elle et Sophie Crumb sont exposées au 19-21.
Daniel TORRES. Rétrospective
C’est donc en parfait néophyte que j’ai découvert un artiste que j’aurai qualifié un peu trop rapidement de « sous-Chaland », montant ainsi l’étendue de mon ignorance, ce style graphique se limitant, dans mon esprit à Joost Swarte, Yves Chaland, Floc’h, Serge Clerc et Ted Benoit, autant d’auteurs qui ne m’ont jamais intéressé. Ce que j’ai retenu de cette exposition-vente, c’est que ce mouvement artistique continue à m’indifférer tant une grande partie de la bande dessinée franco-belge des années 1980-1990 n’arrive pas à me plaire. Par contre, j’ai apprécié les hommages / influences que l’on pouvait voir sur certaines illustrations. Et je suis un peu moins ignare, c’est toujours ça de pris. Maintenant, place aux photos !








Voici des prises plus au plus près concernant six planches et illustrations de l’auteur tout à fait représentatives de son travail.






L’exposition-vente fermera ses portes le 21 novembre. Les fans pourront ensuite se rendre à Bruxelles à la galerie Champaka pour y admirer une cinquantaine d’illustrations architecturales : « Human Architecture ».
Linnea STERTE. L’invitation au voyage
Sophie CRUMB, Aline KOMINSKY-CRUMB. En toute liberté
Deux autres expositions-ventes sont proposées en même temps, plus petites, forcément, la première au 19, l’autre au 21 (on passe de l’une à l’autre sans avoir besoin de ressortir). Linnea Sterte n’est pas une inconnue en francophonie. En effet, elle est traduite ici depuis 2018, principalement grâce aux Éditions de la cerise. Elle a aussi été publiée l’année dernière par Dargaud avec Cat Café, une histoire de chats anthropomorphes où l’on suit Ophélia, une jeune apprentie qui doit remplacer sa sœur au pied levé dans un café haut de gamme situé en bord de mer. Nulle planche de ce titre dans l’exposition, il faudra « se contenter » d’Un jardin de sphères et d’Une rainette en automne. C’est un peu dommage tant l’histoire de Cat Café propose aussi un dépaysement certain (et de nombreuses pâtisseries). Cependant, entre le manque de place et deux éditeurs différents, cela n’est pas surprenant.






La troisième exposition est consacrée à Sophie Crumb et à sa mère Alice Kominsky-Crumb (qui avait fait l’objet d’une exposition à Formula Bulla en 2025). Les travaux des deux autrices sont mélangés afin de montrer une « transmission artistique rare » (dixit le dossier de presse). Effectivement, il n’était pas tout le temps évident de deviner qui avait fait quoi. Il fallait souvent chercher la signature au coin d’une case pour se rendre compte que l’on s’était trompé. Après, n’étant pas fan du mouvement underground américain, tout ceci ne m’a pas passionné. Néanmoins, il est toujours intéressant de voir à quel point la bande dessinée féminine peut être crue et sans far. Cependant, ayant lu le recueil Wimmen Comix, je n’ai pas été surpris.







Paris | Chapon
19-21 et 20 rue Chapon, 75003 Paris
Métros : Arts et Métiers ou Rambuteau
Du mercredi au vendredi 13h30-19h, samedi 12h-19h